Un médecin de Pully doit répondre du pire devant la justice

ProcèsChristian Mathez affirme avoir abrégé les souffrances de sa patiente. Le Parquet parle de meurtre planifié.

Ouverture, ce lundi 23 septembre, du procès à Vevey du Dr Christian Mathez (à gauche), accusé de meurtre pour avoir administré du curare à une patiente âgée.

Ouverture, ce lundi 23 septembre, du procès à Vevey du Dr Christian Mathez (à gauche), accusé de meurtre pour avoir administré du curare à une patiente âgée. Image: Patrick Martin

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Le procès du Dr Mathez s'est ouvert ce lundi matin à Vevey devant un public nombreux. La patientèle est venue en masse se serrer sur les bancs du public pour soutenir ce médecin pulliéran accusé de meurtre pour avoir mis fin à la vie d'une patiente âgée en lui injectant un dérivé du curare.

Pour le débat de société sur le rôle des soignants durant la fin de vie, il faudra attendre. Car l'accusation et la défense présentent les faits de manière tellement différente que la Cour correctionnelle de l'Est vaudois devra d'abord se faire une idée plus claire du contexte qui a conduit à la mort de cette femme en juin 2015.

Une patiente atteinte de vives souffrances

Dans les colonnes de «24 heures», Christian Mathez, à visage découvert, racontait avoir abrégé l'agonie de sa patiente de longue date, qui manifestait alors de vives souffrances.

Dans son récit du jour fatal et des semaines qui ont précédé, le procureur général Éric Cottier évoque, lui, un geste planifié. La mort est en effet survenue au domicile de la défunte lors d'un bref congé du centre de réadaptation où elle se remettait d'une fracture.

Une volonté de son époux?

Convaincu qu'elle était en fin de vie et devant la perspective de l'installer en établissement médicosocial, l'époux aurait insisté pour mettre un terme à son existence.

Ce n'est toutefois pas ce nonagénaire qui sera sur le banc des accusés, mais bien le médecin, dont le geste létal, incompatible avec son serment, doit être décortiqué au fil de la journée.

Les premières heures de débat n'ont pas encore permis d'aborder les derniers instants, ceux qui ont conduit au geste létal. La Cour, avec le procureur Éric Cottier, a surtout cherché à comprendre quel degré d'implication le médecin avait eu au préalable dans les dernières semaines de sa patiente et comment il en était venu à conclure à sa fin de vie imminente. Le praticien de 45 ans a pour l'instant évoqué les directives anticipées dont il avait discuté avec le couple et qui, dans leur version simplifiée, le désignaient comme représentant thérapeutique.

Un prévenu évasif

La patiente avait-elle émis des détails quant aux conditions qui devaient accompagner sa fin de vie? Le prévenu est resté évasif. «Un décès à domicile n'était pas quelque chose qu'elle ne souhaitait pas. Pour moi, il était certain qu'elle ne voulait pas mourir à l'hôpital», a argumenté Christian Mathez. «Il me semble qu'il y a beaucoup d'interprétations dans ce que vous dites», s'est étonnée la présidente.

Le veuf a également comparu comme témoin. Selon ses dires, il avait obtenu une permission de quelques heures pour son épouse afin qu'elle puisse passer un bon moment chez elle, avant qu'il ne faille préparer son entrée à l'EMS, perspective qu'elle redoutait.

Il a expliqué que la visite du médecin avait été planifiée afin de «lui dire bonjour» et non pour raisons médicales. Après s'être montrée calme et plutôt sereine dans l'après-midi, l'épouse aurait manifesté des signes de détresse respiratoire en se réveillant d'une sieste peu avant l'arrivée du médecin.

Les débats se poursuivent.

Développement suit.

Créé: 23.09.2019, 08h47

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