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Inefficaces, les régimes minceur ont fait place au coaching alimentaire

Explications, en cette Journée mondiale de l’obésité, avec le directeur médical du nouveau Centre médico-chirurgical de l’obésité de la Clinique La Source

« Il ne s’agit plus, avec les patients en surpoids ou obèses, d’imposer des restrictions alimentaires mais de leur proposer un traitement personnalisé».
« Il ne s’agit plus, avec les patients en surpoids ou obèses, d’imposer des restrictions alimentaires mais de leur proposer un traitement personnalisé».
Odile Meylan

Tiens, les régimes amincissants miracles ne font aujourd’hui plus guère la une des magazines! C’est que leur inefficacité à long terme, leur incontournable effet yo-yo ont été largement documentés. «Aujourd’hui, le mot régime est banni», affirme le Dr Vittorio Giusti. Le spécialiste en endocrinologie et diabétologie est le directeur médical du tout nouveau Centre médico-chirurgical de l’obésité de la Clinique de La Source à Lausanne (CMCO). Le Dr Bijan Ghavami, spécialiste en chirurgie générale et viscérale, en est le coresponsable.

«Il ne s’agit plus, avec les patients en surpoids ou obèses, d’imposer des restrictions alimentaires mais de leur proposer un traitement personnalisé. Ce dernier vise à introduire progressivement des changements sur le plan des habitudes et du comportement alimentaires, de l’activité physique au quotidien et dans les loisirs, ainsi qu’à prendre conscience des facteurs psychologiques à l’origine de leur prise de poids», explique le Dr Giusti.

Il ne s’agit plus, avec les patients en surpoids ou obèses, d’imposer des restrictions alimentaires mais de leur proposer un traitement personnalisé

Grâce à la prise en charge multidisciplinaire dispensée par le centre, les patients ont un accès direct et facilité aux différents intervenants: médecins, diététiciennes, psychothérapeutes. L’activité du centre se divise, plus ou moins à parts égales, entre les cas d’obésité sévère (indice de masse corporelle supérieur à 35) pour lesquels la chirurgie constitue le plus souvent la meilleure option, et les cas de surcharge pondérale ou obésité modérée traités par différentes stratégies d’accompagnement. «Il importe d’être honnête avec les patients et de définir avec eux des objectifs réalistes», affirme le Dr Giusti.

Qu’est-ce que je mange? Qu’est-ce que je dépense? La prise de poids résulte d’un déséquilibre entre l’absorption calorique et la dépense énergétique. Elle peut aussi être liée à une cause émotionnelle. «Manger est utilisé comme stratégie de régulation des émotions. À court terme, elle peut être efficace», explique Stéphanie Haymoz, psychothérapeute. Notamment contre le stress. «Il faut donc commencer par écouter le patient, comprendre son fonctionnement, éviter de le culpabiliser.»

Émotions et comportement

Le Centre dispense des séances en groupes de gestion des émotions, de pleine conscience autour de l’image corporelle et comment la valoriser, ainsi que sur les comportements alimentaires. «Une jeune patiente s’est étonnée d’apprendre que les 50 gr. de pistaches qu’elle avale chaque soir contiennent presque la valeur énergétique d’un repas!» raconte le Dr Giusti. La diététicienne Mary-Laure Béday confirme. «Il y a parfois une grande méconnaissance diététique. Mais nous travaillons surtout sur le comportement alimentaire, notamment les sensations de faim, de satiété (Ndlr: cette dernière prend vingt minutes pour se manifester), comment ne pas manger trop vite, déguster plutôt qu’avaler, éviter le grignotage.» L’accompagnement du patient prévoit aussi un programme d’activité physique personnalisé. «Pour commencer à perdre du poids, il faut faire au moins 12'000 pas par jour, c’est-à-dire le double d’une activité normale qui comprend entre 6000 et 8000 pas», indique le Dr Giusti.

Les patients souffrant d’obésité sévère et qui remplissent les critères pour un by-pass gastrique (définis par le Swiss Study Group for Morbid Obesity dont les médecins responsables du centre sont membres) passent par une longue période de préparation et un suivi postopératoire. «C’est indispensable pour la réussite de l’opération et la maîtrise de la gestion de l’alimentation après l’intervention», note le Dr Giusti.

Lausanne, Clinique de La Source jeudi 14 juin (16 h 45-19 h), «Obésité: pourquoi une prise en charge pluridisciplinaire est-elle essentielle?» Visite thématique, avec le Dr V. Giusti, le Dr Phil. S. Haymoz, psychothérapeute et M.-L. Béday, diététicienne. Inscr. jusqu’au 28 mai www.lasource.ch/obesite

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