Marc Vuilleumier fait une croix sur la Municipalité de Lausanne

Elections communalesLe popiste assume sa candidature au National mais ne briguera pas un troisième mandat à l’Exécutif de la capitale vaudoise.

La création du centre sportif de Praz-Séchaud, né en réponse à des troubles sociaux, est une fierté pour Marc Vuilleumier.

La création du centre sportif de Praz-Séchaud, né en réponse à des troubles sociaux, est une fierté pour Marc Vuilleumier. Image: FLORIAN CELLA

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Elu en 2006 à la Municipalité de Lausanne, Marc Vuilleumier ne se représentera pas aux élections communales de février prochain. Brillamment réélu en 2011, le popiste a pourtant été sollicité pour rempiler car son parti craint de perdre son siège au terme de la législature. Mais ces dernières années n’auront pas été simples pour l’élu. Et la construction, enfin programmée, de grosses infrastructures sportives ne suffiront pas à le retenir.

«La réalisation à venir des projets sportifs comme Malley, le centre de foot de la Tuilière ou encore les Jeux olympiques de la jeunesse, m’ont fait hésiter», dit Marc Vuilleumier. Mais pour le municipal en charge des Sports, intégration et protection de la population, la balance s’est chargée dans l’autre sens.

Agé de 64 ans, le popiste explique avoir mûri son choix avant de se déterminer, il y a deux mois environ. La possibilité pour lui de pouvoir passer le témoin a été décisive. «Le POP n’est pas un parti qui a la motivation d’être toujours représenté dans un Exécutif mais nous avons un candidat potentiel», dévoile Marc Vuilleumier. La personne en question ne sera que candidate à la candidature. Le choix du groupe La Gauche devrait tomber après les élections fédérale.

Pas une surprise

L’annonce n’est pas une surprise. La position du popiste, au bas de la liste des candidats au National, a été perçue, bien qu’il s’en défende, comme un signe de retrait. «J’assumerai en cas d’élection», dit-il. Mais c’est surtout l’épisode qui l’a vu lâcher le dossier de la police, en 2012, qui a pesé sur cette dernière législature. «Pour moi, ce n’est pas un échec car je n’ai pas le sentiment de m’être débarrassé d’un problème», assure Marc Vuilleumier.

A cette époque, la présence des mendiants roms s’additionnait à celle des dealers de rue et à l’accumulation de bagarres nocturnes, dont l’une a frisé le code en nécessitant l’intervention d’une soixantaine d’agents. On avait alors parlé d’émeute.

Exposé dans son camp par sa posture d’élu POP à la tête de la Police, Marc Vuilleumier a encaissé les attaques avant de lâcher prise. «Si j’ai fait quelque chose de faux, c’est d’avoir trop pris sur moi», dit-il. Mais sa position au sein du collège municipal s’est affaiblie. «A l’époque, j’aurai préféré que mes collègues de la majorité me tendent la main: aujourd’hui, les Roms ne sont plus perçus comme une question de sécurité, confie Marc Vuilleumier. Mais être municipal est un métier où l’on est bien seul.»

Pourtant, le popiste avait pris des mesures. Il estime avoir obtenu des résultats en instaurant des règles éthiques au sein du corps de police. «Et lorsque j’ai présenté une augmentation de 60 agents, ça n’avait pas fait plaisir en séance de Municipalité», rappelle Marc Vuilleumier. Mais c’est son collègue socialiste Grégoire Junod qui en retirera les bénéfices, après une reprise en mains énergique du dicastère de la Police.

Popularité remarquable

Homme de terrain, de contacts, l’ancien directeur d’EMS jouit d’une popularité remarquable. En 2011, il avait été réélu en deuxième place, à une cinquantaine de voix d’Oscar Tosato. Son rôle de président de l’AVIVO n’est pas pour rien dans ce succès. Le tableau est plus qu’honorable avec cinq élections au Conseil communal, trois au Grand Conseil et deux à la Municipalité.

Marc Vuilleumier s’est émancipé dans les quartiers. La création du Centre sportif de Praz-Séchaud, né en réponse à des problèmes sociaux, fait partie de ses grandes fiertés. «Après la police, j’avais reçu le Bureau de l’intégration dans un état de déliquescence avancé, ajoute-t-il. Maintenant il fonctionne et obtient même un financement fédéral.»

Au moment de s’orienter vers sa retraite, le municipal entend conserver des activités. Notamment auprès de la Fondation de l’Orme, l’EMS qu’il a façonné et dirigé. Des balades au Pas-de-Calais compléteront le tableau. Sans oublier le sport. «J’ai eu le privilège de m’en occuper à Lausanne mais j’aurai toujours le regret de voir le FC Lausanne-Sport attendre jusqu’en 2019 pour inaugurer son nouveau stade. J’aurais bien voulu être là à ce moment.»

Créé: 16.09.2015, 18h43

La campagne peut commencer

Il y aura donc trois sièges municipaux laissés vacants à Lausanne lors des élections de février. Un à droite, deux à gauche. L’Alliance de Gauche
de 2006 se retrouve avec deux sièges fragilisés. Si les trois socialistes sortants et le Vert Jean-Yves Pidoux ne semblent pas menacés, les deux candidats PLR ont désormais une chance supplémentaire de passer la rampe ensemble. «Cette nouvelle ouvre vraiment la campagne», se?réjouissent les candidats PLR, Mathieu Blanc et Pierre-Antoine Hildbrand.

«Mais si La?Gauche présente un candidat solide, qui a envie de siéger à la Municipalité et qui fait une bonne campagne, les deux sièges ne sont pas acquis à la droite», analyse le socialiste Benoît Gaillard. Du côté des Verts, on ne dit pas autre chose. «Le but est de maintenir l’Alliance de Gauche, souligne la présidente de section, Léonore Porchet. Donc elle n’est a priori pas remise en question. Surtout que La Gauche est très souvent à nos côtés pour les questions écologiques.» Les deux membres de l’alliance attendent impatiemment de savoir qui sera le poulain de La?Gauche.

Le popiste Alain Hubler promet en tout cas une candidature, dont le nom n’est pas dévoilé. Reste encore à réunir les différentes mouvances de La?Gauche afin d’arrêter un choix.

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