Un jeune militant pour le climat fait face au Tribunal des mineurs

JusticeZakaria Dridi, candidat POP et membre du mouvement de la Grève du climat, avait pénétré dans les locaux des Retraites Populaires pour manifester.

Mardi, une cinquantaine d’activistes sont venus soutenir Zakaria Dridi (en noir) devant le Tribunal des mineurs au chemin du Trabandan.

Mardi, une cinquantaine d’activistes sont venus soutenir Zakaria Dridi (en noir) devant le Tribunal des mineurs au chemin du Trabandan. Image: Odile Meylan

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«Cette répression est un acte judiciaire purement politique», martèle Zakaria Dridi, militant pour le climat, devant le Tribunal des mineurs, mardi après-midi. Ce gymnasien de 17 ans était cité à comparaître après avoir pénétré dans les locaux des Retraites Populaires pour manifester contre ses investissements dans les énergies fossiles, le 15 mars dernier, lors de la Grève internationale pour le climat. «Nous étions une vingtaine et nous menions notre action pacifiquement, assure le jeune homme, par ailleurs candidat au Conseil national sur la liste du POP. Nous avons simplement refusé de nous lever quand la police nous l’a demandé. Rien de plus.»

Sur son mandat de comparution, deux infractions lui sont reprochées: empêchement d’accomplir un acte officiel et infraction à la loi sur les contraventions. «Tout cela ne fait pas suite à une plainte déposée par les Retraites Populaires, mais à une dénonciation de la police, poursuit Zakaria Dridi. Les méthodes utilisées visent à décourager par l’exemple les jeunes de se mobiliser.»

Vraiment? Contactées, les Retraites Populaires confirment ne pas avoir déposé de plainte. «L’occupation de notre réception est demeurée pacifiste et s’est terminée dans le bon ordre», confie par e-mail Lorraine Clément, sous-directrice. De son côté, la police de Lausanne explique le déroulé des faits: «Nous avons laissé un délai aux personnes présentes pour quitter les lieux, détaille Raphaël Pomey, chargé de communication. Plusieurs d’entre elles n’ont pas obtempéré et ont été dénoncées pour avoir empêché l’accomplissement du travail des fonctionnaires de police et pour avoir mené une action non autorisée.»

Devant le Tribunal des mineurs, à trente minutes de son «procès politique», le militant a pu compter sur le soutien d’une cinquantaine d’activistes venus donner de la voix et brandir des pancartes. Dans la petite foule, plusieurs représentants du POP Vaud étaient présents: les députés Marc Vuilleumier et Vincent Keller, le président de la section vaudoise Gavriel Pinson ou encore la tête de liste aux prochaines élections fédérales, Anaïs Timofte. Était absent le municipal David Payot, qui avait pourtant annoncé être intéressé sur la page de l’événement Facebook du rassemblement. «Cela me fait plaisir, lâche, un peu inquiet, Zakaria Dridi. Je me sens épaulé et c’est l’occasion de reparler du climat. C’est l’essentiel. C’est un combat qui doit absolument continuer.»

À 14 heures tapantes, le jeune militant s’est engouffré dans le bâtiment du chemin du Trabandan sous les acclamations des manifestants. Il en est ressorti environ une heure plus tard, accompagné de son avocate. «La situation n’est pas excellente, reconnaît Zakaria Dridi. Nous allons rédiger une plaidoirie et l’envoyer au Tribunal des mineurs. Mais je ne me fais aucune illusion… Il est probable que je sois amendé.»

Le POP en campagne?

Manifestation, communiqué de presse, vidéo sur les réseaux sociaux… Le parti a-t-il vu dans les ennuis de son jeune candidat un moyen pour être sous le feu des projecteurs? «Pas du tout, affirme Christophe Grand, secrétaire du POP vaudois, un appareil photo autour du cou. Soutenir nos camarades, c’est dans les gènes de notre parti. Il n’y a pas de récupération politique.»

La présence du parti est, selon le secrétaire du POP vaudois, un acte militant. «On dénonce cette répression injustifiée des autorités, qui cible les personnes qui descendent dans la rue pacifiquement, s’indigne Christophe Grand. La désobéissance civile devient nécessaire. Quand des milliers de personnes n’arrivent pas à se faire entendre à Berne, il faut agir. En restant toujours pacifique.»

Créé: 18.06.2019, 18h57

Des propos chocs sur Benoît Genecand

«Le karma l’a (sic) pas loupé notre ami PLR conseiller national de genf (sic). Cancer stade 4 avancé. Il va crevé (sic) visiblement. C’est l’un des plus grands anti-GdC (ndlr: Grève du climat).» Accompagné d’articles de presse, ce message écrit par Zakaria Dridi dans un groupe WhatsApp dédié à l’organisation de la Grève du climat dans le canton de Vaud a ulcéré un internaute anonyme. Pour rappel, Benoît Genecand, 55 ans, avait annoncé souffrir d’un cancer sur sa page Facebook. Ce dernier a renoncé à se présenter au Conseil national pour une nouvelle législature. «La politique peut déboucher sur des conflits d’opinions, des affrontements, mais ce genre d’agissements, de mots, n’a évidemment pas sa place dans un groupe ouvert au public, de la part d’un individu qui veut s’engager pour la collectivité, s’insurge notre source. Un candidat en liste n’a pas le droit de tenir pareils propos.» Confronté à ses écrits, le candidat popiste au Conseil national bat sa coulpe. «Je ne lui souhaite absolument pas de mourir, s’explique Zakaria Dridi. Je ne peux pas dire que c’était une blague, parce que le sujet n’est pas drôle. C’est quelque chose dont nous avions discuté ensemble (ndlr: avec les autres membres du groupe) et j’en suis navré. J’ai essayé de supprimer le message mais je n’ai pas pu.» Au total, ce groupe WhatsApp compte 77 participants.

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