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Les Lausannois ont retrouvé leur musée

Près de 2000 visiteurs ont redécouvert ce week-end un Musée historique centenaire au visage inédit. Reportage.

Les anciennes verrières bleues ont été démontées au profit d'une façade entièrement retravaillée.
Les anciennes verrières bleues ont été démontées au profit d'une façade entièrement retravaillée.
ODILE MEYLAN
La façade a été refaite avec la technique du sgraffite.
La façade a été refaite avec la technique du sgraffite.
ODILE MEYLAN
Près de 2000 visiteurs ont redécouvert le MHL lors du premier week-end.
Près de 2000 visiteurs ont redécouvert le MHL lors du premier week-end.
ODILE MEYLAN
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«Papa, c’est qui Daniel Brélaz?» L’ancien syndic de Lausanne est entré au musée. Dans la nouvelle exposition permanente du Musée historique de Lausanne (MHL), plusieurs hommages lui sont rendus. Le bâtiment a rouvert ses portes ce week-end, après trois ans de fermeture pour rénovation. Près de 2000 visiteurs se sont pressés par un temps estival, entre amis ou en famille, à l’inauguration de leur musée qui fête son centenaire, fébriles de le découvrir flambant neuf. «C’est symptomatique d’une curiosité du public après une longue fermeture, depuis le 1er juillet 2015, se réjouit Laurent Golay, directeur du MHL. C’était un long projet, qui a duré dix ans, en plus des trois ans de travaux.» Laurent Golay a pris les rênes de l’institution en 2003, tandis que l’exposition permanente d’alors datait… d’une trentaine d’années. Ce projet de transformation s’est tout de suite imposé à lui comme une évidence.

Les travaux ont cependant pris plus de temps que prévu. La réfection de la façade et l’installation d’une buvette dans le jardin ont nécessité la validation d’un montant supplémentaire par le Conseil communal. Les travaux visant à débarrasser la façade des anciennes verrières bleues, bien connues du grand public, ont ainsi été réalisés dans des délais très serrés. Et, à cause de l’hiver particulièrement rigoureux, le chantier a été arrêté une semaine. De plus, le délicat travail sur l’enveloppe extérieure était irréalisable au-dessous de 5 degrés. C’est donc avec soulagement que Laurent Golay a pu inaugurer son musée avec une façade terminée. Enfin presque… La porte monumentale qui doit fermer le sas d’entrée n’a pas pu être posée. Le musée devra être fermé un ou deux jours dans environ un mois afin de l’installer.

Il est intéressant de mélanger les genres. Ça illustre la réalité des collections, très riches dans notre musée

Ce détail n’a pas contrarié l’enthousiasme des visiteurs pour la nouvelle muséographie, qui bouscule les habitudes. En effet, la logique de la présentation chronologique a été abandonnée au profit d’une exposition thématique. La première salle conserve une ligne du temps qui répertorie des dates importantes, mais déroute aussi. Que fait une évocation de la consécration de la cathédrale en présence du pape et de l’empereur datant du XIIIe siècle à côté d’une photo d’un militant de «Lôzane bouge» en pleine manif et de l’affiche d’une soirée à la Dolce Vita? «La figure de l’évêque renvoie à l’hégémonie culturelle de l’Eglise, qui est à mettre en perspective avec la politique culturelle contemporaine. Il est aussi intéressant de mélanger les genres. Ça illustre la réalité des collections, très riches dans un musée historique. On a de tout.»

Au total, seuls 15% à 20% des œuvres de l’ancienne exposition permanente sont exposées. Comme des œuvres du Moyen Age ou le fameux plan de David Buttet qui a servi à construire la maquette de la ville de Lausanne. Une salle lui est aujourd’hui entièrement consacrée.

Grande nouveauté: alors que les pièces montrées auparavant dataient au plus tard de la fin du XIXe siècle, le directeur a choisi d’en faire sortir du dépôt de plus contemporaines. Il a notamment sélectionné une pompe à essence de 1929 ou un daguerréotype de l’artiste italien Friedrich von Martens, qui illustre les débuts de la photographie à Lausanne.

Un musée résolument moderne

La nouvelle exposition permanente s’inscrit désormais résolument dans son temps, notamment avec la prise en compte de questions sociales et politiques, ce qui n’était pas le cas dans l’ancienne formule. La précarité et l’insalubrité des habitations dans les quartiers populaires au XIXe siècle, les logements sociaux, le chômage, des photographies de travailleurs et de saisonniers, l’immigration, autant de thèmes à côté desquels Laurent Golay ne se voyait pas passer, même s’il avoue qu’il aurait souhaité leur consacrer davantage de place.

En ce dimanche radieux cependant, l’un des espaces les plus appréciés du public était… la buvette en plein air. L’autre grande nouveauté du MHL bénéficie de l’une des plus belles vues qui soient sur la ville, et permet aux visiteurs, lors des beaux jours, de prendre une pause rafraîchissante en sirotant une limonade maison.

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