Grégoire Junod au défi de rasséréner Lausanne

PoliceLe socialiste laisse la culture pour relever le défi de pacifier la ville

Après la tempête politico-médiatique, le collège a voulu donner hier une image apaisée.

Après la tempête politico-médiatique, le collège a voulu donner hier une image apaisée. Image: JEAN-CHRISTOPHE BOTT/KEYSTONE

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Accalmie. La Municipalité de Lausanne in corpore s’est présentée hier devant la presse au terme d’une séance d’une heure, où ont été finalisées les discussions de ces derniers jours. Le remaniement des dicastères demandé par le municipal Marc Vuilleumier est désormais accompli, avec l’espoir évident que la tempête politico-médiatique ne soit plus qu’un mauvais souvenir.

Rafistoler la collégialité

Incarnant cette volonté d’apaisement, Daniel Brélaz a évoqué sa communication «a posteriori malheureuse» du mois de juillet, où il annonçait dans la presse dominicale vouloir en finir avec les dealers d’ici à 2013-2014. Des mots qui résonnent comme des excuses à l’adresse de Marc Vuilleumier, auquel le syndic réitère «toute la confiance de la Municipalité».

Les récents coups médiatiques de Daniel Brélaz, puis de Marc Vuilleumier ont été lancés sans faire grand cas du principe de collégialité. Le syndic a fait valoir hier que les sept municipaux avaient traité «collégialement, en séance plénière» de lourds dossiers comme le grand projet urbanistique Métamorphose ou les finances de la Ville.

La gestion commune de la sécurité est arrivée plus tard sur la table de la Municipalité. C’est peut-être à ce moment-là que les propositions tous azimuts au sujet des nuits lausannoises, que l’on attend de découvrir, ont mis le feu aux poudres. Daniel Brélaz admet qu’il y a eu «des tensions», mais assure que l’ambiance entre les édiles est «bonne, voire très bonne». «Nous résistons plutôt bien», promet-il.

Un dossier explosif

Le dossier de la sécurité à Lausanne est lourd. Le cumul d’éléments comme l’assouplissement de la chaîne pénale, le Printemps arabe, le rapport des jeunes à l’alcool entraîne une «situation jamais vue depuis plusieurs dizaines d’années», poursuit Daniel Brélaz. Dans ce contexte, un «rééquilibrage» était nécessaire.

Entrée en matière prudente

Grégoire Junod, nouveau patron de la police à partir du 18 septembre, entre en matière avec un constat: la conjoncture sécuritaire de Lausanne s’est «dégradée». «Or, dit-il, il n’est pas normal que les enfants ne puissent plus jouer au parc de la Brouette, près de Chauderon, ou qu’une femme n’ose plus se balader seule à 22 heures à la rue de Bourg.»

Même s’il lui «coûte» d’abandonner la Culture, à laquelle il n’a pu consacrer qu’une année, il abordera son nouveau dossier avec «fermeté et pragmatisme».

Mais le municipal se couvre. Le dossier de la sécurité n’est pas du seul ressort de la commune. «Lausanne a beaucoup de cartes en mains, mais pas toutes», insiste-t-il. Il veut instaurer une collaboration accrue avec l’Ordre judiciaire et les responsables cantonaux. Cette tâche devrait être facilitée par la nouvelle configuration politique du Conseil d’Etat et par les liens de proximité entre le jeune municipal et le président Pierre-Yves Maillard.

Grégoire Junod se dévoilera davantage dans les mois à venir, au moment d’annoncer les mesures choisies pour calmer les nuits lausannoises. On sait que la nouvelle génération des socialistes lausannois n’a pas de tabou.

Dicastère allégé

Si Grégoire Junod et Daniel Brélaz voient leur dicastère s’épaissir, Marc Vuilleumier hérite d’une direction plus light: il perd le plus gros service de la ville, le «corps de police» et gagne en retour les Assurances sociales (à ne pas confondre avec le service social, qui reste chez Oscar Tosato), ainsi que «Travail et migration». Ses autres services restent dans son dicastère. «Aujourd’hui, j’ai une direction de dimension normale, dit-il. Je reviens à mes origines professionnelles (ndlr: le popiste était directeur d’EMS). Je me réjouis notamment de m’occuper des migrants.»

La classe politique papote

Hier, la nouvelle donne lausannoise a été largement commentée par la classe politique. Au Grand Conseil, la magistrate Jacqueline de Quattro a pris le soin de saluer à la tribune la désignation du nouveau municipal de Police. Les députés, dont un certain Daniel Brélaz, en ont beaucoup parlé en coulisses. Oscar Tosato, également député, s’est montré bien plus disert qu’en conférence de presse, où il n’a pas soufflé mot et après laquelle il s’est refusé à tout commentaire. Enfin, au Conseil communal d’hier soir, la droite a attaqué la politique sécuritaire de l’exécutif à l’heure des questions orales. Elle n’a toutefois pas livré d’analyse approfondie sur la nouvelle donne.

Créé: 12.09.2012, 07h12

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