La mobilisation a eu raison de la surélévation des Bergières

LausanneLa Ville de Lausanne renonce à légaliser le rehaussement de 13 immeubles des Bergières. C’est un soulagement pour les riverains.

Un ou deux étages auraient dû coiffer 13 immeubles du quartier des Bergières. Face à la vague d’oppositions, la Municipalité de Lausanne renonce à établir un plan de quartier qui aurait validé le souhait des propriétaires.

Un ou deux étages auraient dû coiffer 13 immeubles du quartier des Bergières. Face à la vague d’oppositions, la Municipalité de Lausanne renonce à établir un plan de quartier qui aurait validé le souhait des propriétaires. Image: THEO HERITIER

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Un ou deux étages. C’est ce que voulaient rajouter à leurs constructions les propriétaires de 13 immeubles voisins du collège des Bergières, à Lausanne. De quoi ajouter 114 logements dans un quartier qui en compte un peu plus de 800. La démarche était d’une ampleur telle qu’elle nécessitait la révision du plan d’affectation.

Mais, face à la levée de boucliers de tout le voisinage, la Municipalité de Lausanne a renoncé («24 heures» d’hier) . Après le rejet populaire du projet de tour à Beaulieu, la densification par le haut est-elle mise en échec? Pas forcément.

«C’est un grand soulagement», réagissent en cœur Anne-Gabrielle Frund et Jean-Pierre Marguerat. Leur Association Campagne Bergières s’est constituée il y a quelques mois à peine mais elle a suivi l’une des mobilisations les plus importante que Lausanne a connues face à un plan de quartier. Plus de 650 oppositions, recueillies par voie de pétition, ont dénoncé une opération immobilière indue.

L’ampleur du mécontentement a incité la Ville à se retourner vers les propriétaires – les assureurs Swiss Life, Axa Winterthur et la famille de Rham – à revoir leur projet. «Ils ont mis un arbre ici, enlevé un trottoir là… Les gens se sont sentis abusés», commente Anne-Gabrielle Frund. Cela malgré la mise en place d’une convention susceptible de rassurer les centaines de locataires concernés. La décision municipale ne remet toutefois pas en cause la légitimité des rénovations souhaitées par les propriétaires.

Déception des Verts
On devine une petite déception chez les Verts à la suite de la décision municipale. «Le secteur étant bien équipé en infrastructures publiques et commerciales, possédant de nombreux espaces verts, et étant bien desservi par les transports publics, une légère densification par surélévation aurait pu être envisagée, réagit Valéry Beaud, coprésident des Verts lausannois. Mais à condition d’apporter une réelle plus-value aux habitants.» Président du PLR lausannois, Pierre-Antoine Hildbrand évoque le «gâchis» de cette procédure et craint pour les futurs projets de densification.

La Municipalité assume une «décision politique». Car, sur le plan légal, rien ne s’opposait à la surélévation de ces immeubles. «Au nord de ces immeubles, les Plaines-du-Loup vont se construire et les chantiers de Métamorphose sont notre priorité», commente Olivier Français, municipal en charge des Travaux.

Il estime en revanche que cette mésaventure ne met pas en péril une densification urbaine par ailleurs soutenue par le peuple lors de l’acceptation de la loi sur l’aménagement du territoire (LAT). «Cela nous interroge sur la densification, mais j’y vois plus une contrainte qu’un véritable frein», dit-il.

Le cas des Bergières montre que la vision socialiste de la densification pèse lourd au sein de la Municipalité. Les élus roses ont en effet modéré la volonté de densifier à tous crins, en tentant de préserver certaines constructions. «Nous étions plutôt critiques à l’encontre de ce projet et privilégions une densification sur des terrains libres plutôt qu’au milieu d’ensembles bâtis», rappelle Benoît Gaillard, au PS lausannois.

Autrement dit, on préfère agir dans des friches, avec des projets d’envergure, au lieu de densifier au cas par cas. Le commentaire vient en écho aux chiffres qu’avait annoncés le municipal socialiste en charge du Logement, Grégoire Junod. L’an dernier, il avait annoncé que la construction de 700 appartements serait lancée, rien qu’en 2015. Pour les roses, la densification de la ville est bien en marche. (24 heures)

Créé: 30.01.2015, 10h10

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