Lausanne la pentue pense au repos mérité des piétons, ses «enfants chéris»

MobilitéEn matière de bancs-relais, la Ville est bien dotée mais peut mieux faire. Une première étude suisse dresse le bilan.

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A moins d’avoir le souffle d’un marathonien, il est parfois salutaire de pouvoir faire une courte pause lorsqu’on arpente les rues de la capitale olympique. Pour soulager ses piétons, mais aussi pour leur offrir un lieu de courte attente ou de pique-nique, Lausanne multiplie donc les bancs-relais, ces assises placées parfois dans des espaces incongrus et sans qualité particulière (ni vue ni arrêt de transport public).

Pour coordonner ces nouvelles implantations de bancs publics, la Ville a commandé une étude. Sur 150 ha entre le CHUV et le lac, elle répertorie ce qui existe et pointe les manques. Bilan: c’est bien, mais peut mieux faire.

«Dans l’idéal, il faudrait un banc tous les 100 à 150 mètres pour les seniors, indique Jenny Leuba, coauteur de l’étude «Concept bancs publics», première du genre en Suisse. Mais cela ne sera jamais le cas, il faut rester pragmatique.» Le chiffre avancé par la cheffe de projet à Mobilité piétonne Suisse est valable au-delà du périmètre étudié. La méthodologie développée pourra être appliquée à toute la ville mais aussi à d’autres communes, et pas seulement pour le bien des seniors.

Georgette sous-dotée

La chercheuse relève en outre que Lausanne fait office de bon élève. «C’est à ma connaissance la première ville à avoir nommé un délégué aux piétons.» Créé en 1998, ce poste est la suite logique du Plan directeur communal (PDCom) de 1996, qui donne la priorité aux piétons dans la hiérarchie des modes de déplacement, avant les transports publics, les vélos, puis les transports individuels à moteur. Sur son site, la Ville n’hésite pas à parler du piéton comme de son «enfant chéri».

Les résultats de l’étude vont dans ce sens: sur les 150 ha analysés, 585 bancs ont été répertoriés, la moitié dans les parcs de l’Elysée et du Denantou, l’autre moitié dans des espaces sans qualité particulière, les célèbres bancs-relais. A cela, il faut ajouter 96 «assises informelles», telles que murets, bornes ou rebords de fenêtre. «Ce sont des éléments importants, indique Jenny Leuba. Un muret, c’est déjà mieux que rien et ça réduit l’urgence d’installer du mobilier. Il est aussi possible d’améliorer ces assises, avec un revêtement en bois par exemple, ce qui revient moins cher qu’un nouveau banc, évalué à 2000 francs.»

Dans ses recommandations, Mobilité piétonne Suisse ajouterait seulement 44 bancs à l’ensemble, dont une bonne partie à Georgette et à Florimont, particulièrement peu dotés.

Le travail est en cours

Publiée en septembre 2015, l’étude n’a pas encore donné lieu à un calendrier d’application précis. «Par essence, une étude n’est pas statique, commente Olivier Français, municipal des Routes et de la Mobilité. Et le travail est en cours: on ajoute des bancs au fur et à mesure des demandes. Il nous arrive aussi d’en supprimer parce qu’ils sont source de perturbations, comme au sud de la Riponne.»

La Ville a investi une somme «raisonnable» pour cette méthode de radiographie, cofinancée par Mobilité piétonne Suisse. Désormais, elle coûtera quelque 5000 francs pour 5000 habitants. Une paille pour Lausanne, qui dispose d’un budget annuel de 200'000 francs pour assurer la sécurité et le confort des piétons.

Parmi les résultats obtenus ces quinze dernières années, Olivier Français cite une augmentation de 25% des zones piétonnes au centre-ville, et une zone 30 km/h ou équivalente dans près de 80% de quartiers. Et au chapitre du mobilier urbain, les architectes de la Ville ont conçu, pour répondre aux besoins spécifiques des personnes à mobilité réduite et de la déclivité lausannoise, des balustrades et un banc sobrement nommé «Lausanne» (lire ci-contre).

mobilitepietonne.ch/bancs-publics

(24 heures)

Créé: 21.10.2015, 07h14

Le fameux banc «Lausanne»

La plupart des bancs-relais qui sont installés en ville depuis 2014 sont des bancs «Lausanne». Conçu par le service d’architecture de la Ville, en bois«» des forêts lausannoises et avec une structure adaptée aux pentes de la ville, ce modèle répond aux besoins des personnes à mobilité réduite. C’est d’ailleurs à la demande d’une association qu’il a été créé entre 2009 et 2014. Son design fait appel au Modulor, système de proportions développé par Le Corbusier sur la base du nombre d’or et de la stature humaine. Ses accoudoirs, réfléchis pour aider les personnes âgées à se relever, sont aussi un moyen élégant d’y empêcher la position couchée. Le banc «Lausanne» est aussi en vente pour les privés et les autres communes

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