Un éducateur de la garderie Mosaïque coupable de violence

Petite enfance Une enquête administrative sur la garderie avait été ordonnée en octobre. Des sanctions ont été prononcées.

Image: Florian Cella

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Garderie de l'état de Vaud, Mosaïque était sous surveillance depuis le printemps dernier. Des parents d'enfants fréquentant cette crèche lausannoise s'étaient plaints de gestes brusques, de paroles inadéquates et de punitions un peu lourdes. Les soupçons qui pesaient sur un membre du personnel éducatif ont été vérifiés. Ce collaborateur de la garderie «a violé ses devoirs, car des cas de gifles et de coups de pied sont avérés», d'après les conclusions de l'enquête administrative rendues publiques mardi. Cette personne a été renvoyée et «le personnel éducatif mis en cause ne travaille plus pour les garderies de l'Etat», précise le communiqué du Canton.

L'enquête a été confiée à l'ancien juge cantonal François Meylan. Une dizaine de parents, mais aussi des collaborateurs de Mosaïque et deux experts de l'Office de l'Accueil de jour des enfants (OAJE) ont été entendus. Le Service du Personnel de l'Etat de Vaud (SPEV) avait pris des mesures dès cet été, comme le remplacement de l'ancienne direction, dont les lacunes ont été mises en évidence par l'enquête. François Meylan a également «dénoncé à la justice un fait porté à sa connaissance dans le cadre de sa démarche, qui pourrait être pénalement répréhensible.»

Créé: 13.01.2015, 22h05

Interview: «Je vis un cauchemar depuis mai»

Licencié avec effet immédiat le 19 décembre dernier après trois ans de collaboration à Mosaïque, Michel* réfute ce qui lui est reproché. Il a choisi de défendre sa position dans nos colonnes, lors d’une entrevue au cabinet de son avocat, Me Lionel Zeiter.

Après un long silence, pourquoi décidez-vous aujourd’hui de vous exprimer dans la presse?
- Je vis un cauchemar depuis le mois de mai. J’aurais dû réagir bien avant. Je ne suis coupable de rien de ce qui m’est reproché. Tout ce qui a été dit, écrit dans la presse, m’a traîné dans la boue. Je veux juste retrouver mon honneur et que la vérité soit dite.

Sur 34 griefs prononcés contre vous au départ, 32 n’ont pas été retenus par l’expert. Des gifles et des coups de pied sont toutefois avérés…
- Non, c’est faux! Ce sont des éléments que je peux expliquer! Un enfant s’est un jour plaint à sa maman que je l’avais giflé. Nous en avons immédiatement parlé ensemble et avec la directrice, et l’affaire a été réglée. Quant aux coups de pied, il s’agit d’un jeu issu du judo: un petit fauchage sur l’avant du mollet avec le pied, ce qui fait tomber l’autre. Les enfants adoraient jouer à cela et aucun enfant n’a jamais risqué de se faire mal.

L’expert a choisi de dénoncer d’autres faits au Ministère public. Quels sont-ils?
-Je n’en ai aucune idée! Ou alors oui, peut-être ont-ils ressorti une vieille histoire où j’avais été blanchi. Si c’est cela, c’est innommable.

L’Office de l’accueil de jour relevait des dysfonctionnements dans le groupe des grands. Pourquoi la seconde enquête
ne concerne-t-elle que vous?

- Je ne comprends pas cet acharnement sur moi. Je pense que plusieurs facteurs ont joué en ma défaveur. Ma mise en arrêt maladie début octobre, le lobbying de deux mamans et d’une ancienne collègue, le manque de communication aux parents d’une direction qui a toujours refusé de prendre ses responsabilités. Mais aussi le fait que je sois le seul homme de l’équipe éducatrice.

Aviez-vous déjà rencontré des problèmes liés à cela précédemment?
- Jamais! J’ai obtenu mon diplôme d’éducateur en emploi en 2009, après huit ans de travail dans le domaine, sans jamais subir aucune plainte. J’ai 45 ans aujourd’hui, cette formation sur le tard, c’était un choix de vie. Je n’aurais jamais mis cela en danger.

Comment allez-vous réagir à ce que vous considérez comme une injustice?
- Nous irons aux Prud’hommes pour licenciement abusif, mais je m’attends à ce que la bataille soit difficile contre l’Etat. S’il le faut, j’irai jusqu’aux plus hautes instances de la justice. On a foutu en l’air ma vie, je n’ai plus rien à perdre.

Propos recueillis par Cécile Collet

*Prénom connu de la rédaction

Articles en relation

La maltraitance à la garderie Mosaïque est désormais entre les mains de la justice

Petite enfance La justice a été saisie du cas de la garderie d’Etat où aurait eu lieu de la maltraitance. Une notion dure à définir. Plus...

Maltraitance à la crèche: «Cela fait cinq ans que nous signalons le problème»

Petite enfance La structure de l'Etat de Vaud est sous enquête. Des éducatrices brisent le silence: les dysfonctionnements ne datent pas d’hier. Plus...

Une garderie de l’Etat de Vaud sous surveillance

Petite enfance A la suite de plaintes de parents, la directrice et trois éducatrices de la crèche Mosaïque ont été éloignées des enfants. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.