L’Ouest défend son identité architecturale

DistinctionLe district de l'Ouest lausannois s’est créé un prix pour récompenser la qualité de son bâti. Les lauréats témoignent d’une région qui innove.

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L’Ouest lausannois, ses barres d’immeubles, ses vieilles fabriques et ses entrepôts. L’Ouest lausannois, ou le royaume des constructions qui ne paient pas de mine. Mal-aimé, le district l’est à bien des égards, y compris sur le plan architectural. Puisque c’est comme ça, quoi de mieux que d’assumer son identité, et même, de la défendre?

Désigner des modèles

Jeudi soir à Renens, un tout nouveau prix a récompensé cinq réalisations architecturales et urbanistiques, toutes mises en service dans l’Ouest lausannois entre 2011 et 2017. Ce sont les premiers lauréats de la Distinction de l’Ouest, dont l’initiative revient aux huit communes du district. Son but: mettre en valeur ce qui se fait de mieux dans la région dans le domaine à la fois architectural, urbanistique et paysager.

«Nous n’étions pas certains de l’écho que nous aurions en lançant ce prix, explique Ariane Widmer, directrice du bureau Stratégie et développement de l’Ouest lausannois (SDOL) et membre du jury. Nous avons été très surpris par le nombre de candidatures que nous avons reçues, mais aussi par leur qualité.» Il aura en effet fallu sélectionner les lauréats parmi 33 candidats, avec des bâtiments aussi emblématiques que le Swiss Tech Convention Center ou l’Art Lab, tous deux à l’EPFL. Au premier abord, le palmarès peut donc étonner, tant il honore les réalisations en apparence anodines: une place, une maison d’habitation, deux usines transformées et une école.

«Ce qui lie ces réalisations est qu’elles répondent toutes à des enjeux importants pour l’Ouest lausannois, commente Ariane Widmer. Elles offrent des solutions qui peuvent en faire des modèles pour des constructions futures.» Parmi ces thèmes d’importance, elle cite d’abord l’appropriation collective des espaces publics. Ainsi, la place Cosandey, sur le site de l’EPFL, a été récompensée à la fois car elle est le résultat d’une démarche impliquant des étudiants, et parce qu’elle est devenue un lieu où le public s’arrête et se rencontre.

Valoriser un patrimoine

Parmi les lauréats figurent aussi deux anciennes usines remodelées, témoins de la manière dont l’Ouest peut transformer son héritage industriel. Il y a d’abord la fabrique de chocolats Perrier, à Chavannes-près-Renens, que le bureau d’architectes Pont12 a en partie transformée pour y installer ses bureaux. «L’Ouest lausannois n’a pas beaucoup de bâtiments de grande valeur patrimoniale, relève Ariane Widmer. La valeur de ce type de site est relative, et peut-être essentiellement identitaire. Mais il y a dans l’Ouest lausannois une grande pression des investisseurs pour la construction de logements et le risque existe que ce patrimoine-là disparaisse. J’espère que la Distinction de l’Ouest peut contribuer à le préserver.»

Habiter autrement

À Renens, la Fabrique d’Articles en Métal (FAM) a elle aussi connu une nouvelle vie. Ses bâtiments, achevés en 1947, abritent désormais des ateliers et des espaces de travail, mais ont aussi été surélevés pour accueillir des appartements. «C’est un projet qui répond au besoin de mixité entre logements et activités», souligne Ariane Widmer. «Il y a une aspiration à pouvoir habiter autrement», relève encore la directrice du SDOL.

Une demande à laquelle répond un autre lauréat: la Maison Martinet, à Renens. Construite en 1950, celle-ci a été transformée et agrandie afin d’abriter deux familles, mais avec une particularité: «Les 42% de la surface sont occupés par des espaces communs.» Ce type d’innovation se retrouve de plus en plus dans une ville comme Zurich, relève-t-elle. «Il faut que ces idées prennent ici aussi.»

Cinquième lauréat, le Collège de Dallaz, à Bussigny, est quant à lui une nouvelle construction, primée pour la manière dont elle s’insère dans le quartier environnant. La prochaine Distinction de l’Ouest sera décernée dans trois ans, le temps que d’autres réalisations s’achèvent et puissent entrer dans la compétition. Mais déjà, ce prix donne un signal aux maîtres d’œuvre et aux architectes actifs dans le district: «Ce prix est une manière pour les communes d’affirmer qu’elles ont une exigence de qualité. C’est une démarche pour comprendre quelle est l’identité architecturale de l’Ouest lausannois aujourd’hui, mais aussi quelle pourrait être cette identité à l’avenir.» (24 heures)

Créé: 24.03.2018, 09h36

Exposition

Les lauréats et les candidats peuvent se découvrir au Gymnase de Renens, jusqu’au 20 avril (sauf du 2 au 13).

Renens se veut novatrice à l’îlot de la Savonnerie

La Distinction de l’Ouest récompense les architectes et les maîtres d’œuvre, non seulement pour la qualité de leurs constructions, mais aussi pour leur démarche. On peut déjà parier qu’une fois achevé, le futur quartier de la Savonnerie, à Renens, entrera dans la compétition.

Situé en plein centre-ville l’îlot de la Savonnerie doit renaître d’ici à 2020 pour accueillir essentiellement des logements, avec au rez-de-chaussée des activités à la fois commerciales et associatives. Pour accompagner ce projet, la Commune, qui est propriétaire des terrains, a pris le parti de lancer une démarche participative fin janvier. Mardi soir, la Municipalité en a présenté les résultats, autrement dit les souhaits exprimés par la population.

Quelque 199 personnes ont répondu au questionnaire diffusé par la Commune, et 35 personnes ont pris part à des ateliers de travail. Au final, les participants attendent entre autres que le quartier ait une identité architecturale forte, qu’il soit écologique, verdoyant et accessible aux personnes à mobilité réduite. Les associations souhaitent disposer de locaux partagés, sachant que la Commune s’est engagée à accorder 7,5% des surfaces à des activités publiques et non lucratives. Ces espaces pourraient s’accompagner d’une bibliothèque/ludothèque, d’une salle polyvalente, ou encore d’un espace de rencontre, comme un bistro.

Quant à la Municipalité, elle a pris une série d’engagements et s’est voulue novatrice. «Nous allons ouvrir la porte à des types de logements qui n’existent pas encore en Suisse romande, a par exemple déclaré le municipal Didier Divorne. Des étudiants pourraient par exemple investir un appartement de 10 pièces doté d’un espace de coworking.» Les architectes auront à charge de faire des propositions dans ce sens dans le cadre du concours d’architecture qui sera organisé d’ici à la fin de cette année. Autre innovation: ce concours sera, selon la Municipalité, «le plus participatif possible». Elle ne dit pas encore sous quelle forme, mais les Renanais auront leur mot à dire.

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