Une oasis de détente à la Blécherette: un projet au point mort

Nord lausannoisLe Parc d’agglomération validé en 2012 se heurte à la Loi sur l'aménagement du territoire.

Une image de synthèse du Parc d'agglomération prévu sur le plateau de la Blécherette.

Une image de synthèse du Parc d'agglomération prévu sur le plateau de la Blécherette. Image: SDNL

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Buller à travers champs aux portes de la ville, faire ses emplettes à la ferme et se réapproprier la campagne dite de proximité. L’ambitieux projet de Parc d’agglomération de la Blécherette vise à orienter le plateau vers l’agriculture urbaine et à appâter les citadins avec des activités culturelles et récréatives.

Dans les faits, le destin de cette portion de territoire non bâti partagé par Lausanne, Romanel, Prilly, Le Mont et Jouxtens-Mézery n’est pas prêt de changer. Depuis la validation, en 2012, du concept d’un Parc d’agglomération par les communes, le projet n’a pas avancé d’un pouce. Son existence se résume à une poignée de pages dans le rapport présentant la stratégie du Schéma directeur du Nord lausannois (SDNL) sur la préservation et l’évolution de la nature et du paysage.

«Le concept est toujours valable, précise Loukas Andriotis, chef de projet du SDNL. Il n’y a pas de blocage. Je parlerais plutôt de flottement.» Et d’évoquer «une période de flou et de remise en question».

«Espace de délassement»

Revenons en 2012. Chantier ambitieux porté par le SDNL et les communes, le P.A.R.C. – pour Parc Agricole Récréatif et Culturel – s’inscrit alors dans une volonté de rapprocher le monde rural et le monde urbain et de concilier préservation de la nature, agriculture de proximité et espace de détente. Il est présenté par ses défenseurs comme «un projet urbanistique visionnaire répondant à une demande croissante de la population»; un «poumon vert» au cœur d’une agglomération appelée à accueillir de plus en plus d’habitants. Ce vaste périmètre préservé est vu comme «une opportunité unique d’offrir à la population lausannoise un espace de délassement et de loisirs doux, facilement accessible et complémentaire aux espaces de délassement du bord du lac, en particulier dans un contexte de densification et de développement du quartier des Plaines-du-Loup.» Les images de synthèse du P.A.R.C. représentent des citadins battant la campagne, des exploitations pratiquant la vente directe, des familles se baladant en bordure de l’aéroport et des enfants s’ébattant dans les zones boisées.

Depuis, silence radio. Aucune étude n’a été réalisée. Pourquoi n’a-t-on pas dépassé le stade des intentions? Loukas Andriotis donne plusieurs éléments de réponses. En premier lieu: l’impact considérable de la nouvelle loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT). «Elle bouleverse notre logique et nous oblige à reconsidérer certains aspects du projet de territoires du Nord lausannois consolidé ces dernières années, explique Loukas Andriotis. Mais je répète que le principe du P.A.R.C. reste valable.»

D’autres chats à fouetter

Il admet aussi des failles de communication. «Plus qu’un projet, ce parc d’agglomération est une vision, un concept. En cela, il est vrai qu’il n’est pas très parlant aux yeux des partenaires. Il s’agit de quelque chose d’assez exotique, d’assez en avance sur son temps. Cela nécessite un gros effort d’explications et de «vente». Les agriculteurs, notamment, ont besoin d’un projet pilote pour comprendre comment cela va se dérouler concrètement. Je pense à une ferme vitrine, par exemple.»

Autre facteur d’inertie: le projet n’est pas contraignant. Si les communes se sont entendues sur une «vision», rien ne les oblige à la mettre en œuvre. Autant dire que les syndics, qui ont d’autres chats à fouetter avec les conséquences de la LAT sur leurs projets de densification, n’en font pas une priorité. Conscient que la LAT occupe tous les esprits, le SDNL présentera d’ailleurs le 2 septembre prochain aux élus un Guide urbanisation et agriculture du Nord lausannois (disponible sur www.sdnl.ch). Un outil de planification urbaine visant à favoriser une cohabitation harmonieuse entre urbanisation et activités agricoles.

A entendre Loukas Andriotis, il faudra patienter jusqu’en 2040, voire 2050, pour que la campagne de la Blécherette change de visage, «pour autant qu’il y ait une étincelle politique à un moment donné. Il faudrait un coup d’accélérateur, par exemple qu’un politicien s’intéresse au projet et le porte. Une étude très concrète permettrait de faire table rase des changements intervenus depuis 2012 et de voir ce que l’on peut faire pour sortir le P.A.R.C. du bois.» (24 heures)

Créé: 08.08.2017, 20h03

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