Métamorphose: Lausanne se met à dos les milieux économiques
UrbanismeLa Société industrielle et commerciale s’estime trahie par la Ville, qui redessine son projet urbanistique sans consulter.
«La Municipalité nous a eus comme des bleus.» Les milieux économiques sont furax et l’expriment par la voix de Christian Masserey, secrétaire général de la Société industrielle et commerciale (SIC) de Lausanne et environs. Ils n’ont pas apprécié de découvrir dans la presse, la semaine passée, «la révolution» que l’exécutif lausannois a fait subir au projet Métamorphose, en biffant le stade de foot et la piscine prévus aux Prés-de-Vidy. La Municipalité a mené ces changements dans son coin, sans consulter grand monde. En 2006, elle avait pourtant promis de s’appuyer sur une «démarche participative» pour le développement du projet Métamorphose. Forcément, cela fait des déçus.
Investisseurs lésés
«Lorsqu’il a fallu se battre contre l’initiative qui visait à bloquer le projet, la Municipalité nous a contactés pour que l’on s’engage», rappelle le secrétaire général de la SIC. Les milieux économiques ont alors investi 130 000 francs. L’initiative a finalement été refusée par le peuple. «Nous avons mené la campagne en concertation totale avec la Municipalité, se souvient Christian Masserey. Nous lui avons demandé en retour qu’elle nous avertisse quand les grandes décisions se prendraient pour que les entreprises locales qui souhaitent investir dans la construction du projet aient leur chance.» La Ville était d’accord, assure-t-il. «Nous pensions que les municipaux nous prenaient au sérieux…»
«Je regrette que ces personnes se sentent lésées, rétorque Daniel Brélaz. Maintenant, si chaque fois qu’une décision intermédiaire est prise il faut avertir tous ceux qui ont mis un peu d’argent dans la campagne, on ne s’en sort plus.» Pour le syndic de Lausanne, ceux qui se sont engagés dans la campagne l’on fait surtout pour éviter que l’initiative ne bloque le projet. «Et là, on vient de lui apporter une nette amélioration», souligne-t-il.
Christian Masserey ne conteste pas que la Ville doive adapter ses projets à ses finances. «Mais il fallait y penser avant.» Il relève que certains investisseurs ont déjà mis de l’argent dans les pré-études. «C’est vrai qu’il y a quatre gros investisseurs aux Prés-de-Vidy qui peuvent se sentir lésés, reconnaît le syndic. Nous sommes en discussion avec eux.»
La classe politique locale aurait aussi aimé être consultée avant de découvrir le chambardement dans la presse. Le bien nommé Groupe de consultation et de suivi (GCAS), composé de conseillers communaux et de membres de la société civile, a été constitué pour Métamorphose. «Lors de notre dernière séance, en juin, la Municipalité nous a présenté en grande pompe le stade à Vidy», se rappelle Philip Stauber, élu UDC.
Les deux séances suivantes ont été reportées et les membres du GCAS ont appris la réorientation du projet par des bruits de couloir. «Vu notre utilité, pour la prochaine séance, je reste chez moi avec une bière», plaisante Philip Stauber.
Le monde sportif, lui, ne rigole pas du tout. «C’est l’arrêt de Métamorphose», tranche Georges-André Carrel, directeur du Service des sports de UNIL-EPFL. Il a découvert dans les journaux que les infrastructures aux Prés-de-Vidy avaient été sabrées par la Municipalité. Initialement, le projet prévoyait un véritable pôle de sports qui permettait des synergies au sud de la ville. «Cela n’existe plus», se désole George-André Carrel, qui avait lui aussi mouillé le maillot lors la campagne contre l’initiative.
Créé: 27.09.2012, 07h01
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