Lausanne invite la notion de «respect animal» à la table de ses édicules

LausanneLes tenanciers des petits kiosques de quartier devront s’assurer que leurs produits ont été élaborés dans de bonnes conditions.

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C’est une première à Lausanne. Elle s’inscrit dans l’air du temps. Jusqu’à présent, et pour caricaturer, la seule condition spéciale qu’émettaient les autorités pour tenir un établissement public propriété de la Commune, c’était d’y vendre du vin de la Ville.

Les couleurs des pastilles font référence aux styles d'exploitation: culinaires (rouge), commerciales (bleu), familiales (vert), culturelles (jaune) et mixtes (violet). Etat en mars 2018. Source: VILLE DE LAUSANNE

Aujourd’hui, elles vont plus loin et commencent par leurs édicules, ces kiosques ou roulottes réhabilités en snack-bars de quartier. Les patrons devront s’assurer que les produits qu’ils proposent à leur carte auront été produits non seulement dans des conditions respectueuses des droits humains et de l’environnement, mais aussi, et c’est la nouveauté, dans le respect de l’animal.

Cette condition a germé dans la tête de la municipale du Logement, de l’environnement et de l’architecture Natacha Litzistorf (Les Verts). «Je fais finalement ce pour quoi j’ai été élue. Je passe de la parole aux actes», explique la directrice, qui présentait sa nouvelle politique des édicules à leurs patrons, mardi soir. Elle assure ne pas entraver la liberté du commerce pour autant. «Ces endroits ne représentent qu’une infime partie des établissements lausannois. Il ne nous viendrait pas à l’esprit d’imposer quoi que ce soit aux tenanciers privés mais là, pour ainsi dire, nous sommes chez nous.»

«Il y aura des contrôles»

S’assurer que les produits locaux proposés aux clients des édicules ont été conçus dans le respect des animaux, cela veut dire quoi au juste? «Ce n’est pas qu’une idéologie, qu’un concept flou. C’est notamment travailler avec des exploitations qui traitent correctement les animaux. C’est bien entendu pouvoir assurer la traçabilité de la nourriture. On peut manger de la viande, qui plus est de la viande de qualité, mais dans le respect de l’animal», affirme Natacha Litzistorf. La municipale se dit consciente que cette notion, pour certains, représentera «tout un apprentissage». «On prendra les tenanciers par la main s’il le faut, on les accompagnera et on réalisera des ajustements au besoin, mais notre volonté est ferme.» Elle prévient: «Il y aura des contrôles.»

Dans un second temps, et au fur et à mesure des changements d’exploitants, la notion de bien-être animal dans la restauration sera étendue aux tenanciers des établissements publics communaux «classiques». Ce sera notamment le cas pour les repreneurs de l’Auberge de Beaulieu et pour ceux de Riponne 10.

La nouvelle politique des édicules de la Ville de Lausanne passe aussi par une simplification des règles. Une cheffe de projet a été nommée. Il s’agit de Julie Wuerfel. À elle la délicate mission d’harmoniser les pratiques sur le principe de l’égalité de traitement, notamment en matière de redevance. Il s’agira aussi de passer du statut de bail à celui de convention de droit administratif.

25 édicules en exploitation

Il faut dire que les édicules lausannois sont pour le moins disparates et prennent des formes très diverses: roulottes, arches de pont, anciens WC publics, abribus, maisonnettes, containers… Ils sont actuellement vingt-cinq en exploitation. Huit figurent au recensement architectural du Canton de Vaud. Six sont exploités de manière saisonnière et dix-neuf annuellement. Il y en a des culturels, de vente ou culinaires.

En termes de programmations futures et de perspectives de développement, la nouvelle politique publique des édicules vise encore à augmenter la part des activités culturelles, avec un accent particulier sur la création plastique et visuelle indépendante, par le biais d’ateliers d’artistes, de lieux d’expositions permanents ou de transformation d’édicules peu exploitables en œuvres éphémères. «Les activités récréatives favorisant la cohésion et les activités pour les familles seront également à renforcer», annoncent les autorités.

Il est prévu d’ouvrir de nouveaux édicules ces prochains mois déjà: des éphémères, comme à la Maladière dans le cadre de Lausanne Estivale et celui tout au bout de l’avenue de Rumine pour le Miam Festival, ou des pérennes comme l’édicule des Falaises qui sera tenu par une association d’habitants ou celui du Bois-de-Beaulieu. (24 heures)

Créé: 09.05.2018, 16h34

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