Comme le lac de Hallwil, le Léman a aussi eu son alligator

InsoliteL’histoire du reptile recherché actuellement dans le lac argovien en rappelle une autre, en 1950.

André Wohlers, un maraîcher de La Conversion-sur-Lutry, tient son alligator dans les mains. Celui-ci n’avait pas les dimensions pour susciter la panique. Image: REPRO MAGAZINE «JE VOIS TOUT EN FAMILLE»

André Wohlers, un maraîcher de La Conversion-sur-Lutry, tient son alligator dans les mains. Celui-ci n’avait pas les dimensions pour susciter la panique. Image: REPRO MAGAZINE «JE VOIS TOUT EN FAMILLE»

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Un caïman se promène dans le lac de Hallwil depuis quelques jours. Il est devenu rapidement une star dans les médias. Aussi surprenant soit-il, cet épisode a connu un précédent dans le Léman durant l’été 1950. Pendant deux semaines, un alligator, dénommé Ali, avait repris sa liberté du 9 au 22 août au large de Paudex.

La population n’avait toutefois pas succombé à la panique. Il faut avouer que le jeune reptile de 5 ans ne mesurait que 70 centimètres. Son propriétaire était un maraîcher de La Conversion-sur-Lutry, passionné d’animaux tropicaux exotiques. Il possédait une vingtaine de tortues et quelques serpents. Il avait aussi perdu trois alligators morts à cause du froid.

Le jeune homme a raconté la fuite de son petit protégé à «La Nouvelle Revue de Lausanne». «J’avais décidé de sortir mon alligator de son bassin pour aller le porter au lac, histoire d’observer ses réactions.» Le mouvement de son bateau a alors distrait le maraîcher et son frère qui l’accompagnait au large de l’École Nouvelle de Paudex. L’animal a profité de cet instant pour plonger et s’échapper. Dans la «Feuille d’Avis de Lausanne», le propriétaire précise, le 12 août, qu’Ali était un habitué des eaux lémaniques. «Il m’avait accompagné plusieurs fois mais sans chercher à s’enfuir.»

Les jours qui suivirent, l’habitant de La Conversion a profité de l’aide de la population dans ses recherches, sans succès. Les baigneurs étaient particulièrement attentifs. Même si le reptile n’était pas considéré comme dangereux, ses dents acérées auraient pu causer quelques dégâts, aux orteils notamment.

La chasse à Ali a pris fin là où elle avait commencé, devant l’École Nouvelle de Paudex. Le 22 août à 11h30, des élèves de cet établissement réussissent à capturer l’animal. Celui-ci avait un peu maigri, mais il était en bonne santé, comme en témoigna sa belle résistance aux enfants qui essayaient de s’en saisir. L’aide de la femme du directeur eut finalement raison de l’entêtement de l’alligator qui s’accrochait avec vigueur aux rochers.

Dans les mois qui ont suivi, Ali est resté très populaire. Il a été exposé au 1er étage des grands magasins Innovation, à Lausanne, et au marché-concours de la société d’aviculture d’Yverdon.

Son propriétaire est de nouveau cité dans la presse en 1956. Cette fois-ci, c’est son serval, un gros chat sauvage africain, qui a fui sa propriété. La trace du prédateur est retrouvée à Grandvaux dans la propriété d’une femme qui l’a pris pour un léopard. L’animal s’était réfugié dans un pommier après avoir été poursuivi par le chien de garde du domaine.

Créé: 19.07.2019, 06h51

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