Lausanne ne fusionnera pas avec Montpreveyres

VaudLes deux Communes renoncent à travailler sur une union pour 2016. Les profusion crient au sabotage

Hier, des banderoles antifusion garnissaient encore les fenêtres de la commune du Jorat limitrophe de Lausanne.

Hier, des banderoles antifusion garnissaient encore les fenêtres de la commune du Jorat limitrophe de Lausanne. Image: PHILIPPE MAEDER

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Le projet de mariage était un peu branlant. Pour cette raison, les noces de Lausanne et de sa voisine Montpreveyres ont été annulées pendant les préparatifs. «Nous n’avons pas tué mais stoppé la fusion, précise Ernest Dubi, syndic de la petite commune. On recommencera ce travail si on nous le demande, mais étape par étape.»

En effet, dans un communiqué commun, les deux Municipalités indiquent qu’une discussion pour une fusion à l’horizon 2021 ou ultérieur reste envisageable, pour autant que Montpreveyres en manifeste l’intention.

C’est en se basant sur les résultats d’un sondage mené par la Municipalité de Montpreveyres auprès de la population – qui a révélé qu’une courte majorité plébiscitait une fusion, mais avec une autre commune du Jorat pour deux tiers et avec Lausanne pour un tiers – que le chef-lieu du canton a retiré sa proposition de fusion pour le 1er juillet 2016. «Au vu de ce résultat, il nous a paru totalement irréaliste que la convention passe, analyse Daniel Brélaz, syndic de Lausanne. L’opération était vouée à l’échec pour 2016.»

«Déni démocratique»

«Nous sommes révoltés contre nos autorités et surpris par le manque de professionnalisme de celles de Lausanne», relaie un habitant de Montpreveyres, membre d’un groupe de quinze personnes favorables à la rédaction d’une convention de fusion avec Lausanne. Et, partant, à la motion acceptée le 26 juin 2014 par le Conseil général, qui demandait à la Municipalité de rédiger ce texte d’ici au 15 janvier 2015, afin de rendre possible une fusion – ou plutôt une absorption – pour le début de la prochaine législature. L’annulation de cette motion est «un déni démocratique, continue le conseiller de Montpreveyres, qui souhaite rester anonyme. Nous avons demandé au service juridique de l’Etat si cette annulation était légale; nous attendons leur retour.»

Pour les profusion, les autorités de Montpreveyres ont mené une campagne de désinformation, tant auprès de la population qu’auprès des municipaux lausannois. «Le sondage a été réalisé lors d’une séance d’information à laquelle participaient beaucoup de gens qui n’ont même pas le droit de vote dans la commune, avance-t-il. Les chiffres transmis à Lausanne sont biaisés.»

A Lausanne, Mathieu Blanc et Pierre-Antoine Hildbrand (PLR), qui avaient soutenu l’approche de Montpreveyres, demandant à Lausanne de se tenir prête à fusionner, prennent acte de la décision. «On ne force pas une communauté contre l’avis de sa Municipalité et d’une grande partie de sa population, réagit Pierre-Antoine Hildbrand. Le délai était très court pour mettre en œuvre une bonne solution – la fraction de commune – mais somme toute assez compliquée.»

Racines et maturité

Concernant l’annulation de la motion, le conseiller lausannois admet néanmoins qu’il est «bizarre de trancher hors Conseil général». Ernest Dubi n’y voit pas de vice de forme. «La motion a été suivie jusqu’au bout. Nous avons rencontré Lausanne à deux reprises et organisé un sondage de la population. Nous ne sommes simplement pas mûrs. En tant que terriens, nous savons que les seules plantes qui tiennent sont celles qui ont pris racine. Une fusion, ça se fait en trois, quatre, voire cinq ans. On ne change pas le cours de l’histoire d’un village sur une opportunité, c’est malsain.»

Les détracteurs de la Municipalité, unanimement opposée à ce projet de convention express, se feront sans doute entendre le 4 décembre prochain, lors du Conseil général. «Mais maintenant, les délais pour une mise en œuvre en 2016 sont en effet trop courts», déplorent encore les profusion. (24 heures)

Créé: 07.11.2014, 07h07

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