La Maraude accuse Lausanne de l’empêcher d’aider

Aide socialeLa Municipalité est sceptique sur la distribution de nourriture à Chauderon et refuse le stationnement aux bénévoles.

La Maraude aimerait pouvoir stationner ses véhicules à la Riponne et à Chauderon pour offrir vêtements et nourriture. La Ville s'interroge sur les bénéficiaires.

La Maraude aimerait pouvoir stationner ses véhicules à la Riponne et à Chauderon pour offrir vêtements et nourriture. La Ville s'interroge sur les bénéficiaires. Image: Vanessa Cardoso

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Prière d’aller aider ailleurs. Si la Ville de Lausanne ne l’exprime pas ainsi, c’est le message qu’elle semble envoyer au mouvement citoyen La Maraude. Le cœur du débat n’est pas nouveau et concerne la distribution de vêtements et de nourriture effectuée par les bénévoles à la place Chauderon. Le fait qu’elle puisse bénéficier à des dealers avait fait grincer des dents en février, chez certains citoyens et au Conseil communal. Désormais, la problématique gagne le terrain administratif, comme l’expliquait Le Courrier mercredi. La Municipalité et La Maraude s’écharpent autour des autorisations de stationner demandées par les bénévoles.

«Nous avons reçu deux autorisations, en juillet 2016 et janvier 2017, débute le bénévole Christian Roy. La première pour deux véhicules à la Riponne, la seconde pour un troisième véhicule à la Riponne et un autre à Chauderon. Après quoi 20 minutes a écrit un article qui nous était défavorable et qui a suscité des réactions politiques. Depuis, nos autorisations ont été invalidées.»

Sur ce point, la Ville indique qu’elle n’a délivré qu’une seule autorisation, pour la Riponne, et qu’elle n’était pas pérenne. «Rien ne mentionnait qu’il s’agissait d’une période déterminée», réagit Christian Roy. Mais, au-delà de la forme, c’est bien le fond de l’histoire qui fait jaser. «Dans tous les cas, la distribution effectuée à Chauderon n’atteignait pas les buts escomptés en matière d’aide sociale, tranche le municipal de la Police, Pierre-Antoine Hildbrand. Notre dispositif est soucieux que personne ne passe la nuit le ventre vide, mais à cette heure et à cet endroit ne se trouvent que ceux qui ne souhaitent pas interrompre leurs activités illicites.»

Le municipal renvoie par ailleurs aux propos de son collègue Oscar Tosato, municipal de la Cohésion sociale. Dans Le Courrier, ce dernier indiquait que l’activité de La Maraude, en fin de soirée, pouvait être complémentaire au dispositif officiel, mais que la distribution à Chauderon ne correspond pas à «une nécessité en termes de politique sociale».

Face au dispositif officiel, La Maraude semble osciller entre le rôle de l’ami bienveillant qui dépanne et celui du pote gentil qui encombre. «Nous n’interdisons pas aux bénévoles qui souhaitent distribuer de la nourriture de le faire. Nous n’avons toutefois pas vocation à donner des autorisations pour l’utilisation du domaine public lorsque le cadre légal n’est pas respecté», résume d’ailleurs Pierre-Antoine Hildbrand. «Nous ne spolions aucune institution car la nourriture que nous distribuons serait jetée sinon, défend Christian Roy. Nous ne voulons pas nous substituer, simplement avoir des autorisations de stationnement et les conditions associées pour mener notre action, sans distinction parmi les bénéficiaires.» La Maraude déplore que la Municipalité temporise malgré plusieurs relances.

Sensible, le sujet promet de dépasser le cadre des discussions entre les deux parties. Chef du groupe Ensemble à Gauche au Conseil communal, Alain Hubler envisage déjà une intervention lors de la prochaine séance, fin octobre. «Je suis très étonné de voir que le municipal Hildbrand, en bon libéral, s’oppose à une initiative privée, démarre l’élu. Les gens qui viennent à La Maraude sont des nécessiteux. Si certains dealent, c’est une autre histoire qui n’a rien à voir avec le fait de manger, sauf s’il s’agit de leur faire payer leurs activités.» Soulignant une démarche complémentaire à l’offre de la Ville, Alain Hubler s’interroge sur les motivations des autorités: «S’ils sont vraiment opposés au principe, c’est un peu pathétique d’utiliser le levier du stationnement. Dans le cas contraire, il serait judicieux de s’asseoir autour d’une table pour négocier des lieux de distribution». (24 heures)

Créé: 11.10.2017, 19h49

Articles en relation

Un distributeur à duvets pour les SDF

Lausanne L'armoire à couvertures et à sacs de couchage a été inaugurée samedi par des membres de la Maraude, sur un modèle existant déjà à Genève. Plus...

Migrants, Roms, toxicos, ils sont 200 à dormir à la rue

Lausanne Les bénévoles multiplient les maraudes auprès des SDF de la capitale vaudoise, quand bien même le «bunker» de la Vallée de la Jeunesse ouvre ses portes mardi 1er novembre. Plus...

«Le mot d'ordre est clair: personne ne doit dormir dehors»

Lausanne Les autorités activent le plan Grand Froid et aménagent trente places d’hébergement supplémentaires pour les sans-abri Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Johnny monument national. (Paru le 9 décembre)
(Image: Vallott) Plus...