Lausanne soigne son offre de bancs publics

MobilitéDéjà considérée comme exemplaire, la Ville mène une nouvelle étude pour parfaire son réseau. Objectif: 30 bancs par an.

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Lausanne reprendrait bien un peu de bancs. Après une première étude, commandée en 2015 auprès de l’association Mobilité piétonne, la Ville achève un nouveau diagnostic de son offre en bancs publics. L’idée est d’obtenir une analyse à la fois quantitative et qualitative. Alors que la première cartographie couvrait le périmètre allant de la Sallaz au Denantou en passant par le parc de Mon-Repos, la nouvelle étude concerne l’ensemble du territoire lausannois. Elle doit être achevée début 2018.

«Les bancs existants sur le domaine public ont été répertoriés, à l’exclusion des bancs présents dans les parcs, précise Florence Germond, municipale en charge de la Mobilité. Une série d’indicateurs a été définie pour caractériser chaque banc, comme la hauteur d’assise, le matériau d’assise, l’ensoleillement, la présence ou non d’accoudoirs… Cela permet d’avoir une bonne connaissance de l’offre existante et de la compléter au besoin.» Un recensement précis dont le libre accès à la population (via le guichet cartographique de la Ville par exemple) n’est pas encore envisagé.

Manques comblés

En 2015, Mobilité piétonne saluait les efforts lausannois mais recommandait l’ajout de 44 bancs, en particulier à Georgette et à Florimont, deux secteurs déficitaires en la matière. Des conclusions qui ont en partie guidé la politique municipale depuis deux ans. «Suite à cette étude, des bancs ont été posés dans différents endroits de la ville. Ces prochaines semaines, quatre autres seront d’ailleurs installés à Florimont», explique Florence Germond. Cette dernière annonce une quarantaine d’installations sur le domaine public pour l’année 2017.

Sur le terrain, il convient de différencier le périmètre géré par le Service de la mobilité (domaine public minéral) et celui du Service des parcs et domaines. À ce jour, le premier compte environ 500 bancs tandis que le second peut en revendiquer plus de 1500. C’est donc sur le domaine public qu’entend se concentrer l’action municipale. «Il est prévu de compléter l’offre existante avec une pose, principalement dans les quartiers d’habitations, de 30 à 40 bancs par année». En plus de viser les secteurs en développement ou sous-dotés, Lausanne continuera d’installer des bancs-relais, notamment pour les personnes âgées. «Les emplacements prendront en compte plusieurs facteurs comme leur lien avec des itinéraires fréquentés ou l’aspect agréable des lieux», annonce Florence Germond. Seront aussi ciblés les lieux regroupant des commerces ou des services. «On sait que, plus les habitants d’une ville ont plaisir à s’arrêter dans l’espace public, plus ils auront tendance à se déplacer à pied.» (24 heures)

Créé: 05.12.2017, 18h01

«Une stratégie presque unique en Suisse»

Dans une ville idéale, il y aurait un banc tous les 150 mètres. L’ordre de grandeur est donné par Jenny Leuba, coauteur de l’étude Concept bancs publics, menée en 2015 à Lausanne. Consciente qu’il s’agit presque d’une utopie, la spécialiste qualifie Lausanne de «ville exemplaire». «C’est novateur d’avoir une telle stratégie en matière de bancs publics, ce sont presque les seuls en Suisse. À Lausanne, il y a une bonne tendance de fond à propos des modes doux, comme le prouve la nomination d’un délégué aux piétons.»

Signe que la thématique essaime, Jenny Leuba mène actuellement à Neuchâtel une étude similaire à celle de 2015 à Lausanne. «Il y a une prise de conscience et ça devrait se poursuivre à l’avenir en lien avec le vieillissement de la population, l’indépendance des personnes âgées et les considérations de santé publique qui incitent les gens à marcher.» Et de préciser que les bancs publics reviennent systématiquement parmi les préoccupations premières des aînés quand ceux-ci sont consultés.

Applaudissant l’approche qualitative lausannoise sur les emplacements et les matériaux, Jenny Leuba précise qu’il est toujours possible d’aller plus loin. «Par exemple, en prenant en compte le fait que le banc soit abrité ou non. C’est rarement le cas et la plupart ne sont plus utilisables lorsqu’il pleut. Il faudrait donc penser une plus grande diversité d’exposition.»

Le banc «Lausanne» interroge encore

Le soupçon revient régulièrement, porté par les réseaux sociaux. Il y a quelques semaines, encore, un habitant ciblait le design du banc «Lausanne», spécialement développé par le service d’architecture de la Ville. En cause: des accoudoirs un peu trop centrés qui empêcheraient la position couchée. En 2014 déjà, à l’heure du lancement, le municipal Olivier Français balayait les reproches: «Cette histoire est ridicule. Je vois mal un collègue avoir cette intention.» Aujourd’hui, Florence Germond ne dit pas autre chose. Elle rappelle que «les bancs publics ont été choisis de façon à répondre le mieux possible aux besoins des personnes âgées et à mobilité réduite en partenariat avec les associations. Dans ce cadre, nous avons porté notre choix sur un banc qui permette la meilleure assise possible et permette de se relever aisément grâce aux accoudoirs. Ces bancs répondent donc à cet objectif uniquement, sans aucune volonté de pénaliser un autre type de population.» À noter qu’il existe des bancs Lausanne à quatre ou deux places et que l’emplacement des accoudoirs est lié à la position des supports, reliés au sol, sur lesquels ils sont fixés.

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