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«J’aimerais ouvrir les collèges sur la ville»

Un an après le début de la législature, les édiles lausannois évoquent leur ville et leur vie. Aujourd’hui, David Payot.

David Payot a choisi de poser dans le quartier du Vallon, à la hauteur du Théâtre 2.21.
David Payot a choisi de poser dans le quartier du Vallon, à la hauteur du Théâtre 2.21.
ODILE MEYLAN

En charge des écoles, le popiste David Payot fait partie des «petits nouveaux». Elu au premier tour à la faveur de la grande tornade de la liste rougeroseverte, il est attendu au tournant.

Peu loquace, peu connu, il doit faire ses preuves. Ses premiers gestes politiques ont pourtant déjà fait jaser. Sa participation à une conférence de presse pour contester le renvoi de migrants soumis aux accords de Dublin a déplu à droite.

Un an à la Municipalité de Lausanne, c’est un grand changement de vie?

Oui, pour l’emploi du temps notamment. Face à ma ville et aux administrés aussi. Par rapport au travail du Conseil communal, c’est motivant de voir l’envers du décor. Et ça implique davantage de sens des responsabilités.

Vous avez commencé fort. Le PLR a demandé votre suspension pour avoir encouragé à la désobéissance civile. Ça vous a ému?

Disons que c’était une situation de début de législature. Je pense que cela correspondait à un ressentiment de la droite après les élections à un moment où les positions des uns et des autres n’étaient pas encore bien établies. Pour moi, défendre les migrants est un engagement personnel, même si je n’ai pas à appeler à la désobéissance. Et maintenant, il revient à la justice de faire son travail puisque mon cas a été signalé au préfet, qui l’a transmis au Ministère public.

N’est-ce pas inconfortable?

Oui, c’est pesant. Mais ça fait partie des inconvénients du métier. J’ai le sentiment d’avoir respecté la loi en exprimant mon opinion personnelle.

Vous avez donné le montant exact de votre salaire et annoncé que vous en reverseriez la majeure partie à votre formation. Vous faites la morale à vos collègues?

Les autres membres de la Municipalité le font aussi avec leur parti. Ma spécificité, c’est le message de transparence. Je vais d’ailleurs publier une comptabilité.

A la direction des écoles quel est votre principal chantier?

L’entretien des bâtiments scolaires suscite beaucoup de demandes et la Municipalité a prévu d’y répondre. Lausanne possède un patrimoine avec des bâtiments de 1830. Ces édifices sont souvent protégés. En même temps, ceux des années 1970 atteignent leur moment d’obsolescence, et tout cela doit se faire dans un contexte de croissance démographique.

Avez-vous envie d’y mettre votre patte?

Oui. L’un des enjeux sera d’ouvrir les bâtiments sur la ville et sur la vie sociale. Il faut soigner la transition entre la place de jeu et la cour de l’école. Autre exemple, la salle de gym doit servir aux associations. Seize mille heures d’utilisation par année sont vouées à l’utilisation extrascolaire. Je veux une politique de l’enfance qui ne soit pas seulement celle de l’élève. Des études démontrent que les inégalités entre les enfants sont liées à des différences entre culture scolaire et familiale que les enfants ne parviennent pas à concilier.

Comment se déroulent les relations avec le Canton?

Lausanne a un peu plus de compétences dans ce domaine que les autres communes. Et c’est pour nous un outil intéressant. Le Canton craint que chaque localité veuille faire sa propre politique, d’où la volonté d’harmoniser. Mais il reconnaît aussi que nous avons une population plus pauvre avec davantage de gens issus de la migration et que notre taille permet de lancer des expériences pilotes pour des interventions sociales ou culturelles. D’une manière générale, nous collaborons bien avec ses représentants. Par exemple, nous avons monté ensemble la semaine de prévention sur l’alcool et les jeunes. Et l’exposition contre l’homophobie du Conseil des jeunes de Lausanne tourne dans tout le canton.

Vous vous occupez aussi de la petite enfance. Lausanne promet à terme une place pour chaque enfant. Ça prendra combien de temps?

Les places augmentent déjà fortement depuis dix ans. Lausanne en a créé plus de 1000 depuis 2007. Cela dit, la demande croît d’autant plus que le message politique a été entendu. Nous proposons une vraie politique d’accueil des enfants qui n’est pas qu’une solution de gardiennage. A ce stade, les solutions pour les 5 à 12 ans comblent l’entier de la demande et ce sera bientôt le cas pour les enfants de 3 à 4 ans. Il y a encore des listes d’attente pour les plus petits. Mais l’objectif est de rencontrer la demande dès la fin du congé maternité pour avoir une continuité entre la petite enfance et l’école.

La politique des quartiers prend son essor. Pensez-vous vraiment qu’une administration peut parvenir à reconnecter les gens?

C’est plus une politique de cultivateur que de bâtisseur. On ne peut pas décréter le vivre-ensemble. L’administration se borne à accompagner ce qui vient du terrain. Mais l’intérêt de cette politique des quartiers est qu’elle suscite de l’envie chez les habitants.

Les gens ne sont pas si individualistes alors?

Non, ils s’investissent volontiers pour des projets, mais ils craignent parfois de devoir prendre trop de responsabilités sur le long terme, ce qui est compréhensible.

Vous avez démarré avec l’image d’un jeune homme timide. Comment évoluez-vous?

La fonction, il faut pouvoir l’assumer avec sa personnalité. J’ai davantage le souci de représenter une collectivité publique qu’au temps où j’étais conseiller communal. Un poste à l’Exécutif demande de viser le consensus, alors que le travail de parlementaire est de susciter le débat. Au sujet du consensus, je constate d’ailleurs que les groupes du Conseil communal évoluent de manière intéressante avec des accords inattendus, sur la petite enfance par exemple. Par ailleurs, j’ai désormais l’occasion de faire des rencontres que je ne faisais pas, notamment chez les employeurs ou les formateurs d’apprentis, dans les milieux économiques, en somme. Moi ça me convient bien.

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