Un nouveau réseau social voit le jour à Lausanne

InternetUn entrepreneur vaudois lance ce jeudi RevealPage pour fédérer les passionnés autour de leurs centres d'intérêt et révéler leurs talents.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Mettre en avant les talents de ses membres. Telle est la force de RevealPage, lancé ce jeudi à Lausanne.Qu’il s’agisse de sport, de culture voire même d’autres compétences spécifiques, le tout jeune réseau social permet d’établir un profil décliné autour de la passion. Quelque 500 talents et 3000 caractéristiques ont ainsi été répertoriés. De quoi nouer des relations immédiatement en lien avec son domaine de prédilection.

A partir de là, RevealPage peut devenir un véritable tremplin. En ce sens, le réseau social vise un double but: faire office de carte de visite et de socle communautaire. Concrètement, un recruteur peut dénicher un as précoce du ballon rond et un comédien peut être repéré par un programmateur qui voudrait l’engager. Au-delà de la fonction de vitrine, la plateforme met en pratique l’adage «qui se ressemble s’assemble» puisqu’il permet d’échanger avec un groupe de personnes animées par la même passion. Au niveau des fonctionnalités, on trouve une messagerie interne, une multitude de filtres pour optimiser tant la recherche que la mise en ligne d’annonces et, plus ludique, la création de vignettes à son effigie.

Du foot local...
La graine de RevealPage a germé, il y a trois ans, près d’un rectangle vert de la Blécherette. «J’étais au bord de ce terrain de foot et je voyais toutes ces personnes faire des photos et des vidéos et je me suis alors demandé comment on pouvait retrouver ces images sur un réseau dédié à cette passion, se souvient le fondateur Thierry Bader. Cela a alors été une révélation. Et j’ai trouvé le nom tout de suite.» «Reveal» sonne d’ailleurs comme un mantra visant à révéler le potentiel enfoui au fond de chacun d’entre nous.

Dans l’optique de servir essentiellement de coup de pouce digital, le réseau social basé au Mont-sur-Lausanne - et par conséquent soumis au droit suisse - garantit la confidentialité des informations fournies par les utilisateurs. «Il ne s’agit pas de collecter des données pour les vendre, relève Frédéric Matthey, CEO de M & H Atlon Services qui a supervisé l’élaboration du site et des applications de RevealPage. On veut verrouiller et rester maîtres à 100% des renseignements qu’on a en notre possession.» Compte tenu de ce paramètre, la plateforme communautaire ne prévoit aucune passerelle vers d’autres réseaux sociaux établis tels que Facebook, Instagram ou Twitter. Toutefois, le business model de la société anonyme alimentée par un investissement de privés de plus d’un million de francs suisses devrait évoluer vers la publicité ciblée, une fois passé le cap des 20'000 à 25'000 inscrits.

Si RevealPage a démarré ce jeudi avec 1000 membres préinscrits, il en comptabilisait 2365 sur le coup de 20h. «Je ne m’attendais pas à autant, s’exclame Alfredo Hofmann, directeur de M & H Atlon Services. Les sportifs arrivent en tête. La plupart, c’est des footballeurs. Le reste se répartit entre le basket, le hockey et la course. Les musiciens viennent ensuite.» Pour ce qui est de la répartition géographique, la part belle revient aux Vaudois.

... à la conquête de la Toile globale
Pour la suite, les concepteurs prévoient une croissance exponentielle avec 50'000 utilisateurs à fin 2018 et 2 millions deux ans plus tard. Ce déploiement mondial démarre avec la Suisse romande. «Dans les prochains jours, il y aura une vidéo hebdomadaire qui mettra en avant un talent de la région», annonce Massimo Mongiello, responsable du marketing. S’ensuivront également des performances live.

Parmi les premiers inscrits, l’enthousiasme est de mise. «Le tri par passion, c’est la clef, confie le musicien de Prilly Rocco Lardaruccio, alias HROK Le Vieux. Auparavant cela n’existait pas, alors le besoin ne s’en faisait pas ressentir mais je trouve RevealPage très intéressant. On peut même faire les recherches par style musical.» Grâce à ce point, le guitariste indie folk espère un allègement administratif et logistique. «J’ai le sentiment que les programmateurs de concerts et de festival pourront utiliser ce catalogue pour trouver les musiciens qu’il leur faut. Car aujourd’hui se produire pour un concert est une dépense énergétique énorme. Il faut envoyer plein de dossiers alors que peu de réponses sont positives.»

Précisons encore que la plateforme vaudoise devrait bientôt offrir la possibilité de se comparer aux autres et donner encore davantage de visibilité à certaines perles avec un algorithme visant à élire le talent du jour, de la semaine, du mois… Par ailleurs, pour enrichir l’évolution de cet organisme digital, les suggestions des utilisateurs seront prises en compte et, si elles ont pertinentes, donner lieu a des options supplémentaires. Comme quoi, à l’instar de ses adhérents, RevealPage possède un intéressant potentiel qui mérite d’éclore.

Créé: 08.06.2017, 11h18

«Il faut provoquer l’effet waouh!»

Horiconnect, Minsh, Sqeedtime, Topgeneration ou encore Urturn sont tous des réseaux sociaux qui peuvent revendiquer la nationalité suisse. Mais la plupart n’ont pas vécu assez longtemps pour en avoir l’occasion. La Suisse représente-t-elle un territoire trop exigu pour permettre à l’une de ces plateformes de déployer sa toile? «Il est certainement un peu plus compliqué de développer ce type d’idées en Suisse qu’aux Etats-Unis. Mais si elles sont bonnes, que l’on a un réseau solide et des investisseurs potentiels, cela peut tout à fait fonctionner. Qu’il soit lancé en Suisse ou ailleurs, un nouveau réseau social a de faibles chances de survie parmi la masse importante d’applications mises en ligne chaque année», décrypte David Labouré, co-fondateur de Debout sur la table, société spécialisée en stratégie de communication digitale.

Avec une levée de fonds de 12,5 millions, le réseau Urturn, made in Lausanne et dédié aux montages photos, a survécu un peu moins de deux ans. «Le marché suisse n’était pas leur priorité. Mais, selon moi, l’ultralocal peut tout à fait trouver sa place si le concept est pensé spécifiquement pour cela. Finalement, rassembler des gens autour de passions communes en Suisse, peut s’avérer moins difficile que de le faire à grande échelle. Si la plateforme fonctionne ici, elle peut ensuite être adaptée pour d’autres lieux», poursuit l’expert en médias sociaux.

Imaginée pour un territoire spécifique, la plateforme locale peut être conçue sur mesure, développée en fonction des retours des utilisateurs ancrés dans la région et répondre de la bonne manière aux besoins de son public. Serait-ce la recette miracle? «Ce qui est capital, c’est la première impression. Il faut que l’application soit bien faite, que l’expérience soit au rendez-vous. Il faut provoquer l’effet waouh pour que l’utilisateur ait envie d’y revenir», affirme David Labouré. Effet que l’application romande Goodwall, qui a déjà levé plus de 3 millions de fonds, semble avoir provoqué chez les étudiants à la recherche de l’université de leurs rêves.

Julie Kümmer

En direct

La présentation de RevealPage


Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 21 septembre 2019
(Image: Valott?) Plus...