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Les locataires du Simplon bientôt tous relogés

L'agrandissement de la gare de Lausanne les a chassés de leur appartement. Mais l'histoire finit bien.

Olivier Dorsaz dans son nouvel appartement de Montelly qu’il trouve «vraiment bien étudié».
Olivier Dorsaz dans son nouvel appartement de Montelly qu’il trouve «vraiment bien étudié».
VANESSA CARDOSO

Olivier Dorsaz, fringant septuagénaire, n’imaginait pas quitter le quartier Sous-Gare à Lausanne, où il habitait depuis cinquante ans. Et pourtant, il a bien fallu, pour laisser la place à l’agrandissement de la gare…

Mais depuis octobre, il habite à Montelly un 50 m2 lumineux et flambant neuf, isolé aux normes Minergie. «J’ai eu un coup de bourdon au moment du déménagement, admet le nouveau locataire, mais l’appartement est bien. Il est autoventilé et très bien insonorisé.» Comme M. Dorsaz, 44 locataires ont désormais un nouveau toit. Cette issue semblait improbable au soir du 5 juillet 2011, quand les CFF ont fait leur première annonce. Les habitants du quartier Sous-Gare sont sortis abasourdis de la séance. À cette époque, 82 logements devaient être sacrifiés, dans un contexte de pénurie endémique. Les CFF n’avaient pas évoqué d’aide au relogement.

La résistance s’est vite organisée, tandis que l’ancienne régie et la Ville se posaient progressivement en partenaires. Un an plus tard, une convention était signée, garantissant un accompagnement et des indemnités. Au fil des années, le dialogue s’est installé. Les 82 ménages concernés sont devenus 53 puisque les Épinettes ont finalement été épargnées. Aujourd’hui, ils ne sont plus que neuf à devoir retrouver un toit. Ils seront aidés comme les autres.

«J’ai d’abord refusé»

Olivier Dorsaz n’a jamais eu de doutes: «Je savais qu’on ne nous laisserait pas tomber. Lausanne nous a aidés, les CFF aussi.» Au départ, la gérance lui a proposé de petits appartements: «Dans 30 m2, je n’arrivais pas à mettre mes meubles. J’ai refusé. Et puis, il y a eu cette occasion à Montelly. C’est moins bien centré que Sous-Gare, mais il y a quand même tout ce qu’il me faut.»

Alors que l’histoire était mal partie, elle débouche sur des relations inattendues entre les autorités et les habitants. La municipale Natacha Litzistorf, qui a repris le dossier des mains de Grégoire Junod, raconte qu’elle connaît désormais le cas de chaque locataire et qu’elle en parle avec les CFF comme si c’étaient des connaissances de longue date: «Nous nous sommes d’abord concentrés sur les populations sensibles et leur avons proposé des subventionnés. Une plate-forme d’échange a été montée, où les annonces d’appartements disponibles ont pu être consultées en priorité par les locataires de la gare.» Un immeuble de 22 logements sera en outre construit à l’avenue de Cour, où les derniers habitants du Simplon pourront s’installer s’ils le veulent. Aux CFF, Laurent Amez-Droz, responsable du secteur immobilier pour la région Ouest, regarde en arrière avec satisfaction: «Au début, nous avons sous-estimé l’attachement des locataires au quartier Sous-Gare. Je voulais annoncer les travaux assez tôt pour qu’ils aient le temps de se retourner. Mais lors de la première année, il y a eu une période de déni avec un désir des gens de faire revoir les plans. Puis nous avons expliqué et expliqué encore. Au bout d’un an, nous nous sommes retrouvés au Chalet des Enfants pour signer la convention et l’ambiance s’est détendue. C’est un très bon souvenir. Avec le recul, je suis assez fier de la manière dont nous avons accompagné ce dossier. Certains locataires sont devenus des amis.»

Président de l’Association des riverains de la gare de Lausanne (ARGL), Adrien Birbaumer parle lui aussi d’une opération finalement positive: «Au départ, la question du logement n’était pas prise en compte, mais il y a eu une bonne correction de tir. Maintenant, nous allons rester présents pour nous assurer que ceux qui restent soient correctement informés durant les travaux. Il y en a quand même pour huit ans!»

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