Jeunes migrants et écoliers créent main dans la main

PullyL’artiste François Burland chapeaute une initiative originale du collège de l’Annexe Ouest.

L'artiste et plasticien François Burland supervise la création des fresques. Il est impliqué de longue date dans l'accompagnement des migrants mineurs arrivés seuls en Suisse.

L'artiste et plasticien François Burland supervise la création des fresques. Il est impliqué de longue date dans l'accompagnement des migrants mineurs arrivés seuls en Suisse. Image: PATRICK MARTIN

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«C’est un peu triste pour eux. Ils viennent d’un pays en guerre, ils ont besoin d’avoir de nouveau amis. Et moi j’aime bien rencontrer de nouvelles personnes.» Théo, 8 ans, est visiblement ravi de colorier des créatures sous le regard bienveillant de deux adolescentes érythréennes, dont Sabrine, 17 ans. «Je montre aux enfants ce qu’ils doivent faire, glisse-t-elle dans un sourire. J’explique, je corrige. Ça me plaît.»

Deux mondes se rencontrent depuis le mois de février dans le Collège de l’Annexe Ouest, à Pully. Une centaine d’élèves âgés de 4 à 10 ans et des «mineurs non accompagnés», ces jeunes arrivés seuls en Suisse dans des conditions très difficiles.

C’est à une enseignante, Christine Hurlimann, que l’on doit l’idée de réunir ces populations autour d’un projet artistique. «Il symbolise des valeurs qui nous sont chères: le partage, le vivre-ensemble, l’art, l’éducation à la citoyenneté… Il s’agit de s’ouvrir aux autres. En travaillant, les gens se sentent libres de discuter et le lien se crée tout seul. On assiste à de jolis moments.» Et un jeune Érythréen de relever: «Ça m’aide aussi à parler français.»

Cette démarche, qui bénéficie du soutien financier de la Commune, est chapeautée par l’artiste François Burland, très impliqué dans l’accompagnement des mineurs non accompagnés. «Le groupe fonctionne bien; je suis scotché. Certains de ces jeunes vivent ici depuis des années mais ne sont jamais entrés dans une maison suisse. Ça sert à ça, ce genre de projet, à créer du lien.»

«Les enfants véhiculent de la tolérance quand ils rentrent dans leur famille et racontent ce qu’ils ont fait, ajoute Ursula Cottier, enseignante. J’ai par exemple une élève qui a été très touchée par la rencontre avec ces jeunes et qui a demandé à ses parents de pouvoir les aider.»

Les fresques réalisées dans l’atelier seront exposées au collège le 26 juin à 18 heures.

Créé: 21.03.2019, 15h56

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