Lausannois, vous avez 3 mois pour avoir des idées

Budget participatifLausanne lance son premier budget participatif. Les idées jugées réalisables seront soumises au vote des habitants.

Le municipal David Payot (POP) lance un appel aux idées.

Le municipal David Payot (POP) lance un appel aux idées. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Lausanne a désormais au moins un point commun avec New York, Cologne, Bruxelles et Paris. La ville se lance comme elles dans le budget participatif. C’est Porto Alegre, au Brésil, qui a osé la première, en 1989.

En 1999, à Lausanne, c’était le popiste Marc Vuilleumier qui avait tenté d’instaurer la mesure. Avaient suivi, en 2014, le PLR Pierre-Antoine Hildbrand, puis Natacha Litzistorf (Les Verts) et, plus récemment encore, l’UDC Fabrice Moscheni. Bref, il n’y a plus ou moins que les socialistes lausannois qui n’ont pas réclamé l’expérience aujourd’hui menée par le popiste David Payot, chargé de l’Enfance, de la Jeunesse et des Quartiers.

«Renforcer les liens sociaux»

Le concept est assez simple. Il s’agit, pour les autorités, d’octroyer à des habitants une subvention pour qu’ils puissent mener à bien un projet pour leur quartier. Une façon de «reconnaître plus largement le rôle des acteurs non étatiques», relève David Payot. Si le principe est accepté depuis mai 2015, David Payot en a présenté les modalités fines lundi matin devant la presse. Première phase annoncée, celle qui débute dès maintenant sur la plateforme my.lausanne.ch: «l’idéation», dit Damien Wirths, coordinateur des quartiers. Comprendre: la récolte des idées.

Les règles imposées par les autorités obligent à être «un embryon de communauté» pour pouvoir soumettre un projet. Soit trois personnes au minimum. Celles-ci doivent en sus trouver dans leur quartier une dizaine de «parrains ou marraines» qui soient d’accord de soutenir leur envie.

Deuxième étape, dès le mois d’avril, avec l’évaluation, «sous la responsabilité de la Ville», de la faisabilité des projets. Elle examinera avant tout la légalité des idées, mais aussi leur insertion dans les compétences locales et leur coût. L’enveloppe 2019 compte 100 000 francs mais un projet choisi ne peut dépasser les 20'000 francs. La phase pilote prévoit de renouveler l’expérience en 2020 avec 200'000 francs et en 2021 avec 300'000 francs.

Une aide de la Commission fédérale des migrations sur l’ensemble de la période ajoute 234'000 francs au financement de la démarche. Les projets écartés seront rendus publics et leur refus expliqué.

Une fois que les brillantes et nombreuses idées des Lausannois pour «améliorer la qualité de vie des quartiers ou renforcer les liens sociaux» auront été sélectionnées, place à la consultation populaire!

Vote numérique et papier

De la mi-juin à septembre, les citoyens devenus défenseurs de leur idée partiront en campagne. Présentations publiques, séances d’information et finalement vote s’enchaîneront. Tous les Lausannois pourront s’exprimer sur internet, mais aussi dans de bonnes vieilles urnes, placées dans les différents quartiers.

Au fil du processus, les citoyens désireux de se lancer pourront bénéficier de l’encadrement de professionnels, spécialistes des projets participatifs: l’association Reliefs et l’atelier Olga (architecture et urbanisme).

Une vidéo, réalisée par messieurs.ch (la même agence que pour la campagne contre le harcèlement de rue), suggère plus qu’elle ne montre des exemples concrets de ce qui pourrait sortir de cette politique de budget participatif. On y distingue des artistes en représentation à Montbenon, des cuisiniers en plein air à la rue de Bourg, des danseurs sur la Riponne…

David Payot dit souhaiter laisser un maximum de place à l’imagination et à la créativité des citoyens. Il parle d’infrastructures urbaines ou encore d’«événements de quartiers». Estelle Papaux, secrétaire générale de la Direction de l’enfance, de la jeunesse et des quartiers, souligne que si des projets devaient être trop en décalage avec la politique générale de la Ville, ils seraient écartés. La Ville n’autoriserait par exemple pas de «raser une forêt», dit-elle.

Créé: 14.01.2019, 20h36

Articles en relation

Les élus se déchaînent sur l’animation des quartiers

Lausanne Le Conseil communal demande plus de lisibilité à David Payot sur sa politique des quartiers. Plus...

Un catalyseur pour lier les réseaux des quartiers

Lausanne La Ville de Lausanne présente une politique des quartiers qui instaure un budget participatif et un coordinateur. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.