Les locataires de Druey ont deux mois pour partir

LausanneAprès sept ans de procédures, le Tribunal fédéral donne raison à un propriétaire d’immeuble. Le PS crie à l’inhumanité.

Parmi la cinquantaine d'appartements de la barre d'immeuble de l'avenue Druey 22 à 30, une trentaine est encore occupée par des locataires qui étaient déjà là en 2012.

Parmi la cinquantaine d'appartements de la barre d'immeuble de l'avenue Druey 22 à 30, une trentaine est encore occupée par des locataires qui étaient déjà là en 2012. Image: Christian Brun - A

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Fin de la saga pour les habitants de l’immeuble de l’avenue Druey 22-30. Après sept ans de procédure, le Tribunal fédéral vient de leur signifier qu’ils devront quitter leurs appartements pour permettre au propriétaire, Philippe Débaz, de rénover l’entier de son bâtiment. Le TF confirme ainsi une décision de 2018 du Tribunal cantonal mais aussi le délai fixé à l’époque pour le départ des locataires, à savoir juillet 2019. «Une situation humainement inacceptable», d’après le conseiller communal socialiste Benoît Gaillard qui dépose ce mardi une interpellation urgente au Conseil communal.

Sur la cinquantaine de logements concernés, une trentaine est toujours occupée par des locataires qui étaient déjà là en août 2012, au moment de la résiliation des baux. «D’après mes informations, les autres ont été reloués, parfois meublés, parfois à la chambre. Est-ce conforme à la loi?» interroge en premier lieu l’élu. Il demande aussi à la Municipalité sous quelles conditions elle a accordé le permis de construire, après deux refus pour des projets jugés trop lourds. Enfin, il questionne une possible aide au relogement et une éventuelle prolongation du délai de départ en lien avec le début effectif des travaux.

Réunis en association, les habitants sont d’autant plus révoltés qu’au début de la procédure, le Tribunal des baux leur avait donné raison, estimant que le projet du propriétaire était trop peu élaboré au moment des résiliations. «C’est très dur. Nous avons quelques semaines pour déménager sans quoi des mesures d’expulsion pourraient être mises en place», soupire Catherine Mathez, présidente de l’association Druey 2230. Elle déplore une «très mauvaise nouvelle pour le milieu locatif suisse. Ce pourrait être une jurisprudence qui ouvre la voie à toutes les dérives et à des résiliations massives catastrophiques. Sans compter qu’on retire du marché des appartements aux loyers modérés qui permettent à certaines personnes de survivre».

«C'est le moment de montrer que les autorités veulent faire le maximum en faveur des logements à loyer abordable. Des familles sont à la merci d’un propriétaire aux visées spéculatives et il semble nécessaire de rouvrir le débat», ajoute Benoît Gaillard.

Les élus lausannois ont massivement soutenu une résolution du socialiste demandant aux autorités «dans tous les interstices légaux, de mettre la pression sur ce propriétaire».

(24 heures)

Créé: 21.05.2019, 23h34

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