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Son monorail l’emmène plus vite auprès de ses vaches à l’alpage

Éleveur à Oulens-sous-Échallens, Patrick Perroud a fait installer un moyen de transport particulier sur ses pâturages fribourgeois.

Éleveur à Oulens-sous-Echallens, Patrick Perroud a fait installer un monorail sur l'alpage qu'il vient de racheter à Charmey
Éleveur à Oulens-sous-Echallens, Patrick Perroud a fait installer un monorail sur l'alpage qu'il vient de racheter à Charmey
Patrick Martin

Patrick Perroud n’est pas le genre de garçon à se laisser impressionner. Mais ce solide gaillard l’avoue sans honte, son Monorack, il lui a fallu quelques heures pour l’apprivoiser. Difficile en effet d’accorder une confiance aveugle à ce petit monorail à crémaillère, capable de vous monter d’une hauteur d’un mètre en franchissant une distance horizontale de la même longueur. Une pente vertigineuse.

Mais comment cet éleveur et boucher d’Oulens-sous-Échallens s’est-il retrouvé propriétaire d’un de ces moyens de transport très répandu dans les vignes de Lavaux? «C’est à cause d’un alpage que j’ai récemment racheté dans la région de Charmey et où je place désormais une quarantaine de vaches en été (ndlr: dont des hérens, le dada de cet éleveur, qui a notamment gagné deux fois la finale nationale des combats de reines avec Frégate, en 2014 et 2015). Comme l’accès ne peut s’y faire qu’à pied, le précédent propriétaire avait lancé un projet. Toutes les démarches avaient déjà été faites, je me suis dit que ça aurait été dommage de ne pas le concrétiser.»

Trois mois à trois personnes

Plus facile à dire qu’à faire. Depuis la petite route sinuant au fond de la vallée, il a en effet d’abord fallu débusquer le tracé idéal dans une pente abrupte et recouverte de forêt. La règle? Trouver le chemin le plus court possible, mais sans dépasser la pente maximale de 100% (45 degrés) pouvant être gravie par le Monorack. Plusieurs tentatives ont été nécessaires pour trouver le bon tracé.

Le travail de construction a ensuite pu démarrer. Un hélicoptère a déposé des lots de matériel à plusieurs endroits dans la pente, tandis que les hommes défrichaient le couloir pour la circulation du monorail. Des centaines de fiches métalliques ont ensuite été plantées dans le sol avant que le rail à crémaillère ne soit installé sur leur sommet. Au final, le nouveau tracé gravit 450 mètres sur une distance de 980 mètres.

Un hélico en moins

«C’est une jolie longueur», constate Lukas Schatzmann, chef de projet chez Garaventa, la société schwytzoise qui construit ces engins et planche en ce moment sur une version électrique. «Dans la région d’Aarau, nous en avons construit un de 3 kilomètres de long, mais la grande majorité des 650 que nous avons installés dans le monde en plus de quarante ans ne dépasse pas 500 mètres.» Dans un tel projet, la majorité du coût est due à la main-d’œuvre. Pour installer le Monorack de Patrick Perroud, trois personnes y ont consacré trois mois, sans compter les coups de main du propriétaire. Résultat, l’installation a coûté autour de 300 000 francs, montant duquel il faut toutefois déduire une part importante de subventions fédérales et cantonales issue des différents programmes de soutien à l’agri­culture de montagne. «Heureusement, glisse Patrick Perroud. Car sinon je n’aurais jamais pu me l’offrir.»

«Ça m’évite une bonne livraison par hélicoptère chaque année»

Depuis quelques jours, l’éleveur n’a donc plus besoin de s’infliger quarante-cinq minutes de marche à un bon rythme pour rejoindre son alpage et le chalet qui surplombe la vallée. Vingt minutes de Monorack suffisent. «C’est précieux, puisque je monte tous les deux ou trois jours surveiller les bêtes et qu’une fois arrivé en haut il me faut deux ou trois heures de marche pour faire le tour de l’alpage.»

Le monorail est aussi bien utile pour acheminer le matériel: blocs de sels minéraux pour le bétail, piquets et fils de fer pour le parc ou essence pour la génératrice. «Ça m’évite une bonne livraison par hélicoptère chaque année», apprécie l’éleveur. Mais pas question que le Monorack ne devienne un jouet: «Ceux qui ne montent au chalet que pour l’apéro continuent de monter à pied!»

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