Immeubles vides et spéculation: le propriétaire de Bel-Air sévit partout

ConstructionÀ Lausanne, mais aussi à Aigle ou à Genève, des sociétés administrées par les mêmes personnes posent problème.

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Si le chantier de Bel-Air est spectaculaire par l’ampleur de son retard et sa visibilité, il n’est pas le seul espace lié aux mêmes propriétaires à poser problème.

L’immeuble de la rue Pichard 10, à Lausanne, appartient ainsi à une société gérée par les deux mêmes administrateurs que Swiss Investment Concept, qui possède Bel-Air 4 et Mauborget 5 à 9. Le bâtiment, qui comprend des appartements et un espace commercial, est vide depuis des années, comme le confirme le voisinage. Selon le Service d’architecture de la Ville, aucun permis de construire n’a été délivré pour cette parcelle.

L’entrepreneur Bujar Azizi affirme cependant y avoir effectué des travaux qui n’ont pas été payés, de même qu’à la rue Haldimand 7, propriété d’une troisième société présidée par les deux mêmes personnes, soit le fils de l’homme d’affaires X – considéré comme le propriétaire ou l’ayant droit économique de toutes ces sociétés – et le comptable de ce dernier.


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Ce sont eux également qui administrent une boîte inscrite à Lausanne, propriétaire d’un immeuble au chemin de la Planchette 9 à 13, à Aigle, où figure une hypothèque légale de 160'000 francs en faveur de Bati Technique, l’entreprise de Bujar Azizi, pour des travaux impayés. La régie genevoise Comptoir Immobilier, qui représente les sociétés propriétaires, précise à ce sujet que «nous laisserons les tribunaux se prononcer, notamment pour déterminer si la prestation fournie correspond ou non aux normes de qualité nécessaires pour que les travaux soient acceptés par le maître d’ouvrage».

On retrouve les noms des deux mêmes administrateurs au Registre du commerce genevois, à la tête notamment de la société en liquidation Burval SA, qui possède, elle, un immeuble classé au numéro 16 de la Grand-Rue, à Genève. Cet édifice du XVIIIe siècle a fait parler de lui dans les médias en 2014, lorsque les locataires se sont insurgés contre le projet de transformation de logements spartiates et bon marché en des appartements de luxe.

Malgré plusieurs recours jusqu’au Tribunal fédéral, les habitants ont tout perdu, explique aujourd’hui leur avocat, qui s’étonne que l’on autorise une société en liquidation à lancer un tel projet. Alors que les baux ont été résiliés, les locataires sont toujours dans l’immeuble et ils se battent dorénavant pour que le propriétaire respecte l’obligation de les reloger, condition de l’autorisation de rénover, ajoute l’homme de loi. Selon Comptoir Immobilier, «le dialogue avec les locataires est constant et ces derniers reçoivent régulièrement des propositions de relogement».

À Genève également, Bati Technique a requis en mars une conciliation devant le tribunal portant sur une valeur litigieuse de 60'000 francs pour divers travaux de transformation effectués dans les tours du Lignon 6 et 8, à Vernier. Ici encore, la société propriétaire a les mêmes administrateurs. Comme Burval SA, elle est domiciliée auprès de Comptoir Immobilier, qui commandait les travaux à Bati Technique. Selon cette entreprise, la gérance lui a passé plus de 300'000 francs de commande, pour des travaux sur des immeubles appartenant à différentes sociétés genevoises ayant… toujours les deux mêmes administrateurs. Ici aussi, Comptoir Immobilier répond qu’elle laissera «les tribunaux se prononcer».

Créé: 21.05.2019, 06h46

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