«Un harceleur m’a traitée de pute hier soir. Tellement choquant!»

LausanneDes membres du Conseil des jeunes ont passé leur samedi à sensibiliser les passants au fléau du harcèlement de rue.

Audrey Maillard (à g.) et Bleta Ademi, du Conseil des jeunes, samedi à la Palud.

Audrey Maillard (à g.) et Bleta Ademi, du Conseil des jeunes, samedi à la Palud. Image: VANESSA CARDOSO

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«Toi t’es bonne! Réponds-moi salope! T’es qu’une pute!» Des centaines de passants ont pu entendre ce genre de propos vulgaires, préenregistrés et diffusés en plein air, samedi, à la place de la Louve. Certains tendaient l’oreille, d’autres fronçaient le sourcil.

Quelques-uns ont protesté. «Je les comprends! Le but de ces voix est justement d’interpeller le public pour le sensibiliser à la réalité du harcèlement de rue. Nous voulions confronter les passants à l’effet que cela peut faire», explique Bleta Ademi, du Conseil des jeunes de la Ville.

Cette étudiante de 19 ans, qui préside le groupe de lutte contre le harcèlement du Conseil des jeunes, souligne la violence du harcèlement de rue: «J’ai été traitée de pute par un harceleur au Flon pas plus tard qu’hier soir. C’est tellement choquant sur le moment, c’est une atteinte à la dignité», dit-elle. L’action de ce samedi rappelait l’étendue du fléau: 72% des femmes de 16 à 25 ans auraient été harcelées au moins une fois, selon le sondage rendu public par les autorités lausannoises il y a quelques mois. Cela va des sifflements aux pires insultes.

La manifestation du Conseil des jeunes se voulait une première réponse, à l’heure où un comité de pilotage planche sur des stratégies concrètes à mettre en œuvre dès 2018. Des dessins illustraient quelques situations typiques de harcèlement et des pistes pour le combattre. L’intervention d’un tiers se faisant passer pour un ami de la victime constituerait la meilleure défense. Mais comment amener des quidams à sortir de leur réserve? «C’est pour cela qu’il est nécessaire d’informer, car la prise de conscience et le changement prendront du temps», estime Bleta Ademi.

Est-ce que les passants de la Louve, un samedi matin, constituent vraiment le public cible? «Il faut interpeller la population, et le meilleur moment pour le faire, c’est à froid, en journée», considère Yolande Gerber, de l’Observatoire de la sécurité, venue soutenir le Conseil des jeunes.

Cette action coïncidait avec la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L’après-midi, environ 70 personnes se sont rassemblées à la Palud, à l’appel de l’Association Feminista. «On en a marre de subir ces violences, marre qu’on considère les femmes comme des êtres inférieurs, comme des objets sexuels», a lancé Gloria Casas Vila. Une dizaine de femmes ont pris la parole, notamment pour dénoncer le «système patriarcal» favorisant les violences faites aux femmes. (24 heures)

Créé: 26.11.2017, 19h47

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