Houleuse séance sur le deal de rue dans le quartier de St-Roch

LausanneLe municipal de la Sécurité s’est heurté à des riverains qui ont tenté d’amener des idées de lutte.

Rue du Petit-Rocher, à l'angle avec la rue du Maupas.

Rue du Petit-Rocher, à l'angle avec la rue du Maupas. Image: Philippe Maeder - A

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Ils sont deux à n’avoir pas même attendu la fin de l’introduction avant de claquer la porte. Lundi soir, le Collectif Vinet-Beaulieu invitait les habitants de St-Roch à une séance d’information et de discussion sur la vie de quartier et le deal de rue. Une ambiance électrique n’a pas tardé à s’installer.

C’est que Pierre-Antoine Hildbrand, municipal PLR chargé de la Sécurité, a opté pour une introduction visant à répondre à la traditionnelle question: que fait la police? En se lançant dans un diaporama détaillant les différentes composantes du corps, ses missions, son organisation, l’élu a donné le sentiment à certains membres de l’assemblée de ne pas vouloir parler du «vrai problème».

«A Lausanne, la consommation de drogue est équivalente aux autres grandes villes de Suisse. Il n’y a ainsi pas ici de parc d’attractions de la consommation»

Interrompu à quelques reprises par des «moi, je suis venue pour entendre ce que vous allez faire contre les dealers» et couvert par un brouhaha de protestations, Pierre-Antoine Hildbrand a fini par abréger sa présentation pour entrer dans le vif du sujet. Et c’est face à une assemblée largement fâchée et déçue de la situation actuelle qu’il s’est retrouvé. Sans nier que la présence de dealers dans les rues lausannoises était problématique, il a rappelé à l’assemblée qu’à «Lausanne, la consommation de drogue est équivalente aux autres grandes villes de Suisse. Il n’y a ainsi pas ici de parc d’attractions de la consommation.»

Une zone réservée

Les arguments communaux classiques ont ensuite été déroulés: les dealers sont désormais souvent titulaires de titres de séjour européens, une interpellation ne peut se faire qu’en présence d’un acheteur et d’un vendeur… Bref, l’arsenal de lutte à la disposition des autorités locales est limité. Pourquoi ne pas créer, comme pour la prostitution, une zone réservée au deal? propose une riveraine. Le droit ne le permet pas, répond, Pierre-Antoine Hildbrand. Ou pourquoi ne pas traquer les produits cachés partout dans la rue, puisqu’il est si difficile de saisir consommateurs et dealers? Les chiens de la police le font, mais ne peuvent pas le faire tout le temps et partout. Et si les habitants se «réappropriaient l’espace public, leur rue? Parce que les dealers ne sont pas dangereux mais ils sont toujours là», dit une autre habitante de St-Roch. Non, il faudrait pouvoir les «déporter» dit une coiffeuse du quartier. Je les chasse tout le temps et j’ai peur qu’ils me choppent pour me casser la gueule.»

Les nuisances sonores des dealers, souvent en groupe en bas des immeubles, irritent aussi. Les parents haussent le ton, craignant pour la sécurité de leurs enfants. Au milieu du ras-le-bol généralisé quelques voix de tolérance se sont élevées. «J’ai souvent fait appel à eux pour monter la chaise roulante de mon mari dans l’immeuble. Ils me rendent service depuis des années.» Applaudissements et huées. À la sortie de la séance, au Cazard, on croise ceux dont il a tant été question quelques minutes auparavant. Et chacun repart chez soi. (24 heures)

Créé: 08.05.2018, 20h17

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