Harcèlement: l’EPFL pratique la tolérance zéro

PolémiqueAlors que la Californie enchaîne les scandales, en Suisse, institutions et sociétés se disent armées contre le sexisme.

L'un des bâtiments de l'EPFL.

L'un des bâtiments de l'EPFL. Image: Edipresse

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Ces dernières semaines, la Silicon Valley n’a jamais autant parlé des femmes. Mais pas forcément de la meilleure manière, puisque les géants des nouvelles technologies se sont souvenus de l’existence de cette minorité suite à la médiatisation de plusieurs affaires de sexisme, voire même de harcèlement. En ligne de mire: Uber. La société a dû gérer ces derniers mois plus de 200 plaintes liées à des questions de comportements déplacés, le licenciement d’une vingtaine d’employés ainsi que le départ d’une grande partie de sa direction, dont son fondateur et patron, Travis Kalanick.

Même Google est touché

Depuis, les affaires se multiplient tant dans les start-up que dans les fonds d’investissements qui les financent, à l’exemple du départ «volontaire» de Justin Caldbeck, cofondateur de Binary Capital. Ce dernier est accusé par six femmes d’avances sexuelles indésirables. Même Google est touché. Dans une note interne, un employé du géant américain y explique que si les hommes ont une aptitude naturelle à devenir programmateurs informatiques, «les femmes seraient plus enclines aux sentiments et à l’esthétique plutôt qu’aux idées». Des stéréotypes jugés nuisibles par son employeur, qui limogeait le salarié en question en début de semaine.

Alors que les géants de la Silicon Valley commencent à réfléchir aux moyens de réduire ce type d’affaires compromettantes, l’occasion est idéale pour braquer les projecteurs sur la Suisse et ses sites ou sociétés à taux élevé de testostérone. Prenez une institution comme l’EPFL, où la proportion de femmes tourne autour de 33%, ou une société comme Logitech (36% de profils féminins): sont-elles suffisamment armées pour empêcher ou du moins se prémunir contre de tels risques?

Tolérance zéro à l’EPFL

Du côté de l’Ecole polytechnique fédérale, leur porte-parole, Florence Renggli, assure que l’institution prend très au sérieux les situations de harcèlement. «Elles sont gérées au plus haut niveau de la hiérarchie ressources humaines et donnent lieu à des enquêtes approfondies, indépendantes et confidentielles.» Sans nier l’existence de quelques cas de harcèlement (propres à un site comptant de plus de 5400 salariés), la porte-parole assure toutefois que l’EPFL applique une «tolérance zéro face à ce type de dysfonctionnements».

Les potentielles victimes disposent d’ailleurs d’un compliance guide («guide de conformité» en anglais) pour savoir de quelle manière réagir en cas d’abus. «Il est essentiel que les collaboratrices qui se retrouveraient dans une problématique de harcèlement puissent s’adresser immédiatement aux bonnes instances», estime Florence Renggli. D’après Déborah Heintze, l’une des rares femmes à codiriger une jeune pousse installée à l’EPFL, les filtres mis en place sur le site d’Ecublens seraient suffisants. Malgré quelques commentaires désobligeants propres à n’importe quel milieu, la cofondatrice et COO de Lunaphore s’estime respectée. «On est même dans une logique inverse. Celle où tout est tenté pour séduire les profils féminins à s’intéresser de plus près à des branches encore très masculines», estime la jeune patronne.

Centre d’appels anonyme

Chez Logitech, dont les forces sont divisées entre Lausanne et la Silicon Valley, cette préoccupation est également très forte. Elle s’illustre notamment sous la forme d’un centre d’appels anonyme dédié à ce type de problématiques. Le groupe précise d’ailleurs que ce dernier se charge autant des questions de genre que des problématiques ethniques.

Selon le porte-parole de la société, Ben Starkie, Logitech a également procédé récemment à un exercice au cours duquel «la culture et les valeurs de Logitech ont été discutées et développées par les employés». (24 heures)

Créé: 10.08.2017, 19h25

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