Les habitants du Vallon cultivent leurs terres

LausanneL’association de quartier fourmille de projets en attendant la construction de 150 nouveaux logements

Marie-Thérèse Sangra, Michèle Dyson, Moreno Bertoletti et Denis Anselmo (de g. à dr.) devant les jardins du Vallon.

Marie-Thérèse Sangra, Michèle Dyson, Moreno Bertoletti et Denis Anselmo (de g. à dr.) devant les jardins du Vallon. Image: PHILIPPE MAEDER

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Capucines, fraises, pommes de terre, menthe poivrée… Derrière les anciens magasins de la Ville de Lausanne, au cœur du Vallon, on cultive depuis peu légumes, fruits et plantes aromatiques. Un potager urbain qui témoigne de l’envie des habitants de soigner cet ancien quartier industriel situé en bordure du centre-ville. Car si la revalorisation de la friche du Vallon – où sont attendus 150 nouveaux logements (lire ci-contre) – a beaucoup mobilisé l’attention ces dernières années , les riverains n’oublient pas ce qui existe déjà, «longtemps négligé par les autorités», selon les termes de Marie-Thérèse Sangra, présidente de l’association de quartier. «Pour nous, il est aussi important d’améliorer la qualité de vie pour les habitants actuels et l’esthétique des lieux que de favoriser la création de liens.»

C’est cet objectif qui a conduit à rafraîchir un petit chemin délaissé et recouvert de terre derrière les Anciens Magasins de la ville, à deux pas du centre d’accueil à bas seuil Le Passage. Surprise, le nettoyage a révélé la présence de jardins ouvriers. En mars dernier, les plates-bandes ont trouvé une seconde vie, grâce notamment à des fonds de la Fondation pour l’animation socioculturelle lausannoise (FASL), qui ont permis d’engager les services de Denis Anselmo, étudiant en agronomie. «Ce sont des jardins à vocation communautaire cultivés selon les règles de la permaculture, explique ce dernier. Tout le monde est le bienvenu pour donner un coup de main et participer à la récolte. Le but est que les gens s’approprient ce lieu et que, à terme, il devienne autonome.» A quelques mètres de là, des usagers du Passage discutent en écoutant de la musique. Ils ont aussi contribué au projet. «Au début, ils étaient rémunérés, mais certains se sont pris au jeu et viennent désormais de leur propre gré. L’un d’entre eux arrose tous les jours», rapporte Denis Anselmo.

Rénovation douce

Retour à la rue de l’Industrie, où l’on découvre une autre réalisation des riverains. Marqué par la pollution, le bas-relief figurant des chevaux, au-dessus de la porte d’entrée des anciennes écuries, respire à nouveau. «Cela faisait des années qu’on voulait le rénover, dit Marie-Thérèse Sangra. Nous avons longtemps dû insister auprès de la Ville.» Qui a finalement accepté lorsqu’il s’est avéré qu’un simple nettoyage avec une brosse et de l’eau suffisait pour raviver l’œuvre, classée en note 2 aux Monuments historiques. Sous la direction d’un architecte du quartier et d’un spécialiste de la pierre, une poignée d’habitants ont rejoint ce chantier participatif d’une dizaine de jours financé par la Municipalité et terminé mi-mai. D’autres projets de rénovation douce pourraient suivre. «On veut éviter des travaux lourds qui augmenteraient le prix des loyers», explique Michèle Dyson, membre de l’association de quartier.

Favoriser l’intégration de tous les habitants dans cette partie de la ville où résident beaucoup de migrants et de petits revenus, où se côtoient l’Armée du Salut, La Marmotte mais aussi les théâtres Pulloff et 2:21, est un autre objectif poursuivi par l’association. Pour l’atteindre, elle a notamment mis sur pied il y a quelques semaines une permanence qui prend possession de la Maison du Vallon, à la place du Nord, chaque jeudi, de 17 h à 19 h. «C’est un lieu d’accueil fait par les habitants du quartier pour les habitants. Ils peuvent nous poser des questions d’ordre social ou d’insertion professionnelle», indique Moreno Bertoletti, à l’origine du projet.

Un concours d’idées pour le marquage au sol de la future zone piétonne, devant la Bossette, l’extension de la place de jeux, la construction d’un mur de grimpe, l’arrivée de la caravane de quartier: la liste de projets en cours ou à venir est longue pour animer le quartier. (24 heures)

Créé: 13.06.2015, 09h57

Projet final espéré en 2016

Quelque 150 logements sont prévus au nord du Vallon, sur le site de l’ancienne usine d’incinération d’ordures ménagères. Trop chère, la dernière copie du projet a dû être modifiée. Pour diminuer les coûts, la Ville a abandonné l’idée de construire dans les sous-sols des espaces de stockage pour de l’équipement public. «Nous en sommes maintenant aux phases purement techniques», relate Olivier Français, municipal des Travaux. Ce dernier espère présenter un plan partiel d’affectation avant la fin de la législature, l’an prochain.
La construction de logements s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet de développement et de revalorisation du Vallon. La Ville a initié celui-ci en 2010 en lançant une démarche partici- pative incluant les habitants. L’association de quartier est issue de ce processus.

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