A Lausanne, les projets portés par la foule foisonnent

MécénatLe financement participatif fait des adeptes dans la région

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il manquait quelques milliers de francs à Michèle Schneuwly pour financer la collection automne-hiver de sa marque de vêtements pour hommes, Michel. La styliste gruérienne installée à Lausanne avait réalisé sa première collection grâce à des prix et des bourses.

Pour la seconde, elle s’est tournée vers les internautes pour réunir les fonds manquants. Pari réussi. Au terme d’une campagne de financement participatif lancée sur le site wemakeit.ch, elle a récolté les 10'000 fr. nécessaires.

A l’image de Michèle Schneuwly, les Lausannois sont de plus en plus nombreux à recourir au crowdfunding (littéralement «financement par la foule», en anglais). Le principe: en échange de leur contribution financière, les internautes reçoivent des initiateurs du projet une contrepartie à hauteur de leur soutien (objet, prestation…).

La plate-forme utilisée garde un pourcentage du montant versé. «Au début, il nous fallait beaucoup expliquer comment cela fonctionnait, il y avait un peu de suspicion, relate Sophie Ballmer, responsable de projets romands chez wemakeit. Aujourd’hui, les gens connaissent mieux, c’est rentré dans les mœurs.»

Dans le canton de Vaud, wemakeit.ch recense 171 campagnes initiées depuis le lancement de la version romande du site, en 2012. La majorité provient de la région lausannoise. Quelque 117 projets ont obtenu le financement recherché, soit plus de 800'000 fr. en tout.

La Fête du Slip est désormais rompue à l’exercice. Le festival des sexualités a lancé la semaine dernière sa troisième campagne. La somme récoltée servira à financer une partie de la troisième édition de la manifestation lausannoise.

Les organisateurs espèrent réunir 9'000 fr. C’est plus que ce qu’ils avaient demandé les années précédentes. «On demande ce qu’on pense pouvoir récolter. Plus on est connu, plus c’est facile d’obtenir de l’argent», affirme Stéphane Morey, codirecteur.

Le constat s’est vérifié avec le mythique club de rock lausannois la Dolce Vita, disparu à la fin des années 90. Lancé en novembre dernier, le projet de livre Dolce Vita, a music club! a affolé les compteurs de wemakeit en amassant plus de 35'000 fr. Les initiateurs n’en demandaient que 11'000.

Du clip vidéo au curling
Films, ouvrages, clips vidéo, projets de diplôme d’étudiants à l’ECAL, le financement participatif est très utilisé dans le domaine de la culture. Mais pas seulement. L’équipe féminine juniors de curling de Lausanne espère ainsi lever quelque 3'000 fr. sur le site Indiegogo.

Un montant qui permettrait aux joueuses de participer à plus de compétitions et d’améliorer leur niveau de jeu. «C’est difficile d’être en Ligue A. Il faut beaucoup jouer. Mais cela demande de l’argent», dit une des membres de l’équipe, Francesca Gieruc, 19 ans.

A Lausanne, les bars et restaurants s’y sont aussi mis. Les gérants du Montriond, qui investira l’édicule de Fraisse, près du parc de Milan, vont lancer une telle opération.

A voir s’ils auront autant de réussite que les tenanciers du bistrot Ta Cave. Plutôt que de chercher des investisseurs ou de faire un emprunt, ceux-ci ont préféré se tourner vers les internautes.

L’automne dernier, ils ont récolté par moins de 200'000 fr. en six jours grâce à une campagne lancée sur leur propre site. L’inauguration est prévue pour ce printemps. Avant eux, l’Association Blatte avait réuni 9'000 fr. pour rouvrir Le Blatte Bar à la place de l’ancien Pianissimo. (24 heures)

Créé: 26.01.2015, 18h10

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 13 décembre.
(Image: Bénédicte) Plus...