On n'ira plus au Paradou

LausanneLe célèbre cabaret est définitivement fermé. Un bar-club d'un genre plus classique ouvrira en juillet

Steeve Zimmermann et son père Alain Zimmermann posent devant l'entrée du local qui abritait feu le Paradou, rue St-Laurent. Le duo, qui a repris l'exploitation de cet espace il y a quelques mois après la fermeture du cabaret, a entièrement vidé les lieux pour donner vie à un bar-club baptisé

Steeve Zimmermann et son père Alain Zimmermann posent devant l'entrée du local qui abritait feu le Paradou, rue St-Laurent. Le duo, qui a repris l'exploitation de cet espace il y a quelques mois après la fermeture du cabaret, a entièrement vidé les lieux pour donner vie à un bar-club baptisé "Z". Ouverture prévue début juillet. Image: Patrick Martin

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L’enseigne rouge est décrochée. Un Z énigmatique a remplacé les photos de filles aguicheuses dans les petites vitrines bien connues des Lausannois.

Le célèbre cabaret Paradou, accolé depuis des décennies à la salle de paroisse Saint-Laurent dans la rue du même nom, a mis la clé sous la porte il y a quelques mois après des années de déboires financiers.

On connaît désormais les repreneurs du local. Steeve Zimmermann et son père, Alain Zimmermann, ouvriront ici, début juillet, le Z bar-club, un établissement d’un genre plus classique. Comprenez: sans aucune orientation érotique.

«Il y avait de la moquette partout, même au plafond. On a tout vidé pour créer un style usine»

Voilà trois mois que le chantier bat son plein. Le cabaret a été entièrement désossé. «On a vidé des dizaines de tonnes de matériel, raconte Steeve Zimmermann. Il y avait de la moquette absolument partout, même au plafond. La déco semblait ne pas avoir bougé depuis les années 60- 70. Le mobilier était fixé au mur! On a même retrouvé des chaussures de femmes.»

Changement d’ambiance

Pas moins de cinq couches successives de sols ont été arrachées pour atteindre la chape. Au revoir velours et dorures; l’ambiance du futur Z se veut industrielle: du métal, du noir, des murs bruts et quelques touches d’ocre. «Un style usine», résument les patrons. Rompu à la gestion d’établissements publics, le duo a tenu pendant un an le Z’City Bar, dans la Grand-Rue de Morges. «Nous voulions revenir sur Lausanne, raconte Alain Zimmermann. J’ai toujours été dans le milieu de la restauration.» Ses parents aussi. Ils ont tenu un autre établissement bien connu de la rue Saint-Laurent: le Farinet.

Le duo annonce une ouverture du mardi au samedi, une déco «évolutive», des soirées à thème, des concerts, des DJ, un piano-bar pour l’apéro… Le week-end, place à une programmation axée hip-hop. La spécificité du futur club de 130 m2 est son ouverture dès 17 h jusqu’à 2, 3, 4, 5, voire 6 h du matin. «Aujourd’hui, certaines personnes veulent sortir à 17 h déjà, danser, faire la fête et rentrer chez elles à minuit. Nous suivons cette tendance. Un autre type de clientèle arrivera en deuxième partie de soirée.»

Ambre, Diabolo et Zizi

Pour les oiseaux de nuit lausannois, la disparition du Paradou marque la fin d’une époque. Le bar-dancing ouvert dans les années 50 par Géo Burland et son épouse après la transformation de l’Hôtel du Commerce s’est rapidement imposé comme un incontournable des fins de nuit. En 1959, on pouvait lire dans la presse locale que l’établissement proposait «un orchestre et plusieurs attractions, dont Ambre, chanteuse, Zizi, strip-teaseuse, et la fameuse étoile internationale de la TV, Diabolo, avec son installation micromatique».

A partir du milieu des années 2000, c’est la dégringolade. Le dernier patron du Paradou rapportait en 2012 que son chiffre d’affaires avait plongé de 70% en cinq ans. La mode n’est plus aux cabarets, détrônés par les salons de massage. Les clients ne sont plus obligés de fréquenter les bars à champagne pour entrer en contact avec des prostituées.

La suppression par les autorités vaudoises, en 2007, de l’octroi de permis L pour les danseuses qui ne viennent pas de l’Union européenne assène le coup de grâce au milieu. Privés des filles de l’Est, les cabarets vaudois peinent à trouver des danseuses, d’autant que les prostituées européennes préfèrent officier dans les salons de massage, plus lucratifs. Les établissements se vident; les fermetures se succèdent.

En 2008, la faillite du Paradou – renommé Paracab – est prononcée. Le dancing survivra tant bien que mal pendant près de dix ans. Il rejoint la Belle Epoque et le Tiffany dans le cimetière des cabarets lausannois.

(24 heures)

Créé: 21.06.2017, 07h09

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