Mère Sofia offre le Répit aux SDF

LausanneDès lundi, les locaux de la Soupe pourront accueillir jusqu’à 80 sans-abri toute la nuit. Mais pas question d’y dormir.

Deux personnes assureront l’accueil, l’écoute, la sécurité et l’orientation des gens qui passeront la nuit, ou une partie, au Répit.

Deux personnes assureront l’accueil, l’écoute, la sécurité et l’orientation des gens qui passeront la nuit, ou une partie, au Répit. Image: Vanessa Cardoso

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C’est peut-être le chaînon qui manquait dans le dispositif d’accueil d’urgence à Lausanne durant l’hiver: un endroit où les SDF pourraient trouver refuge toute la nuit, et même à boire et à manger, gratuitement. Ce sera à vérifier dès lundi prochain avec l’ouverture, par la Fondation Mère Sofia et les autorités lausannoises, du Répit, dans les locaux de la Soupe Populaire. «Nous espérons qu’il n’y aura plus personne dans la rue, que ce soient les gens qui dorment à la Riponne ou à la Grenette, dans les parcs publics ou dans les parkings», explique Oscar Tosato, municipal des Affaires sociales.

C’est la Ville qui finance ce projet pilote à hauteur de 135'000 francs. Comment fonctionnera-t-il? À 21h30, une fois la dernière soupe populaire servie – il s’en sert 220 en moyenne par soir –, l’équipe de Mère Sofia «poutzera» les lieux pour les rouvrir aux sans-abri à 23h30. Yan Desarzens, directeur général de la Fondation Mère Sofia: «Nous pourrons accueillir 80 personnes. Nous leur servirons des boissons chaudes et une petite collation.» L’endroit chauffé et sécurisé sera ouvert à tous. Pas besoin de décliner son identité à l’entrée. «Il n’y aura pas de conditions posées pour entrer. Il n’y aura pas non plus de priorités offertes aux familles ou aux femmes, par exemple», ajoute Ada Marra, présidente de la Fondation. Aucun suivi ne sera effectué, aucun dossier constitué.

L’endroit ne sera pas pour autant une zone de non-droit. Les drogues, les bagarres, le tabac et l’alcool seront interdits. Reste qu’une partie des personnes qui fréquenteront le Répit seront sans doute des clandestins. Ada Marra: «Nous avons des accords avec la police. Elle n’effectuera pas de contrôles à l’intérieur du Répit.» Deux personnes assureront l’accueil, l’écoute, la sécurité et l’orientation des gens qui passeront la nuit ou une partie au Répit. Seulement deux? «Ils ne sont que trois pour servir des centaines de repas chaque soir à la Soupe. Les deux surveillants du Répit sont des collaborateurs efficaces. Et puis cet endroit, pour les sans-abri, c’est déjà un peu chez eux. Ils le respectent», confie Yan Desarzens.

On pourra donc boire, manger un morceau et se réchauffer au Répit, mais pas y dormir. «On ne pourra pas empêcher les gens de se reposer sur un banc, mais nous ne disposerons pas de matelas sur le sol», prévient le directeur de Mère Sofia. Pourquoi? La Ville estime que sa capacité en matière de lits est actuellement suffisante (lire encadré).

L’autre objectif du Répit est d’éviter que des groupes importants ne stagnent, voire s’installent, autour des structures d’hébergement existantes faute de places. Questionnées sur l’ouverture de ce nouvel espace, ces structures disent qu’il représente pour elles aussi «un ballon d’oxygène».

Plus d'infos sur Le Répit (24 heures)

Créé: 11.01.2018, 18h40

Premier bilan des lits d'urgence à mi-saison

Ouvert le 15 novembre dernier, l’abri PCi de la Vallée de la Jeunesse (50 places), surnommé «le bunker», joue parfaitement son rôle. «Il accueille soixante personnes en moyenne par nuit. Il a affiché complet à seize reprises», précise Oscar Tosato, municipal lausannois des Affaires sociales. «Le bunker» fermera ses portes fin avril. Avec les deux autres structures d’hébergement d’urgence que sont la Marmotte (31 lits) et le Sleep-In (26 lits), le nombre de nuitées se monte à 7300. Il concerne 615 usagers, dont 80% d’hommes, 13% de femmes et 7% d’enfants. Ils proviennent pour 35% d’entre eux de Roumanie, 29% du Nigeria, 5% de Suisse et 4% de France. Oscar Tosato estime qu’en ce début janvier, il n’y aurait pas plus d’une quinzaine de personnes qui dormiraient dans la rue à Lausanne.

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