La maman d’Alessia et Livia: «Je ne pouvais pas imaginer rester dans mon canapé à ne rien faire»

Jumelles disparuesIrina Lucidi donne en ce moment à Saint-Sulpice une conférence de presse annonçant la création de sa fondation Missing Children Switzerland, dévolue aux enfants disparus. Nous l’avons rencontrée. Publié le 07.10.2011

Irina Lucidi.

Patrick Martin

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- Comment allez-vous?

- De toute façon, il faut survivre. Isabel Allende a dit: «Il n’est pas facile de mourir.» Chaque jour, c’est un choix. Que faire de cette journée, de cette tristesse? Je ne pouvais pas imaginer rester dans mon canapé à ne rien faire.

- Vous lancez votre fondation le jour du 7e?anniversaire de vos filles. Pourquoi choisir cette date émotionnelle?

- Je le fais pour elles, c’est mon cadeau. Je crois que je leur dois bien ça. J’avais le choix: c’était soit ça, soit rester à la maison vautrée sur mon canapé. J’avais besoin de transformer ma rage, ma tristesse et mon désarroi au bénéfice d’autres enfants. Je considère qu’en tant qu’adulte, nous avons l’obligation de les protéger et qu’aujourd’hui, en Suisse, il y a peu de mesures prévues en cas de disparition de mineurs.

- En voulez-vous à la police vaudoise d’avoir réagi trop tardivement?

- Non. La police a fait vraiment tout ce qu’elle a pu dans les conditions actuelles, d’autant que ce n’est pas une histoire qui les a laissés indifférents. Techniquement, il n’y a pas eu d’erreurs. Le problème c’est qu’aujourd’hui, il y a une absence de sensibilisation massive à la disparition de mineur. Il n’y a pas d’automatisme pour y faire face. Mon moteur, c’est de développer un modèle de loi suisse qui pourrait être transposé à l’étranger. - Avez-vous été dépassée par les initiatives privées et la vague de solidarité qui ont entouré la disparition de vos filles? - Sincèrement, pas du tout. Ça m’a fait beaucoup de bien, je ne me suis pas sentie seule. Je me suis dit que quelqu’un me relayait dans mon combat et que je pouvais me reposer et penser à moi. C’était soulageant de savoir que d’autres prenaient le relais et que je pouvais me concentrer sur mon deuil. Et puis, ça conforte dans l’humanité, quand même. (24 heures)

Créé: 21.12.2011, 11h16

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