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Mère Sofia veut un abri pour 200 SDF en hiver

Testé une première fois en 2015, «Le Répit» pouvait accueillir une douzaine de sans-abri. Pas assez, selon la fondation lausannoise, qui veut relancer et étendre le dispositif cette année.

La fondation lausannoise avait déjà testé le concept du Répit en 2015 à Renens.
La fondation lausannoise avait déjà testé le concept du Répit en 2015 à Renens.
KEYSTONE

«Il y a au minimum 150 personnes à la rue en région lausannoise, si on ne compte pas les sans-abri qui ont déjà accès aux structures d’accueil de nuit officielles.» Parmi les observateurs de la précarité en région lausannoise, le directeur de la Fondation Mère Sofia, Yan Desarzens, n’est pas le seul à articuler un tel chiffre. L’organisation d’aide aux démunis a décidé de colmater la brèche en proposant la création d’un nouvel accueil de nuit. Son objectif sera d’accueillir jusqu’à 200 personnes par soir durant la période hivernale en leur offrant non pas un lit, mais un endroit au chaud. Si tout va bien, la structure pourrait ouvrir dès mi-octobre pour une durée de six mois, mais concrétiser un tel projet ne sera sans doute pas une mince affaire. C’est que l’ambition est de taille, puisque, à l’heure actuelle, le réseau d’hébergements d’urgence de la Ville de Lausanne offre au total 120 lits aux sans-abri entre novembre en avril, et 55 le reste de l’année, tous répartis entre l’abri PCi de la Vallée de la Jeunesse, la Marmotte et le Sleep-In.

Accueillir jusqu'à 200 personnes

Appelée Le Répit, la structure que Mère Sofia propose de créer avait déjà été testée une première fois durant l’hiver 2015-2016, mais à une échelle beaucoup plus modeste. La fondation avait aménagé un local à Renens dans le but d’y accueillir au maximum une douzaine de sans abri. Ceux-ci étaient en quelque sorte triés sur le volet, puisqu’une petite camionnette affrétée par l’organisation faisait le tour de la région lausannoise pour recueillir les personnes s’apprêtant à passer la nuit dans le froid. «A certaines périodes, nous avons constaté que les besoins allaient bien au-delà de la place disponible. Nous avons donc reformulé le projet pour proposer un accueil inconditionnel», explique Yan Desarzens, qui parle d’accueillir jusqu’à 200 personnes, avec une moyenne de 60 personnes par soir.

«Le Répit s’adressera par exemple aux marginaux qui pour diverses raisons se retrouvent à dormir dans des cages d’escalier, explique Yan Desarzens. Mais il accueillera aussi tous ceux qui ne sont pas prioritaires pour accéder aux structures d’accueil d’urgence de nuit. Ces personnes correspondent à trois critères: jeunes, hommes et migrants.» De fait, les hébergements d’urgence actuels s’adressent tout d’abord aux sans-abri locaux, aux enfants, aux femmes et aux personnes vulnérables, par exemple âgées.

Aide sous condition

A ce stade, la Fondation Mère Sofia doit encore rassembler 370 000 francs pour financer son projet, et espère obtenir des soutiens politiques afin de trouver un lieu à la fois adapté et bon marché, voire gratuit. Une demande de subvention a déjà été envoyée au Canton, mais la partie n’est pas encore gagnée, surtout en raison du public que compte cibler le Répit. Les migrants sans abri ne sont en effet pas au cœur des préoccupations des autorités.

Interpellé concernant ce projet, le municipal lausannois Oscar Tosato commence par relever que le programme de législature de la Ville prévoit déjà d’importants financements pour les structures offrant de nouvelles prestations sociales à bas seuil. Il ajoute: «Nous avons indiqué à la Fondation Mère Sofia qu’un nouveau dispositif, dont nous savons d’expérience qu’il sera destiné à plus de 85% de non-Lausannois, devrait être soutenu par le Canton, et ne doit pas se trouver à Lausanne, car la Ville ne peut concentrer tous les services d’appui sur son territoire.»

Du côté du Canton, l’accueil n’est pas beaucoup plus chaleureux: «D’après mes services, une estimation de 200 personnes à la rue en région lausannoise paraît élevée. En tout cas, nous pensons que ce n’est pas la situation en cas d’activation du plan grand froid», estime Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat chargé de l’Action sociale. Il précise en effet que chaque hiver, le Canton apporte déjà des financements à la Ville de Lausanne en vue d’étendre les capacités d’accueil pour que personne ne dorme dehors. La porte n’en reste pas moins ouverte, à certaines conditions: «Nous examinerons cette demande avec attention, mais il ne sera pas possible de subventionner une structure dont le but serait d’éviter l’offre d’hébergement de l’EVAM, justement prévue par l’Etat pour les personnes migrantes en procédure d’asile ou en situation irrégulière.»

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