A Lausanne, les vieux arbres meurent de leur belle mort

NatureLa Ville ficelle une «politique de l’arbre» visant notamment à mieux protéger les anciens et leur permettre de finir leurs jours debout, tant que faire se peut.

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«On réfléchit à deux fois avant d’abattre un arbre qui vieillit et présente des défauts.» Le responsable du parc arboré lausannois, Michaël Rosselet, résume en ces termes une prise de conscience qui va croissant dans la capitale vaudoise.

Les vieux arbres, abîmés ou pas, représentent une plus-value importante pour le paysage, la faune et la flore. Plus question d’abattre les anciens au moindre signe de faiblesse. Tant que faire se peut, le Service des parcs et domaines les laisse désormais finir leurs jours debout. «L’idée est de respecter leur cycle de vie mais aussi de mort, explique Michaël Rosselet. La fin d’un arbre n’est pas toujours celle que l’on croit.» La décision de maintien d’un senior dépend d’une série de paramètres: sa valeur patrimoniale, son emplacement, ses bienfaits pour la biodiversité – sert-il d’habitat pour la faune, la flore et les champignons? – et, bien sûr, les enjeux sécuritaires.

Michaël Rosselet garde à l’esprit le scénario catastrophe: une branche ou un arbre entier tombant sur la voie publique. Il évoque «un équilibre subtil à trouver entre conservation et sécurité. On se demande quels sont les dangers encourus et ce qui peut être entrepris pour sécuriser l’arbre.» Plus le sujet est vieux, plus la surveillance est resserrée. «Mais construire un rond-point coûte plus cher que conserver un vieil arbre», précise le spécialiste. Des traitements personnalisés sont parfois prescrits, comme pour le cèdre séculaire de la place Centrale, renforcé en septembre dernier par une flèche métallique à laquelle sont arrimées les branches les plus faibles. «Nous sommes en train d’acquérir de l’expérience en testant la capacité de résilience de certains arbres, commente Michaël Rosselet. Qui sait, peut-être qu’ils dépériront dans quelques années malgré les mesures que nous avons prises.»

Municipale Verte en charge des Parcs et domaines, Natacha Litzistorf planche actuellement sur la gestion et la qualité du patrimoine arboré. L’élue ficelle une véritable «politique de l’arbre» qui sera présentée en fin d’année ou au début de l’année prochaine. Elle veut notamment protéger les intéressés des conséquences de la planification territoriale et de la densification. «Je veux donner à l’arbre une place plus importante lorsqu’il y a un processus de construction, par exemple la création d’un nouveau quartier», détaille Natacha Litzistorf. Le sujet est brûlant. 24 heures révélait récemment que près de 320 arbres seront abattus pour bâtir le futur écoquartier des Plaines-du-Loup.

Les autorités planchent aussi sur un inventaire des arbres lausannois, qui recense déjà 20'000 spécimens. Reste à répertorier les exemplaires dits remarquables en vue de leur concocter un accompagnement (et des béquilles) sur mesure.

Hêtre éternel


Joyau du parc de l’Hermitage, ce magnifique hêtre pleureur sorti tout droit d’un conte de fées date de 1855-1857. Les branches qui ont touché le sol ont pris racine, créant des marcottes. «Il pourrait bien vivre éternellement», sourit Michaël Rosselet. Son périmètre est protégé depuis 2016 par un cordon de sécurité. «Cet arbre va bien mais présente quelques signes de faiblesse. Certes, les gens ont envie de communier avec lui. Mais il fallait le préserver des ardeurs pour assurer sa survie.»

Cèdre surveillé


À l’angle de l’avenue des Bergières et du chemin du Presbytère se dresse ce majestueux cèdre du Liban, âgé de 180 ans. Il est fragilisé mais pousse bien. «On l’a soigné, explique Michaël Rosselet. On a éclaté le trottoir pour lui donner plus de place.» À l’issue de multiples expertises, les professionnels ont considéré qu’ils pouvaient éviter l’abattage, moyennant un élagage et le renouvellement du haubanage. «On lui met des béquilles et on s’assure qu’il ne présente aucun danger», résume le spécialiste.

Érable sauvé


Gardien de la Maison du Désert, cet érable sycomore aurait plus de 200 ans. Il est fissuré au niveau de sa couronne; son tronc présente une cavité. Voilà quelques années qu’il dépérissait. «On pensait l’abattre mais vu sa valeur historique et son potentiel pour la biodiversité, on a décidé de mettre en place des mesures drastiques de conservation, indique Michaël Rosselet. Des tests ont exclu tout danger.» L’érable a été fortement taillé et ses branches sont solidarisées par un nouveau haubanage. (24 heures)

Créé: 23.11.2017, 06h50

Les vergers de la Ville exposés

Les arbres fruitiers s’invitent au Forum de l’Hôtel de Ville. L’exposition «Un verger dans la ville» sera ainsi vernie ce jeudi dès 17 h 30 et visible jusqu’au 2 décembre. De grandes fresques de l’illustrateur Ambroise Héritier traiteront de la biodiversité, des variétés anciennes de fruits, des saisons ou encore de la cueillette. Cette exposition «retrace sous forme d’illustrations les approches nourricières, paysagères et sociales des vergers et des arbres fruitiers en ville», décrit la Municipalité, qui entend «ouvrir le dialogue avec la population et présenter le fruit de ses réflexions fruitières et de ses actions futures».
En parallèle de l’exposition, différentes activités sont prévues. Le vernissage de ce soir donnera lieu à une Nuit de la raisinée dont le produit sera ensuite vendu sur place. Les fondations Rétropomme et ProSpecieRara donnent une conférence le mardi 28 novembre, à 18 h, sur la conservation des variétés anciennes et proposent une balade à la rencontre des vergers urbains le mercredi 29 novembre.

Romaric Haddou

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