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À Lutry, le nouveau tunnel se construit sur l’ancien

Le tunnel ferroviaire de la gare est agrandi pour les trains à deux étages. Des travaux sous haute surveillance environnementale.

Des trous de 16,6 mètres de profond accueillent les 244 pieux de béton armé de 1,2 mètre de diamètre. Ils supporteront le plafond de la nouvelle galerie.
Des trous de 16,6 mètres de profond accueillent les 244 pieux de béton armé de 1,2 mètre de diamètre. Ils supporteront le plafond de la nouvelle galerie.
Patrick Martin
Avec un PH de 11 ou 12 au sortir du chantier, l'eau ne peut pas être reversée dans les canalisations. Après décantage et traitement au CO2, le PH descend à 7.
Avec un PH de 11 ou 12 au sortir du chantier, l'eau ne peut pas être reversée dans les canalisations. Après décantage et traitement au CO2, le PH descend à 7.
Patrick Martin
Une niche pierreuse a été aménagée - et restera - pour abriter la petite faune délogée de certains murs de vignes démolis.
Une niche pierreuse a été aménagée - et restera - pour abriter la petite faune délogée de certains murs de vignes démolis.
Patrick Martin
La colline Bertholod a été creusée pour construire le nouveau tunnel depuis le haut.
La colline Bertholod a été creusée pour construire le nouveau tunnel depuis le haut.
Patrick Martin
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C’est un peu le monde à l’envers, au nord de la tour Bertholod. Le chantier CFF qui y est mené depuis février et qui durera jusqu’en mars 2021 est destiné à mettre aux normes le tunnel entré en service en 1861, afin de permettre le passage des trains à deux étages (ils y circulent grâce à une dérogation de la Confédération). Mais comme la ligne du Simplon voit passer quelque 280 trains par jour, il est exclu d’interrompre le trafic. Cette contrainte a obligé les CFF à construire le nouveau tunnel autour de l’ancien. Ce dernier sera démoli lors de deux opérations «coups-de-poing», les 29-30 août et 12-13 septembre 2020.

Ainsi, le trou impressionnant qui a été creusé dans la colline Bertholod atteint en fait le niveau de la future dalle supérieure du tunnel. Pour soutenir ce plafond, quelque 244 pieux de béton armé (4800 m3!) sont coulés le long des parois de l’actuelle galerie, qui sera à terme élargie et rehaussée de 2 mètres (de 8 à 10 en largeur, de 6 à 8 en hauteur). Ces pieux de 1,20 m de large et 16,6 m de long sont imbriqués les uns dans les autres pour davantage de stabilité.

Périmètre de Lavaux Unesco

Ce chantier de tous les superlatifs – devisé à 19 millions de francs – est mené dans une région naturelle et paysagère particulière: on est en effet tout juste dans le périmètre de protection de Lavaux. La surveillance est donc accrue. La Commission consultative de Lavaux aura son mot à dire quant au nouveau portail du tunnel, qui ne sera plus arrondi, mais composé de granulats aux teintes des murs environnants. Les murs de vignes qui ont dû être démontés seront replacés à l’identique.

Les quelque 12 400 m2 de vignes arrachées pour le chantier seront également replantés. Elles font principalement partie du vignoble de Payerne, qui a touché une indemnisation de près de 1 million de francs pour perte de récolte durant cinq ans (deux de chantier et trois de reconstitution). Deux particuliers et Corcelles-près-Payerne ont également été indemnisés.

La surveillance est aussi de mise au niveau environnemental. La terre du vignoble excavé est triée en trois couches – la terre végétale au-dessus, la couche sous-jacente, dans laquelle on trouve aussi de la vie, et enfin le sous-sol. Ces couches sont réparties en trois tas de hauteurs différentes, pour éviter un tassement trop grand des sols vivants, et ensemencées de luzerne pour empêcher la prolifération de plantes invasives et aérer ces sols. Laissée sur place – évitant ainsi le bal des camions et 40 tonnes d’émission de CO2, selon les calculs des CFF, soit 18 allers-retours Genève-New York en avion –, la terre sera replacée dans l’ordre d’excavation.

Mini-STEP et abri à lézards

Un peu à l’écart du chantier, une mini-STEP a été installée pour traiter l’eau rejetée. Celle-ci est mesurée à un pH de 11-12 sur le chantier, soit un niveau très corrosif qui interdit de l’évacuer dans les canalisations. Le test effectué sur place par Alain Stuber, du bureau d’études en environnement montreusien Hintermann & Weber, nous montre qu’elle sort à 7 après décantage et traitement au CO2.

La petite faune qui prolifère sur les talus des voies CFF – lézards, campagnols, couleuvres, escargots – n’a pas été oubliée. Une niche pierreuse, avec une partie hors gel, a été aménagée pour pallier la destruction de certains murs de vignes. «Tous les reptiles sont protégés en Suisse», rappelle Alain Stuber. Les lézards dérangés dans leur hibernation ont été capturés puis déplacés.

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