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La menace d’attentat d’un radicalisé est «non fondée»

Alertée par les autorités françaises du cas d’un homme voulant cibler Lausanne et Genève, la police fédérale a enquêté.

Les propos inquiétants d’un Annemassien, actuellement en prison, ont surgi lors d’un procès auquel il était absent, jeudi, au Tribunal de Thonon.
Les propos inquiétants d’un Annemassien, actuellement en prison, ont surgi lors d’un procès auquel il était absent, jeudi, au Tribunal de Thonon.
Lucien Fortunati

C’est une histoire devenue presque banale à une époque où la menace terroriste reste élevée partout en Europe, y compris en Suisse. Jeudi, devant le Tribunal de Thonon (Haute-Savoie), les débats ont tourné autour d’un habitant d’Annemasse ayant confié à un ami genevois, via une application mobile, vouloir se faire «exploser à Lausanne et dans une église de Genève», a révélé vendredi Le Temps. Une menace non fondée, selon l’Office fédéral de la police (fedpol), contacté par nos soins.

L’homme de 28 ans, actuellement en détention à Lyon, souffrant de troubles psychologiques, est fiché S par les services de renseignement de l’Hexagone. Il a tenté en 2015 de rejoindre la Syrie et a récemment été en contact avec l’un des principaux recruteurs français de djihadistes, un Niçois surnommé Omar Omsen. Il s’est marié religieusement chez un ami à Genève, lieu où réside par ailleurs son père, selon le quotidien romand. L’épouse, elle, a été interpellée en août par des douaniers français près de la frontière avec deux armes dans sa voiture.

«Sans fondement»

En France, l’enquête a été confiée à la police judiciaire d’Annecy. La procédure est traitée au niveau local, les enquêtes liées au terrorisme les plus importantes étant du ressort du Parquet de Paris. Les informations ont très vite été échangées avec la Suisse. «Nous pouvons confirmer que les autorités françaises ont informé fedpol de ce cas ainsi que des menaces proférées par l’individu. Elles ont été vérifiées, mais se sont avérées être sans fondement réel et de nature affabulatoire. Nous restons évidemment en contact avec les autorités françaises quant à une éventuelle suite à donner à cette affaire», explique Cathy Maret, responsable de la communication de fedpol. Le cas est resté en mains de la police, le Ministère public de la Confédération (MPC) n’ayant pas été saisi par les autorités françaises, affirme-t-il.

«La Suisse fait partie du monde occidental que les djihadistes considèrent comme hostile à l’islam et demeure de ce fait une cible possible d’attentats terroristes»

Comment juger de la gravité des faits? «Proférer des menaces par messagerie ne constitue pas encore un projet d’attentat. Ce cas n’est pas isolé. Tout le problème pour les forces de l’ordre consiste à savoir si ce genre de propos relève de la provocation ou de l’intention», observe Hasni Abidi, enseignant à l’Université de Genève et membre du Panel international sur la sortie de la violence.

340 personnes dans le radar

Les forces de l’ordre sont noyées sous les informations. A Genève, 340 personnes se trouvent actuellement sur les écrans radars des services de police, repérées en raison de propos ou d’un comportement inquiétants et font l’objet de vérifications pour déterminer si elles sont un danger. Parmi ces individus, 35 font l’objet d’un suivi particulier, ce qui correspond à 10% du total en Suisse, selon nos sources. Lorsque les situations sont graves, l’enquête est menée par fedpol, occupé actuellement par une septantaine de cas de terrorisme. Parmi eux, une soixantaine font l’objet d’une procédure au MPC.

Quid de la transmission d’informations entre la Suisse et ses voisins? «Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) reçoit en permanence des indications relatives à la menace terroriste concernant la Suisse ou ses intérêts à l’étranger, fait savoir Carolina Bohren, porte-parole du SRC. Il les traite avec ses partenaires à l’échelon de la Confédération et des cantons, mais également des services étrangers.»

La menace reste élevée en Suisse depuis 2015, rappelle le SRC. «La Suisse fait partie du monde occidental que les djihadistes considèrent comme hostile à l’islam et demeure de ce fait une cible possible d’attentats terroristes.» Et de préciser: «Sur territoire suisse, ce sont surtout les intérêts d’Etats qui participent à la coalition militaire contre l’«Etat islamique», ainsi que les intérêts russes, juifs, israéliens, iraniens et arabes, qui pourraient être la cible de ce type d’actes.»

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