«Mariés par défaut», Cossonay et Penthalaz peinent à s’entendre

Aménagement du territoireLes deux communes forment un centre régional mais sont séparées par une limite de district, qui complique des relations tendues.

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Trois ans après l’épilogue du feuilleton du nom de la gare CFF de Cossonay-Penthalaz, le feu couve à nouveau sous la braise entre les deux voisines des bords de la Venoge. La Commune «du bas» s’oppose en effet mordicus à plusieurs plans de quartier chez sa voisine «du haut».

Des projets qui permettraient à Cossonay d’accueillir à terme quelque 500 nouveaux habitants. Mais Penthalaz exige au préalable une planification de la mobilité à l’échelon régional. «Nous ne voulons pas empêcher Cossonay de se développer, mais juste que les conséquences de ce développement qui nous impactent soient étudiées», précise Piéric Freiburghaus. Selon le syndic de Penthalaz, près de la moitié du trafic généré par ce type de projet passe ensuite par son village pour rejoindre l’autoroute.

Son alter ego de Cossonay, Georges Rime, le rejoint sur le fond, mais pas sur la forme: «Il y a effectivement des soucis de circulation. Mais c’est un problème régional, dont nous sommes autant victimes que Penthalaz. Ce n’est donc pas en bloquant nos projets qu’ils feront avancer les choses.»

Deux conseillères d’Etat

Vu la rigidité des positions de chacun, une séance réunira les deux communes le 20 mars prochain, sous l’égide des conseillères d’Etat Jacqueline de Quattro et Nuria Gorrite. «Ce type de rencontre n’a rien d’exceptionnel, relativise cette dernière sans se prononcer sur le contenu de la future séance. Nous sommes régulièrement appelés pour apaiser des tensions entre communes. Notre priorité est alors d’arriver à rétablir un dialogue.»

Dans le cas présent, la tâche s’annonce ardue. «Des tensions existent depuis très longtemps entre ces deux communes, sans qu’il ne semble toutefois exister un réel point de départ historique», constate Jacques Bezençon, dernier préfet de l’ex-district de Cossonay. «Le problème réside plutôt en une accumulation de reproches réciproques sur de petites choses.»

Voilà pourquoi aucune des deux voisines n’a vraiment protesté lorsque est venue la proposition d’utiliser la Venoge qui les sépare comme nouvelle limite de district. Une décision prise dans le cadre du redécoupage territorial entré en vigueur le 1er janvier 2008. Et dont le but était de permettre au nouveau district du Gros-de-Vaud d’atteindre une taille suffisante grâce au rattachement de dix communes de l’ancien district de Cossonay.

Deux zones Mobilis

Depuis cette date, Cossonay fait donc partie du district de Morges et Penthalaz de celui du Gros-de-Vaud, ce qui ne simplifie pas les choses. «Alors que le plan directeur cantonal considère que nous formons ensemble un centre régional unique, nous sommes par exemple situés dans deux zones Mobilis différentes, reprend Georges Rime. Cela signifie que si les gens vont se parquer dans le quartier de la gare de Cossonay-Penthalaz, ils paient leur transport public moins cher que s’ils se parquent à Cossonay et descendent en funiculaire.»

«Voir les choses sur l’ensemble de la région est une nécessité, constate Piéric Freiburghaus. Malheureusement, en matière de mobilité, le plan directeur régional du Gros-de-Vaud s’arrête à la Venoge et nous n’avons pas connaissance d’un document similaire du côté de l’Association de la région Cossonay-Aubonne-Morges, l’Arcam.»

Directeur de cette dernière association, Oscar Cherbuin rappelle que ces deux communes sont pourtant vouées à s’entendre: «Cossonay et Penthalaz sont mariées par défaut. Elles forment ensemble une des régions les plus dynamiques du canton.»

Depuis 1980, la première a en effet vu sa population croître de 135% pour atteindre 3632 habitants au 31 décembre dernier, contre 3252 pour la seconde (+66%). «Leur développement bénéficie à toute la région. Et cela va encore s’accentuer, puisque le développement des villages voisins sera désormais limité. Mais pour trouver les solutions nécessaires en matière de mobilité et d’infrastructures, il faudra forcément que tout le monde accepte de s’asseoir autour d’une table.» (24 heures)

Créé: 15.03.2017, 20h01

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