Lausanne et l’agglo déroulent le tapis jaune pour la petite reine

MobilitéLa Municipalité dresse le panorama de ses actions en faveur des cyclistes. Son but: quadrupler la part de vélos dans le trafic d’ici à 2020

Etat du réseau cyclable sur les grands axes

Etat du réseau cyclable sur les grands axes

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C’est un peu la réponse du berger à la bergère. Pour donner suite au postulat du Vert Vincent Rossi, déposé en mars 2015, qui demandait un véritable «plan vélo» pour Lausanne, la Municipalité a livré en un temps record un rapport-préavis de 20 pages qui détaille l’état précis des aménagements cyclables en ville. Mais aussi les perspectives. A savoir, une kyrielle de projets visant à faire passer la part modale (% d’un mode de transport par rapport à un autre) du deux-roues non motorisé à Lausanne de 1% aujourd’hui à 4-5% en 2020, comme le prévoit le Plan d’agglomération Lausanne-Morges (PALM). «J’aurais voulu mettre tout ça dans le Plan directeur communal, explique Olivier Français, municipal des Routes et de la Mobilité, mais ce sera pour la prochaine législature…»

«Il y a un décalage temporel entre ceux qui planifient la ville et ceux qui la vivent»

En bref, s’il y a encore du pain sur la planche, «essentiellement sur la continuité des tracés et sur l’axe est-ouest», estime Olivier Français, beaucoup a déjà été fait, malgré ce que ressentent certains usagers. «Il y a un décalage temporel entre ceux qui planifient la ville et ceux qui la vivent», constate Cindy Freudenthaler, déléguée vélo à la Ville de Lausanne, un poste créé en 2000.

Au fil des grands travaux

La carte ici, montre par exemple l’effort entrepris pour faciliter les déplacements sécurisés sur les grands axes. «D’ici 2020, tout ce qui est orange sera effectif, et il y aura eu d’autres opportunités, cette carte de travail est vouée à évoluer», promet la déléguée. Elle explique que les aménagements sont réalisés au fil des grands travaux comme le pôle de la gare, le Grand-Pont, les chantiers Métamorphose… Mais aussi selon les priorités observées sur le terrain. Par exemple, on favorisera la sécurisation de l’avenue de la Harpe avant celle d’Ouchy: les deux mènent au même point mais le passage du bus complique la cohabitation sur la seconde.

Si l’accent est mis sur les grands axes, le reste du réseau n’est pas oublié. Contresens cyclables dans les sens uniques, zones 30 km/h, rampes d’accès et passerelles proposent autant d’amélioration pour les déplacements urbains «doux».

Le stationnement fleurit

Et si l’on pense ligne jaune dès qu’on évoque la place du vélo en ville, les efforts ne sont pas menés qu’au niveau du marquage et des déplacements. Entre 2004 et fin 2014, le nombre de places de stationnement dévolues aux deux-roues est passé de 278 à 1599 (dont 32% partagées avec les deux-roues motorisés). Et ce chiffre ne cesse d’évoluer, au gré parfois des demandes d’usagers (lire ci-contre). Par exemple, la vélostation de la gare passera de 100 à 500 places durant le chantier Léman 2030. Aussi, des places sont ajoutées près des arrêts de transports publics chaque fois que cela est possible.

La Ville se préoccupe également du confort des cyclistes. Régulièrement, les ornières créées par les bus dans la chaussée sont fraisées, et les systèmes de récupération des eaux de pluie sont améliorés. Un effort est aussi entrepris au niveau de la communication. La «carte vélo», indiquant itinéraires, bons plans et durées, vient d’être mise à jour. Et parce que les jeunes délaissent la petite reine, la Ville participe au projet suisse «défi vélo», destiné aux 15-20 ans, qui table sur la promotion, mais aussi sur des aspects mécaniques et de sécurité.

Cette proactivité porte ses fruits. Les comptages réalisés dans différents points stratégiques de la ville en témoignent. Par exemple, on a vu le trafic doubler sur le pont Chauderon en dix ans, atteignant aujourd’hui près de 1000 vélos par jour. Cindy Freudenthaler estime qu’on est encore loin de la saturation. Mais à long terme, «si le trafic augmente encore, il y aura un problème avec les piétons», admet Olivier Français. Car si la petite reine est l’objet de toutes les attentions, le piéton reste roi à Lausanne. «Et les deux ne s’apprécient pas», conclut le municipal. Un nouveau défi pour les aménagistes de la mobilité douce.

Créé: 27.12.2015, 08h53

«Les demandes des habitants sont pertinentes»

Exemple concret de la mue de Lausanne, la récente apparition de 12 places deux-roues où s’érigeaient précédemment deux colonnes à essence, à l’avenue de Montchoisi 49. Cette métamorphose est due à deux facteurs: la désuétude et le faible rendement de l’installation, mais aussi la volonté farouche du magasin de cycles voisin de voir se produire sous sa vitrine une petite révolution verte. «Il y a deux ans, la décision a été prise d’enlever la pompe, explique Johannes Hartmann, directeur de Tandem Sports. Nous avons alors directement envoyé un croquis à la Ville pour que des places de stationnement vélos et non voitures soient prévues à cet endroit.»

Ce genre de demande n’est pas isolé. «Nous recevons régulièrement des courriers, étudiés au cas par cas, explique Jérôme Lambert, préposé à la Signalisation et à la Sécurité à la Ville. Certaines demandes sont très pertinentes, car ce sont les habitants qui vivent leur rue.» Le courrier de Tandem Sports a donc retenu l’attention des services de la Ville. «Cela coulait de source qu’il fallait installer ce stationnement, que d’autres habitants réclamaient également, sur un espace libre devant un magasin de cycles.» Si la pompe a été démantelée en janvier, les places ne sont apparues qu’en octobre. Un délai de procédure dû au fait que ces places ont été intégrées dans la mise à l’enquête de la zone 30 Montolivet-Allinges.

Les 12 places ont immédiatement été prises d’assaut et les derniers clients de la pompe Tamoil n’ont pas protesté. Du côté de Tamoil comme de celui de Tandem Sports, dont la responsabilité de la pompe était inscrite dans son contrat de location, le changement «s’est fait tout naturellement». «Nous n’avons pas de politique de démantèlement de ces petites stations, explique Rachid Nemra, directeur du réseau suisse de Tamoil. Mais lorsque les investissements sont trop importants (ndlr: pompes, automate, revêtement et citerne n’étaient plus aux normes) par rapport au volume de vente, nous préférons renoncer.» Pour les nostalgiques qui regretteraient le pompiste aux gants blancs qui remplissait les réservoirs dans les années 60 à Montchoisi, un vestige de cette époque «tout à la voiture» subsiste: sous les vélos, la citerne - dégazée et remplie de sable - sommeille.

Johannes Hartmann jubile: les vélos ont remplacé la pompe. (Image: PHILIPPE MAEDER)

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