Le référendum sur le local d’injection n’aura pas lieu

LausanneL’Association romande contre la drogue a renoncé à lancer une récolte de signatures, faute de «forces nécessaires».

L'espace de consommation sécurisé sera aménagé dans les locaux de la Fondation ABS au Vallon, à Lausanne.

L'espace de consommation sécurisé sera aménagé dans les locaux de la Fondation ABS au Vallon, à Lausanne. Image: FLORIAN CELLA/A

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Les Lausannois n’auront pas à se prononcer une nouvelle fois sur un espace sécurisé pour les personnes qui consomment des drogues dures à même la rue. Le local d’injection version 2017 verra donc le jour, sans débat public préalable. Les opposants à cette politique de la drogue ont annoncé lundi qu’ils n’avaient pas les «forces nécessaires» à la récolte de près de 9000 signatures. Leur décision a été prise après que le PLR a annoncé s’être rallié à la solution de la majorité.

Pour Maximilien Bernhard, président de l’Association romande contre la drogue, c’est un regret, car «il n’y aura pas de débat public comme en 2007». Cette année-là, les Lausannois refusaient en votation populaire le local d’injection qui était alors prévu à César Roux.

Voisinage informé

Dans le projet actuel, l’espace de consommation sécurisé ouvrira au Vallon, à la Fondation ABS. Le voisinage a été informé et il semble qu’il adhère à cette solution qui laisse entrevoir un espace public plus propre et plus sûr. L’expérience, prévue pour trois ans, sera évaluée.

Du côté de la Municipalité, Oscar Tosato, directeur de la Cohésion sociale, se dit «très content». Pour l’édile, il aurait été «contre- productif de faire une campagne référendaire sur la mise en place d’une structure sociosanitaire reconnue dans une loi fédérale.» La structure devrait pouvoir ouvrir dans six à huit mois. Les coûts de fonctionnement sont de 960 000 francs, auxquels il faut en ajouter 200 000 qui résultent des modifications voulues par le Conseil communal. La fondation ABS cherchera en outre des soutiens financiers auprès d’autres instances privées pour les investissements dans les locaux.

Enfin, les opposants de l’Association romande contre la drogue annoncent qu’ils n’en resteront pas là: «Nous allons demander un avis de droit, poursuit Maximilien Bernhard. A notre connaissance, il n’existe pas de base légale pour autoriser la consommation de produits illicites à l’enseigne d’une entité subventionnée. Suivant le résultat, il n’est pas exclu que nous saisissions la Justice, car nous craignons que l’expérience lausannoise n’inspire d’autres villes dans le canton.»

Créé: 12.06.2017, 19h45

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