Le Musée Ramuz avance malgré la tempête

PullyLes héritiers de Ramuz et la Ville ont présenté l’espace muséal qu’ils prévoient à la Muette. Les opposants récoltent les signatures

Le Musée Ramuz s'étendra sur 100m2. La visite se terminera dans le bureau de l'écrivain, restauré comme à l'origine.

Le Musée Ramuz s'étendra sur 100m2. La visite se terminera dans le bureau de l'écrivain, restauré comme à l'origine. Image: DR

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Pour présenter le futur espace muséal dédié à Ramuz dans la Villa La Muette, que l’écrivain a occupée à la fin de sa vie, la famille de celui-ci et les autorités pulliéranes ont commencé par une mise au point. «Depuis 2012 (ndlr: décès de la fille de Ramuz), les médias indiquent que la maison va s’ouvrir au public, a rappelé le syndic, Gil Reichen, coupures de presse à l’appui. C’était aller un peu vite, et avoir peu de respect de la propriété privée.»

A ses côtés, les propriétaires Laure et Christophe Brossard-Olivieri, héritiers de Ramuz, ont en effet rappelé le passé familial de la bâtisse, acquise en 1930. Ils sont apparus fatigués de la «polémique» qui gronde depuis l’automne passé autour du projet public-privé. Ce dernier a donné lieu à une interpellation au Grand Conseil, à un manifeste et à une pétition en ligne qui réunit aujourd’hui près de 1300 signatures.

1,2 million pour le musée

Le projet présenté mardi ne change pas de celui de l’automne: les propriétaires veulent mettre à disposition 100 des 700 m2 de la maison – dont le bureau préservé de Ramuz – pour créer un espace muséal (géré par la Ville) et aménager quatre appartements privés dans le reste du bâtiment. Les pétitionnaires, eux, veulent rendre au public également l’appartement de feu l’écrivain. Le projet public, qui coûtera 1'181'000 francs à la Commune, sans compter les charges annuelles d’exploitation, passera le 21 juin devant le Conseil communal.

«Ce sont deux visions qui s’opposent: la «maison d’écrivain», qui montre de manière très matérielle le cadre dans lequel a vécu un notable bourgeois de 1930, et le centre d’interprétation, où l’on entre dans l’œuvre de l’artiste. La première renforce la vision passéiste de l’écrivain, la seconde présente un auteur contemporain. Nous avons clairement choisi la deuxième», a indiqué Delphine Rivier, directrice du Musée de Pully, qui sera chargée de l’exploitation du nouvel espace.

Cinq lieux seront répartis sur 100 m2. Une biographie animée par Camille Scherrer, artiste spécialisée en réalité augmentée, accueillera le visiteur, qui pénétrera ensuite dans le centre d’interprétation, où des spécialistes s’adresseront à lui notamment par des vidéos. Un espace lecture complète ce qui était autrefois le garage. Ensuite, un cabinet des curiosités présentera le rapport de Ramuz avec les arts. Enfin, la visite aboutira dans l’antre du créateur, restauré à l’identique.

Un poste de médiation culturelle à 100% est prévu et des conférences ou des résidences d’écrivains seront organisées. En tout, 3,2 équivalents plein-temps seront créés pour le musée, dont l’exploitation devrait coûter quelque 515'000 francs par année à la Ville dès son ouverture en janvier 2019. Des expositions thématiques en lien avec l’auteur sont d’ores et déjà planifiées dans le Musée de Pully, adjacent.

Une nouvelle fondation de droit privé formalisera les relations entre la famille et la Commune pour la gestion du musée. La Fondation Ramuz, existante, sera un partenaire important. De plus, un comité scientifique, composé de spécialistes de Ramuz, de muséographie et du patrimoine immatériel, sera constitué pour accompagner le conservateur – au concours – et la directrice Delphine Rivier.

«Mon ancêtre Ramuz m’a beaucoup tarabustée pendant mon enfance. C’est bien que l’on passe à autre chose et que la génération à venir ait davantage de plaisir à découvrir Ramuz», a conclu Laure Brossard. De son côté, le syndic Gil Reichen a avoué: «En cas de non du Conseil communal le 21 juin, nous n’avons pas de plan B.» En cas de oui, les travaux commenceront cet automne.

Créé: 30.05.2017, 22h26

Laure Brossard-Olivieri, arrière-petite-fille de Ramuz, et son mari Christophe, ont hérité de La Muette. Ils sont à l'origine du projet d'espace muséal. (Image: Philippe Maeder)

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1300 signataires (+une)

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