Lausanne aura-t-elle ses «cannabis clubs»?

PostulatDes élus demandent à la Municipalité d’examiner la possibilité de vente légale de cannabis.

Image: AFP

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Après des décennies de discussion, d’atermoiements et de rétropédalages, le Conseil national a récemment fait un pas vers les essais sur le cannabis récréatif en acceptant de lancer des essais pilotes. Sa commission de la santé vient de valider le projet. Très encadrés, les essais concerneraient 5'000 personnes au maximum et ne dureraient pas plus de cinq ans.

Zurich, Berne ou encore Genève ont déjà fait part de leur intérêt. Certains, dont le conseiller communal de la capitale Xavier Company (Les Verts), rêvent de voir Lausanne leur emboîter le pas. Mardi soir, avec d’autres élus Verts, une socialiste (Thanh-My Tran-Nhu) et une POP (Céline Misiego), il a déposé un postulat au Conseil en ce sens. Il pourrait bien être suivi, Lausanne ayant annoncé fin 2018 qu’elle accepterait de conduire de tels projets si la loi le permettait. «Tout le monde s’accorde à penser que le système actuel ne fonctionne pas. La vente est criminalisée, mais la consommation, souvent le fait d’une population jeune, ne l’est pas du tout. Le but de notre postulat est d’anticiper la probable modification de la loi sur les stupéfiants et que la Ville se dote d’un système qui accompagne et sensibilise le consommateur tout en contrôlant le marché et la qualité de ce qui se vend», explique Xavier Company.

Mais, concrètement, comment imaginer la mise en pratique d’une telle idée? Les amateurs de fumette qui rêvent de voir Lausanne ressembler à Amsterdam, San Francisco ou encore Montréal, où les herbes les plus fortes se vendent sans véritable contrôle, en seront pour leurs frais. «Il ne s’agirait pas d’un modèle ultralibéral à l’image de celui de San Francisco. Le projet que nous imaginons vise à tester la réglementation sur des consommateurs majeurs avérés et volontaires. Ils s’inscriraient dans un club où ils seraient accompagnés par des personnes aptes à gérer ces problématiques et au sein desquels la qualité des produits serait contrôlée. Les personnes à risque, telles que celles souffrant d’un trouble psychiatrique, ne pourraient pas participer», poursuit l’avocat.

En marge de ces garde-fous, l’écologiste est convaincu que de tels endroits auront un impact sur le deal de rue. Sans son produit d’appel, il réduirait comme peau de chagrin.

Créé: 11.02.2020, 17h06

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