La Municipalité interpellée sur la Vaudoise aréna
Lausanne Le PLR et la gauche déposeront des interpellations urgentes ce mardi soir au Conseil communal.
Comment s'est fait la nomination du président du conseil d'administration? Quel a été le processus de recrutement pour le directeur? Et comment les cadres ont-ils été nommés? La liste des questions posées par le PLR à la Municipalité de Lausanne au sujet du Centre sportif de Malley (CSM), qui gère la Vaudoise aréna, est longue.
Rappelant que la Ville est représentée par quatre membres sur neuf au conseil d'administration de la société, présidé par l'ancien syndic de Lausanne Jean-Jacques Schilt, les libéraux-radicaux déposeront ce soir une interpellation urgente au Conseil communal. Évoquant une gestion «à tout le moins négligée et négligente», le PLR s'interroge sur «la prise de conscience de l'Exécutif quant à la gravité de la situation».
Conseil d'administration «pas au courant»
Selon lui, l'interview du municipal socialiste et membre du conseil d'administration Oscar Tosato, publiée dans nos colonnes le 8 février en complément à une enquête sur le CSM, laisse entendre que «le conseil d'administration n'était pas au courant de grand-chose». Or, «le fait de siéger dans un conseil d'administration implique également de se poser des questions et d'être proactif dans la surveillance de la société», peut-on lire dans l'interpellation du PLR Lausanne. Ce dernier estime qu'il faut maintenant «rétablir les droits des employés qui ont été lésés par une mauvaise gestion».
C'est justement sur les collaborateurs que se concentre une autre interpellation urgente qui sera déposée ce mardi soir au Conseil communal par les socialistes et les Verts. Soulignant également «la responsabilité importante de la Ville de Lausanne dans les infrastructures de Malley», la gauche revient sur la question du travail de nuit non autorisé, du dépassement des durées maximales de travail et des locaux en partie inadaptés. Elle demande à la Municipalité si elle confirme des entorses à la légalité sur ces points et la prie de se prononcer sur les mesures prises pour protéger les travailleurs.
Une troisième interpellation émanant d'Ensemble à Gauche pose notamment la question de la suffisance des moyens financiers et humains mis à disposition du CSM par la Municipalité. Le groupe revient également sur la nomination du directeur Christophe Huybrechts par Jean-Jacques Schilt au printemps 2019. En effet, le directeur avait quitté ses fonctions à la tête du Service des sports de la Ville de Nyon dans la tourmente en 2018 suite à un audit, en raison d’une rupture de confiance avec ses collaborateurs. Ensemble à gauche souligne en outre que Jean-Jacques Schilt est "à la fois l'un des principaux acteurs mis en cause par les salariés atteints dans leur santé" et un "représentant actif de l'employeur, donc organisateur et réceptionnaire de l'audit (effectué par le cabinet privé Vicario consulting, ndlr) annoncé, ainsi que codécideur des conséquences de celui-ci. Ne se retrouve-t-on pas de facto en situation de juge et partie?"
Pas de commission du personnel
Comme l'a appris «24 heures», les collaborateurs du CSM n'avaient même pas de véritable structure à qui faire remonter les problèmes. En effet, la commission du personnel est uniquement composée de membres du conseil d'administration, dont le président Jean-Jacques Schilt. Dans un e-mail envoyé en mai 2019, une employée informait ainsi la «commission du personnel» de la situation difficile qu'elle avait vécue par le passé et de son souhait d'avoir pu en faire part à une cellule comme l'ARC (Aide à la résolution de conflits) de la Ville de Lausanne. «La taille de notre entreprise (...) ne justifie pas la création d'une structure spécialisée, lui avait répondu Jean-Jacques Schilt. Le directeur d'abord, des membres de la commission du personnel ensuite devraient constituer les ressources nécessaires en cas de difficultés, dont il faut espérer qu'elles resteront exceptionnelles!»
Contacté jeudi 6 février, Jean-Jacques Schilt nous a fait savoir que le conseil d'administration du CSM ne souhaite pas s'exprimer sur ces questions avant la fin de l'audit mené par Vicario Consulting. Il précise que «les éléments avancés par le syndicat Unia (qui a relayé la position des travailleurs dans un courrier envoyé au conseil d'administration le 4 février, ndlr) sont contestés dans une très large mesure et en tout état de cause sortis de leur contexte».
Créé: 11.02.2020, 12h07
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