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«J’ai tenu à encourager la relève chez les Verts»

Elue à 25 ans à la tête des Verts lausannois, Léonore Porchet quitte son poste de présidente ainsi que le Conseil communal.

Léonore Porchet, désormais députée, a dirigé les Verts lausannois durant trois ans.
Léonore Porchet, désormais députée, a dirigé les Verts lausannois durant trois ans.
Odile Meylan

Fermement opposée au double mandat, la toute nouvelle députée Léonore Porchet veut se consacrer à l’échelon cantonal. Elle quitte la présidence des Verts lausannois et son Conseil communal. Et cède la place à deux hommes: Benjamin Rudaz et Xavier Company. Elle revient sur ses trois ans de présidence, où la relève et la cause des femmes ont été des priorités.

Comment vont les Verts lausannois aujourd’hui?

Le parti est toujours très solide. Je l’ai repris des mains de Vincent Rossi, et je récupérais un groupe qui avait beaucoup travaillé sur ses valeurs, pour l’urbanisme et la nature en ville notamment. Nous venions de gagner Taoua, la tendance était dynamique. Cette très grande énergie nous a profité pour les trois élections. Avec un vrai travail sur la relève. Et ça marche! Il n’y a pas eu d’effondrement, au contraire. Le parti s’est agrandi, nous avons 50 nouveaux membres sur 150 en trois ans. Beaucoup de jeunes et de femmes.

Femme et jeune, vous incarnez l’évolution du parti.

C’est sûr. J’étais de loin la plus jeune présidente de section lausannoise. Et j’ai été la seule femme pendant un temps. Mais c’est aussi l’ensemble du comité qui s’est rajeuni. Les Verts prouvent qu’il y a de la place pour ces deux catégories de la population.

Vous étiez au front quand votre section a décidé d’interdire les doubles mandats et le fait de se présenter plus de 3 fois à la même élection. Comment évaluez-vous ce virage?

Il a été vraiment positif. On le voit avec le Grand Conseil. Le parti vaudois ne tablait pas sur Lausanne pour gagner des sièges. Alors que ça a été le cas, qui plus est avec Séverine Evéquoz et moi, deux jeunes femmes. J’y tenais beaucoup, à ce soutien à la relève. Cela me gêne qu’on concentre et qu’on «truste» le pouvoir. Mais ça a aussi une valeur stratégique, parce qu’on évite de se retrouver avec des gens indispensables. Bien sûr, cela crée des tensions. Mais quel parti n’en a pas?

Vous avez d’ailleurs été très transparents au fil de ce processus.

Oui, et nous y tenons. Nos assemblées ont toujours été publiques et j’aime l’idée que nous sommes avant tout un mouvement, pas un parti. D’ailleurs, nous changeons maintenant les statuts pour avoir la possibilité de mettre en place une coprésidence. Toujours dans cette idée de ne pas concentrer le pouvoir. Et je soulignerai que ce sont deux hommes qui prennent la place d’une femme et tout ça en partage des postes!

Quel sera votre meilleur souvenir de présidente des Verts lausannois?

Le fait que mes deux candidats à la Municipalité de Lausanne, Jean-Yves Pidoux et Natacha Litzistorf, soient passés au premier tour avec de supers scores. Cette campagne n’a pas seulement été de la politique mais une très belle aventure humaine. Dans la même période, les balades des candidats dans les quartiers lausannois ont été de magnifiques découvertes, tant de la ville que des gens.

«Nos assemblées ont toujours été publiques et j’aime l’idée que nous sommes avant tout un mouvement, pas un parti»

Avez-vous eu des moments plus difficiles?

Il y a eu le décès de Laurent Rebeaud. Ça a été un moment très difficile en tant que présidente car j’ai dû appeler les membres les uns après les autres. Et ça a été la perte d’un ami et d’un soutien très cher. Au niveau politique, c’est la réduction du périmètre de prostitution qui a été dure à encaisser. Là, j’ai vraiment eu le sentiment qu’au Conseil, tout un tas de gens a privilégié le confort d’une classe qui leur ressemble au détriment d’une population, principalement des femmes, dans une situation extrêmement précaire.

Quels sont les défis de la section?

Ils sauront très bien quoi faire, je ne veux pas donner une marche à suivre! Nous entrons dans une phase moins dynamique, puisque la série d’élections est passée. Ils souhaitent recommencer le travail sur le fond. J’aimerais qu’on soit paré sur les questions d’économie locale, par exemple. Mais il est aussi évident qu’il faut intensifier les liens avec la base. Nous avons créé il y a un an un groupe de militants qui souhaite être actif sur les stands, les actions, les manifestations. Ce groupe doit être renforcé. Il y aura aussi des combats à mener, par exemple contre le gaz de schiste. Et je compte sur eux pour maintenir notre bonne présence sur les réseaux sociaux. Je reste à leurs côtés pour militer. Tout en me concentrant sur le travail parlementaire pour lequel j’ai beaucoup à apprendre.

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