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Marcher dans la nuit pour décider d’un plan lumière

Quarante habitants ont déambulé dans la pénombre pour dire comment ils ressentaient l’éclairage communal.

Trop lumineux, sinistre, pas assez écolo, l'éclairage a été passé au crible des habitants.
Trop lumineux, sinistre, pas assez écolo, l'éclairage a été passé au crible des habitants.
Jean-Paul Guinnard

Une étrange procession avance dans la nuit, mardi soir, entre Grandvaux et Aran. Une quarantaine d’habitants a répondu à l’invitation de la Municipalité, qui proposait une marche exploratoire nocturne pour «découvrir Bourg-en-Lavaux autrement». Le but: dire son ressenti par rapport à l’éclairage public communal dans le but d’établir un nouveau plan lumière.

Cette marche, dans les sentiers escarpés de Lavaux, est menée par des guides au joli accent liégeois. C’est en effet le bureau belge Radiance 35 que la Commune a mandaté, en mars dernier, pour réfléchir à la sécurisation et à la mise en valeur nocturnes de ses cinq villages.

Un postulat avait été déposé au Conseil communal en 2015 pour exiger un véritable plan lumière, plutôt que des réflexions non coordonnées. Après une séance houleuse, un crédit de 80 000 francs avait été octroyé. «On ne dépensera finalement que 44 596 francs», se réjouit Jean Christophe Schwaab, nouveau municipal en charge de l’éclairage public.

«Comprendre le territoire par l’histoire du lieu»

Rompu à l’exercice, le bureau liégeois a lancé la méthode des marches nocturnes en 2009 (lire ci-dessous). «Ce soir, c’est la 32e que nous menons», explique Isabelle Corten, directrice de Radiance 35. Une deuxième marche sera organisée à l’automne dans le bas de la commune. «Pour établir un plan lumière, on veut comprendre le territoire par l’histoire du lieu, son paysage et son urbanisme, par l’éclairage en place et par les usages des habitants.»

C’est ce dernier point qui était exploré mardi. Durant l’heure qu’a duré la marche, les ressentis des participants étaient notés dans des carnets par quatre «urbanistes de la nuit». «Ce jaune-orange, c’est sinistre», témoigne Jérôme Cuénoud, venu avec sa femme. Le couple de Grandvaux se dit «préoccupé par la pollution lumineuse et la dépense d’énergie». «Il n’y a pas besoin d’éclairer partout, mais plutôt d’adapter la lumière à chaque lieu», précise Sabine Demont-Cuénoud. Alors que la troupe descend le long d’un petit sentier plongeant sur le lac, Olivier Caulet s’exclame: «Il n’en faut pas trop, sinon on ne voit pas le paysage! J’espère que cela l’emportera sur le besoin de sécurité…»

Contrastes, choix des lampadaires, hauteur des mâts, direction de l’éclairage, les habitants ont passé au crible les plus et les moins des lumières de leur lieu de vie. Un «rapport de paroles d’usagers» en sera tiré et servira de base pour trancher certaines décisions lors de l’élaboration du plan final. «C’est bien mieux qu’une réunion en salle, où on ne se souvient plus de ce qu’on avait à dire», témoigne Isabelle Corten. Qui précise: «Un plan lumière, ce n’est pas ajouter des éclairages, mais parfois en retirer ou en déplacer. Et en aucun cas tout changer.»

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