La Municipalité de Lausanne continue de se taire sur l’affaire Martinet

PolémiqueFace aux élus, David Payot et Grégoire Junod n’ont pas été beaucoup plus bavards que dans la presse. Le PLR n’est pas satisfait des réponses obtenues.

Philippe Martinet

Philippe Martinet Image: DR

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Protection de la personnalité et clause de confidentialité. Voilà ce qui empêche les autorités de répondre aux questions du PLR au sujet du départ du chef de service des Écoles de la Ville de Lausanne. Le 2 novembre dernier, les autorités lausannoises expliquaient via un communiqué de dix lignes qu’elles avaient décidé, avec Philippe Martinet, «de mettre un terme à leurs rapports de travail».

La communication intervenait après que La Liberté avait révélé, fin octobre, qu’une procédure interne était en cours dans laquelle le chef du Service des écoles était accusé d’être à l’origine de graves problèmes humains au sein de l’entité qu’il dirigeait. Dans nos colonnes, l’homme se défendait quelques jours plus tard des accusations dont il était l’objet. Notamment au sujet d’un éventuel harcèlement sexuel: «Plusieurs femmes de ma direction ont été choquées et se disent prêtes à témoigner que jamais je n’ai été l’auteur d’un acte ou d’une parole qui soit inconvenante ou grivoise.» Quelques jours plus tard, son municipal de tutelle, le popiste David Payot, assurait que le départ du chef de service n’avait rien à voir avec du harcèlement sexuel.

Mais alors qu’est-ce qui a provoqué le départ de Philippe Martinet et, surtout, demande le PLR, combien l’opération a-t-elle coûté? Impossible de trouver une réponse claire et précise dans le document écrit que la Municipalité a rendu public et que les élus ont discuté mercredi soir.

«Côté un peu malsain»

Le syndic, Grégoire Junod (PS) l’a dit: «Quand les rapports de travail se finissent par convention, celle-ci s’accompagne en général de clauses de confidentialité. La Municipalité s’y tient, ici et de façon générale.» Il a en outre estimé qu’il n’appartenait pas à son équipe de réagir à ce qui est paru dans les médias. «Que vous vous posiez des questions sur des articles de presse, que nous en débattions dans ce conseil a un côté un peu malsain.»

Si le PLR a mobilisé ses membres les plus offensifs pour pilonner de questions l’Exécutif lausannois, le reste des groupes politiques a bien davantage plaidé pour que le débat sur cette affaire cesse. D’un côté, on a ainsi voulu «savoir la vérité». Bertrand Picard (PLR): «Je souhaite qu’on communique le motif concret de la fin de ce rapport de travail.» L’UDC Jean-Luc Chollet a plutôt argué pour la protection de la vie privée du désormais ancien chef de service: «Mon malaise, c’est l’écart que je ressens très fortement entre protection de la sphère privée et d’autre part ce déshabillage public.» Il a par ailleurs rappelé qu’une personne non-condamnée est a priori innocente. Socialistes et Verts sont restés très silencieux. Il faut dire qu’entre Philippe Martinet, membre des Verts, et Oscar Tosato, socialiste responsable de la nomination de l’ancien président du Grand Conseil, les alliés de gauche n’étaient pas des plus à l’aise.

Le PS a néanmoins soutenu le PLR sur une résolution qui fût ainsi acceptée. Il a majoritairement voté pour qu’à l’avenir, un cas de harcèlement avéré soit traité au travers d’une enquête classique et non via une convention. Les Verts, eux, ont jugé cette mesure hâtive, mais ils ont rappelé que la question du harcèlement est l’une de leurs priorités. Ils se sont en grande majorité abstenus. Ensemble à Gauche n’a pas suivi non plus, disant que la mesure était à leurs yeux trop «univoque» et «radicale». (24 heures)

Créé: 07.12.2017, 20h40

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