Passer au contenu principal

Au marché de Lausanne, le difficile respect des précautions

Samedi matin, moins de monde et des comportements à géométrie variable.

Difficile de respecter les espaces entre les gens dans les files d'attente ou côte à côte, sur les étals.
Difficile de respecter les espaces entre les gens dans les files d'attente ou côte à côte, sur les étals.
Christian Brun
9h, au marché de Lausanne samedi 14 mars.
9h, au marché de Lausanne samedi 14 mars.
Christian Brun
Des affichettes sont aposees et distribuees par la police et la PC a la foule visitant le Marche de  Lausanne,  suite au decisions gouvernementales  liees a l'epidemie de Coronavirus. Ce samedi mars 2020. (24 Heures/Christian Brun) Lausanne, Coronavirus, COVID-19,
Des affichettes sont aposees et distribuees par la police et la PC a la foule visitant le Marche de Lausanne, suite au decisions gouvernementales liees a l'epidemie de Coronavirus. Ce samedi mars 2020. (24 Heures/Christian Brun) Lausanne, Coronavirus, COVID-19,
Christian Brun
1 / 7

Il y avait presque autant de stands que de pratiques, samedi matin, au marché de Lausanne. Moins de 24 heures après l’annonce des mesures prises pour tenter de contenir la propagation du coronavirus, beaucoup se posent des questions sur l’attitude à adopter.

Tôt le matin, des membres de la Protection civile en binôme avec des policiers lausannois sillonnent les étals et distribuent le flyer officiel listant les précautions à prendre. Et expliquent, détaillent les mesures. Pour rappel, il est conseillé de se tenir à 2 mètres des autres gens, de ne pas serrer de main ou encore de se laver régulièrement les mains.

Sur le coup des 8h, le marché prend vie et certains habitués assurent: «Il n’y a personne!» Comme partout en ville, la diminution du nombre de badauds est évidente. Saint-François et la rue de Bourg accueillent clairement moins d’étals que d’ordinaire. A la distribution de flyers, on croise le municipal de police lausannois Pierre-Antoine Hildbrand accompagné du binôme ad hoc. Convaincu qu’il faut maintenir le marché, l’élu veille à sensibiliser ceux qu’il croise.

----------

Voir le contenu

----------

Et il y a de tout: quelques inévitables masqués, un nombre important de personnes âgées, des jeunes, des enfants et leurs parents. Bref, la clientèle habituelle n'est pas transformée.

Installée dans la rue du Pont, une maraîchère estime que la journée a débuté normalement. «Nous pensions qu’il y aurait plus de monde très tôt, mais ça n’est pas vraiment le cas. Il n’y pas foule, c’est assez étalé.» Sur la Palud, autour des 9h, une foule moins compacte que d’ordinaire mais bien présente.

Au célèbre stand du lait, la distance entre les clients qui forment la longue file d’attente est un peu plus grande que dans nos souvenirs. Mais aux autres haltes, personne ne tient vraiment l’écart préconisé. Chacun zieute les fruits et légumes qu’il souhaite mettre dans son cabas, les clients se frôlent.

Une assiette de dégustation posée sur la table d’un duo de vendeurs de la rue de la Madeleine fait le plaisir des passants, qui picorent volontiers sans sembler se faire trop de souci. Les deux jeunes vendeurs relativisent : «Déjà, nous ne sommes pas une population à risque. Et personne ne nous a dit qu’on ne pouvait pas faire déguster.» Les recommandations et informations fédérales et cantonales ne sont pas encore entrées dans toutes les têtes.

Un policier croisé plus bas tempère: «Nous allons vers les gens pour leur rappeler les précautions à prendre et il y a de la bonne volonté. Mais tout ça est récent et il n’est pas simple d’adapter tous les comportements si vite.» Une boulangère de la Riponne abonde: «Depuis ce matin, trois personnes m’ont quasi éternué dessus! Et franchement, les gens ne font vraiment pas tous attention. Ce n’est pas facile pour nous…»

Un boucher de la Riponne se désole de voir son stand presque vide autour des 11h. «C’est de la folie. D’habitude, à cette heure-ci, il nous reste plein de choses! Il y a beaucoup moins de monde, mais les gens sont venus tôt et achètent beaucoup plus. C’est absurde, parce que la semaine prochaine, ils n’auront besoin de rien. Pour les affaires, je ne pense pas que ça va changer grand-chose, du coup.»

Le marché, c’est aussi boire un café en terrasse. Du côté du Pavillon, avant de pouvoir prendre notre commande, la serveuse compte le nombre de clients présents. En l’espace d’une petite demi-heure, elle répétera l’opération trois fois. La crainte de dépasser le nombre limite de 50 personnes - terrasse et personnel compris - semble faire son effet. A l’intérieur du Raisin, sur la place de la Palud, des tables ont même été enlevées. Idem devant le Kiosque Saint-François. «On arrête pas de compter, il paraît qu’un restaurant a déjà pris une amende.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.