Gendarmes à la rescousse des nuits lausannoises

Violences à la sortie des boîtesEn cas d’échauffourées dans la capitale, la police cantonale et les forces de l’ordre voisines sont appelées en renfort.

La police lausannoise doit faire appel à des renforts en cas de nécessité.

La police lausannoise doit faire appel à des renforts en cas de nécessité. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Emeute le 13 mai, rixes à Pentecôte… et ce week-end, que vont vivre les noctambules? Une évaluation des risques est en cours. Elle se déroule avec les organisateurs de manifestations et les boîtes de nuit. Sans oublier la police du commerce, qui octroie les autorisations. «Nous sommes tenus au courant des événements. Le corps de police doit en effet donner son préavis», précise Jean-Philippe Pittet, porte-parole des forces de l’ordre lausannoises. L’exemple typique, c’est le concert avec un groupe ou un style «susceptible d’attirer des gens violents».

Mais ce n’était pas le cas des week-ends chauds précédents, ni du prochain qui, pour l’instant, est considéré comme «normal». Seule la météo semble jouer un rôle: l’absence de pluie favorise les rassemblements. Alors, comment faire pour répondre à l’imprévisible? En souplesse, par un système d’alerte en plusieurs cercles.

Présence discrète
Malgré les échauffourées de Pentecôte, Lausanne n’annonce pas de dispositif de choc ce week-end. Pas de «robocops» en embuscade prêts à bondir: les casques et les boucliers ne sortent des voitures qu’en cas de jets de bouteille en rafale. Au centre de son dispositif, la ville prévoit une présence discrète et préventive des patrouilles assurées par police secours. En cas de crise, des policiers restés à la centrale pour surveiller des personnes interpellées ou assurer l’administration montent au front. Et si ça ne suffit pas? «Le groupe accidents, à condition que la situation soit calme de son côté, peut intervenir, tout comme les motocyclistes et l’équipe du poste du Flon.»

Et si la situation dégénère davantage? «Nous faisons appel aux renforts extérieurs, des communes voisines ou de la police cantonale. Cela se déroule dans le cadre de la police coordonnée. Nous avons l’habitude de ces collaborations. Lors des matches de foot, quand le LS joue à domicile, la gendarmerie vient en renfort», relève Jean-Philippe Pittet. Lors des échauffourées du 13 mai, 36 policiers se sont retrouvés à la place Bel-Air: 22 Lausannois, appuyés par huit gendarmes, deux policiers de l’Ouest et quatre de l’Est.

Vue de l’extérieur, l’organisation de ces opérations de renfort peut encore être améliorée, ainsi que le relève Christian Séchaud, commandant de la police de l’Ouest lausannois (PolOuest): «Je milite pour que ces appuis soient mieux réglés. La police coordonnée a été mise en place il y a moins de six mois, il existe encore un potentiel d’amélioration. Sur le principe, il est indispensable, en cas de crise, de pouvoir mettre en place ces renforts croisés.» La police cantonale n’en est, de son côté, pas à ses premières interventions dans les régions qui lancent un appel. Pour le porte-parole Jean-Christophe Sauterel, la principale difficulté est celle de l’effectif limité: «Nous n’avons pas encore reçu les cent policiers supplémentaires. Les interventions de soutien ont donc des conséquences sur d’autres prestations.»


Réforme des tournus en vue
Soupçonnées de ne pas se préoccuper suffisamment des désordres extérieurs, des boîtes de nuit ripostent en affichant la progression de leurs dépenses de sécurité. Ainsi, Thierry Wegmüller, patron du D! Club: «En cinq ans, elles ont passé de 150?000 fr. à 250?000 fr.» Une augmentation qui dépasse les 60%. Les forces de l’ordre lausannoises, elles, vont intégrer 30 policiers supplémentaires, qui s’ajouteront aux 425 actuels. Ce n’est pas une augmentation comparable, mais cela va sans doute modifier l’organisation.

Actuellement, l’équipe nocturne finit à 4?h du matin et une autre prend la relève. Ne serait-il pas plus cohérent d’avoir un suivi sur la nuit entière? «Une telle modification n’est pas si simple car elle a des répercussions sur l’ensemble du tournus. Nous étudions un nouvel horaire qui introduirait davantage de souplesse et une gestion améliorée du personnel. Mais cette réorganisation, liée à l’arrivée des nouveaux effectifs, va prendre du temps», relève Jean-Philippe Pittet. Ce dernier affirme que le recrutement a bien commencé: «Nous sommes optimistes.»

Les nouveaux arrivants seront engagés puis formés en 2013, afin de se retrouver sur les rangs en 2014. D’autres, déjà expérimentés et provenant de différents corps de police du canton, pourront intégrer plus rapidement les forces de l’ordre de la capitale.

Créé: 01.06.2012, 07h14

Dossiers

Articles en relation

Comment les excès d'alcool coulent les nuits lausannoises

Rixes Les bagarres se répètent. Faut-il interdire la vente d’alcool en début de soirée dans les petits commerces? Le débat pourrait resurgir au Grand Conseil Plus...

Rixes au centre ville de Lausanne

Violences Dimanche à l'aube, plusieurs foyers de bagarres ont éclaté à Bel-Air. La police a interpellé trois personnes. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.