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Lausanne revoit sa copie pour la place du Tunnel

Le projet d’aménagements provisoires mis à l’enquête en 2016 est abandonné, il suscitait trop de réticences.

Actuellement, la place du Tunnel ressemble plus à un grand parking qu’à un espace de quartier convivial.
Actuellement, la place du Tunnel ressemble plus à un grand parking qu’à un espace de quartier convivial.
Vanessa Cardoso

Lausanne en bave avec sa place du Tunnel. Depuis plusieurs années, la Municipalité souhaite réhabiliter ce vaste espace, jugé peu avenant, en particulier car il est encombré de véhicules. En mai 2016, le Conseil communal avait débloqué 300 000 francs pour permettre aux autorités d’y effectuer des aménagements provisoires avant une plus grande refonte, couplée à celle de la place de la Riponne, à l’horizon 2024.

Mais, depuis, rien n’a vraiment changé. Et pour cause, le projet mis à l’enquête par la Ville à l’été 2016 a été abandonné. «Nous y avons entièrement renoncé car il avait suscité de très nombreuses oppositions dans le voisinage», annonce la municipale Florence Germond.

Pour autant, pas question de ne rien faire jusqu’en 2024. L’idée de proposer des aménagements temporaires reste d’actualité. «Ça devrait se faire à court terme, c’est-à-dire d’ici à la fin de 2018-début 2019, mais il nous faudra de nouveau passer par une mise à l’enquête puisque ces installations resteront sur place plus de trois mois», indique Florence Germond. À ce stade, rien de concret puisque la Municipalité évoque «des objectifs et des directions qui restent à préciser». Les interventions devraient néanmoins s’inscrire dans le cadre de la stratégie «rues vivantes», faite d’aménagements urbains légers et récemment présentée par la municipale.

Peur des nuisances

Le précédent projet s’articulait autour de trois axes: réorganiser le stationnement pour dégager de l’espace, animer la place avec des manifestations culturelles et sportives et finalement faire basculer les établissements de nuits en commerces de jour en leur aménageant de vastes terrasses. Ce pack n’a donc pas convaincu les riverains. «Des craintes sont apparues quant aux éventuelles nuisances engendrées par ces terrasses», explique Florence Germond.

«Les personnes qui s’opposent à l’animation en journée sont les mêmes qui s’opposent à l’animation en soirée. Il y a un peu d’égoïsme là-dedans, la vie du quartier devrait être plus importante que les intérêts personnels», regrette Klesta Krasniqi, présidente de l’association des riverains et gérante du Sidewalk, notamment. Cette dernière soulève un paradoxe: «Elle n’est pas si mal, cette place. Il y a des restaurants, des bars, des boutiques… et en même temps il n’y a ni toilettes publiques ni bancomat! D’un côté on se demande s’il faut changer car il y a tout pour bien faire, de l’autre on se dit que toute intervention serait bienvenue car le Tunnel a été marginalisé depuis des années.»

Si certains commerçants militent pour moins de trafic et de stationnement, d’autres y voient une potentielle perte de clientèle. «Personnellement, je suis pour un équilibre, une belle place piétonne sans pour autant empêcher complètement les gens d’y venir en voiture, propose Frédéric Seira, patron du restaurant Ium. Dans le fond, qui serait contre des terrasses, de la verdure et des animations? J’aimerais beaucoup les rencontrer! Le projet de 2016 était positif même s’il faut viser tous les publics et ne pas consacrer uniquement la place aux enfants.»

«Créer de l’attrait»

Arrivé plus récemment au Tunnel, après la reprise du Lausanne-Moudon, Yves Pannier milite aussi pour une place plus bucolique. «Il faut créer de l’attrait. Les gens ne viennent plus jusqu’ici, sauf s’ils ont une raison précise. Pourquoi ne pas envisager un petit marché, des aménagements arborés, une jolie fontaine voire un carrousel?»

Certaines de ces options seront peut-être retenues par la Municipalité. La somme accordée par le Conseil communal en 2016 sera en tout cas «réaffectée à des aménagements provisoires pour le site». Il faudra retrancher quelque 50 000 francs dépensés en études pour le projet avorté. En parallèle, le Conseil communal vient d’accorder 800'000 francs à l’Exécutif pour étudier le réaménagement des places de la Riponne et du Tunnel à l’horizon 2024, soit la seconde phase du projet.

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