La nationalité doit-elle être rendue publique par la police?

LausanneLes élus lausannois ont débattu mardi soir de la présence de cette information dans les communications de la police.

La police de Lausanne, lors du braquage de la Poste de l'avenue de Cour, en mai dernier.

La police de Lausanne, lors du braquage de la Poste de l'avenue de Cour, en mai dernier. Image: Vanessa Cardoso

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Faut-il indiquer la nationalité d’une personne interpellée? La socialiste Thanh-My Tran-Nhu avait déposé une interpellation qui posait la question. La Ville y a répondu, sans satisfaire l’élue. Alors les élus lausannois ont tourné durant quelques minutes mardi soir autour de la thématique.

Réponse «très formaliste»

Les autorités indiquent que ce ne sont pas elles, mais – pour ce qui est des affaires pénales – le Ministère public qui «approuve» ce qui figure dans un communiqué de la police lausannoise. C’est lui, en somme, qui «fixe les règles», dit la Municipalité. Elle s’appuie sur une recommandation de la conférence des commandants des polices cantonales de Suisse (CCPCS) qui dit, pour l’information aux médias: «l’âge et la nationalité des personnes soupçonnées et des victimes sont communiquées».

Pour Thanh-My Tran-Nhu, cela n’empêcherait pas la police de la Ville de décider de ne pas indiquer cette information. La Ville de Zurich a d’ailleurs fait ce choix il y a un peu plus d’un an. Xavier Company (Les Verts) déplore une réponse «très formaliste et absolument pas politique, quand bien même il y a un espace pour de la politique dans ce sujet et même un espace assez grand».

Pierre Conscience (Ensemble à Gauche) souligne qu’il ne s’agit pas, en ne mentionnant pas le passeport des gens, de «taire des informations utiles à l’enquête» mais de distinguer ce qu’il est nécessaire de révéler au public, dans le cadre d’une démarche policière.

Une intervention et de la «rigueur»

La gauche a du coup soutenu deux résolutions de l’interpellatrice. La première demande à la Municipalité d’intervenir «directement ou indirectement» au sein de la CCPCS pour que la systématique de la mention de la nationalité soit supprimée. La seconde demande de la «rigueur» dans la rédaction des communiqués de la police municipale. L’exemple qui a été utilisé pour justifier cette demande est celui d’un communiqué de 2016 qui fait mention de deux groupes: «un composé d’Africains et l’autre au sein duquel se trouvaient des commerçants».

À droite, des voix critiques se sont fait entendre, en vain. L’UDC Jean-Luc Chollet craint que «le remède soit pire que le mal. En voulant taire la nationalité, on alimente les fantaisies, les fantasmes, les discussions de bistrot.» Il poursuit en expliquant que selon lui, il n’y a «rien d’infamant» à dire la nationalité d’une personne.

«Parfaitement vexatoire»

Le PLR Matthieu Carrel s’est opposé aussi. Suivant la logique de la réponse municipale et le «problème institutionnel» qu’elle soulève, pour la première résolution. Et pour la seconde parce qu’il la juge «parfaitement vexatoire». Xavier De Haller a, lui, plaidé pour que la communication de cette information soit systématique, pour éviter qu’elle ne devienne une décision sujette à «l’arbitraire».

Le municipal Pierre-Antoine Hildbrand (PLR) a dit regretter le choix fait par les élus.

Créé: 16.01.2019, 17h03

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